mardi 16 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2202730 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 1 |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 décembre 2022, M. C A B, représenté par Me Chautard, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 27 octobre 2022 en tant que le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de lui délivrer une carte de résident sur le fondement de l'article L. 423-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
2°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer le titre de séjour sollicité dans un délai d'un mois suivant la notification du jugement sous astreinte de 30 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la décision en litige est entachée d'erreur de fait et d'appréciation dès lors qu'il ne constitue pas une menace pour l'ordre public.
Par une lettre, enregistrée le 6 mai 2024, le préfet du Puy-de-Dôme indique que M. A B bénéficie d'une attestation de prolongation valable jusqu'au 22 juin 2024 et qu'il est dans l'attente de pièces complémentaires nécessaires à l'instruction de sa demande du 19 juin 2023.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Caraës.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 27 octobre 2022, le préfet du Puy-de-Dôme a accordé à M. A B, ressortissant camerounais, un titre de séjour temporaire mention la mention " vie privée et familiale " en sa qualité de parent d'enfant français et a en revanche refusé de lui accorder le bénéfice d'une carte de résident sur le fondement de l'article L. 423-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par sa requête, M. A B demande l'annulation de cette décision en tant qu'elle lui refuse l'octroi de cette carte de résident.
2. Aux termes de l'article L. 423-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français résidant en France et titulaire depuis au moins trois années de la carte de séjour temporaire prévue à l'article L. 423-7 ou d'une carte de séjour pluriannuelle délivrée aux étrangers mentionnés aux articles L. 423-1, L. 423-7 et L. 423-23, sous réserve qu'il continue de remplir les conditions prévues pour l'obtention de cette carte de séjour, se voit délivrer une carte de résident d'une durée de dix ans. () ". Et aux termes de l'article L. 432-1 du même code : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public. ".
3. Pour refuser la délivrance de la carte de résident prévue à l'article L. 423-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet du Puy-de-Dôme a relevé, en visant l'article L. 432-1 du code précité, que M. A B avait été interpellé le 5 janvier 2021 pour des faits de violence ayant entraîné une incapacité de travail n'excédant pas huit jours ainsi que pour des violences avec usage ou menace d'une arme sans incapacité.
4. M. A B soutient que la décision en litige est entachée d'erreur d'appréciation et d'erreur de fait dès lors qu'il ne constitue pas une menace pour l'ordre public. Au soutien de ses allégations, il se prévaut de la circonstance qu'il n'a jamais été poursuivi ni condamné et que la plainte pour violence ayant entrainé une incapacité de travail n'excédant pas huit jours n'était pas déposée contre lui et a, en tout état de cause, été classée sans suite et produit un avis à victime selon lequel " Mme D est informé[e] que l'affaire la concernant suivie contre Cisse Sekou Oumar et réciproquement contre lui-même pour des violences à Clermont-Ferrand le 5 janvier 2021 a été classée sans suite motif 21 ". Toutefois, alors que la décision en litige mentionne que M. A B a été interpellé pour les motifs mentionnés au point 3 du présent jugement le 5 janvier 2021, ces seules allégations assorties d'un avis de classement sans suite ne le concernant pas ne permettent ni de retenir une erreur de fait ni de remettre sérieusement en cause l'appréciation portée par le préfet sur l'existence d'une menace à l'ordre public que constitue la présence en France de M. A B au sens et pour l'application de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La circonstance que M. A B n'aurait pas fait l'objet de poursuites et d'une condamnation pénale ne fait pas obstacle à ce que le préfet du Puy-de-Dôme prenne en compte, dans le cadre de son pouvoir de police, les faits susmentionnés pour refuser la délivrance