LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2202708

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2202708

mardi 16 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2202708
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationChambre 1
Avocat requérantCAP-AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 20 décembre 2022, M. B A, représenté par Me Presle, doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler la décision du 9 septembre 2022 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a retiré le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;

3°) d'enjoindre au directeur général de l'OFII de rétablir, avec effet rétroactif au 9 septembre 2022, les conditions matérielles d'accueil sans délai à compter de la notification du jugement sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'OFII une somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que le bénéfice des conditions matérielles d'accueil lui a été totalement retiré alors qu'un retrait partiel pouvait être envisagé ;

- il lui a été reproché de ne pas s'être rendu aux convocations de la SPADA 63, alors même qu'il ne les a pas reçues ;

- la décision attaquée est illégale dès lors qu'elle a pour effet de le priver de toute ressource et de logement, de le placer dans une situation de vulnérabilité de nature à porter atteinte à la dignité humaine, protégée par l'article 20 de la directive 2013/33/UE ainsi que par la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne et de la Cour européenne des droits de l'homme ;

- la décision attaquée constitue un retrait abusif de ses conditions matérielles d'accueil ;

- la décision attaquée porte atteinte à son droit au logement.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 juin 2024, le directeur général de l'OFII conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la requête est irrecevable faute d'être assortie de moyens ;

- la base légale de la décision fondée sur le 2° de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile peut être substituée par celle du 3° de l'article L. 551-16 du même code ;

- les moyens invoqués par M. A ne sont pas fondés.

Le bénéfice de l'aide juridictionnelle a été refusée à M. A par une décision du 8 février 2023.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la directive n°2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Caraës,

- et les conclusions de M. Panighel, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant afghan né le 11 octobre 1997, est entré en France le 7 mai 2022. Le 13 mai 2022, il a sollicité le bénéfice de l'asile et accepté les conditions matérielles d'accueil qui lui ont été proposées par l'OFII. Par une décision du 9 septembre 2022, le directeur général de l'OFII, constatant que M. A ne s'était pas présenté à son rendez-vous pour une orientation en centre d'hébergement, a décidé de la cessation de ses conditions matérielles d'accueil à compter du 9 septembre 2022. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cette décision.

Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Par une décision du 8 février 2023, le bureau d'aide juridictionnelle a refusé à M. A le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Ainsi, les conclusions tendant à l'admission du requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire sont devenues sans objet. Par suite, il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. Aux termes de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil peuvent être refusées, totalement ou partiellement, au demandeur dans les cas suivants : 1° Il refuse la région d'orientation déterminée en application de l'article L. 551-3 ; 2° Il refuse la proposition d'hébergement qui lui est faite en application de l'article L. 552-8 ; 3° Il présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ; 4° Il n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai prévu au 3° de l'article L. 531-27. La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur ". Aux termes de l'article L. 551-16 du même code : " Il est mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : / () 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes ; () ".

4. Il ressort des pièces du dossier et en particulier des termes de la décision attaquée fondée sur l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que plusieurs convocations de la structure de premier accueil de Clermont-Ferrand (SPADA 63) ont été adressées à M. A afin de pouvoir l'orienter vers un centre d'hébergement, mais que l'intéressé ne s'est rendu à aucun de ces rendez-vous.

5. La décision litigieuse a été prise sur le fondement de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et pour le motif tiré de ce que M. A, ne s'étant pas présenté, malgré plusieurs convocations, à son rendez-vous pour une orientation en centre d'hébergement, devait être regardé comme ayant refusé la proposition d'hébergement du 13 juillet 2022. Dès lors que le motif de la décision est tiré de ce que l'intéressé doit être regardé comme ayant refusé la proposition d'hébergement qui lui était faite, le directeur général de l'OFII doit être regardé comme ayant pris la décision en litige sur le fondement de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui prévoit une telle hypothèse.

6. Lorsqu'il constate que la décision contestée devant lui aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d'appréciation, sur le fondement d'un autre texte que celui dont la méconnaissance est invoquée, le juge de l'excès de pouvoir peut substituer ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l'intéressé ait disposé des garanties dont est assortie l'application du texte sur le fondement duquel la décision aurait dû être prononcée.

7. En l'espèce, il y a lieu de substituer aux dispositions de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers les dispositions du 3° de l'article L. 551-16 de ce code dès lors que cette substitution de base légale n'a pour effet de priver l'intéressé d'aucune garantie et que l'administration dispose du même pouvoir d'appréciation pour appliquer l'une ou l'autre de ces deux dispositions.

8. Si M. A soutient que le directeur de l'OFII aurait pu décider d'une simple cessation partielle de ses conditions d'accueil compte tenu du motif de la décision de retrait, il ne ressort pas des pièces du dossier que cette autorité aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en décidant de la cessation totale de ses conditions d'accueil compte tenu de son absence au rendez-vous prévu pour une orientation en centre d'hébergement et ce malgré les convocations qui lui ont été adressées. Le moyen doit dès lors être écarté.

9. Si M. A soutient qu'il n'a pas reçu les convocations qui lui ont été adressées par l'OFII, il ressort des pièces du dossier qu'il bénéficiait d'une élection de domicile au SPADA 63 en application des articles L. 744-1 et R. 744-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et qu'il lui appartenait de prendre toutes les dispositions utiles en vue de prendre connaissance des convocations qui lui auraient été communiquées à cette adresse.

10. Aux termes de l'article 20 de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 : " 1. Les États membres peuvent limiter ou, dans des cas exceptionnels et dûment justifiés, retirer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil lorsqu'un demandeur : () / ne respecte pas l'obligation de se présenter aux autorités, ne répond pas aux demandes d'information ou ne se rend pas aux entretiens personnels concernant la procédure d'asile dans un délai raisonnable fixé par le droit national () / " 5. Les décisions portant limitation ou retrait du bénéfice des conditions matérielles d'accueil () sont prises au cas par cas, objectivement et impartialement et sont motivées. Elles sont fondées sur la situation particulière de la personne concernée, en particulier dans le cas des personnes visées à l'article 21, compte tenu du principe de proportionnalité. Les États membres assurent en toutes circonstances l'accès aux soins médicaux conformément à l'article 19 et garantissent un niveau de vie digne à tous les demandeurs ".

11. Si M. A soutient qu'en lui retirant le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, l'OFII le place dans une situation portant atteinte à sa dignité humaine, en méconnaissance des stipulations précitées au point 5, il ne ressort pas des pièces du dossier que le retrait des conditions matérielles d'accueil a fait obstacle à l'accès aux dispositifs prévus par le droit interne en vue de lui garantir " un niveau de vie digne ". Par suite, et alors que la décision litigieuse a été prise au motif que M. A ne s'est pas présenté au rendez-vous qui lui avaient été fixés pour une orientation en centre d'hébergement et qu'il n'établit pas se trouver dans une situation de vulnérabilité, le directeur général de l'OFII pouvait légalement, sans méconnaître les dispositions précitées de la direction 2013/33/UE, lui retirer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par suite, le moyen soulevé ne peut qu'être écarté.

12. En se bornant à soutenir que la décision attaquée porte atteinte à son droit au logement, l'intéressé ne remet pas sérieusement en cause la légalité de la décision litigieuse.

13. Il résulte de ce qui précède et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par le directeur général de l'OFII, que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 9 septembre 2022. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles relatives aux frais liés au litige doivent être également rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'administration à l'aide juridictionnelle provisoire de M. A.

Article 2 : La requête de M. A est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Délibéré après l'audience du 5 juillet 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Caraës, présidente,

M. Jurie, premier conseiller,

Mme Bollon première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 juillet 2024.

La présidente-rapporteure,

R. CARAËS

L'assesseur le plus ancien,

G. JURIE La greffière,

F. LLORACH

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions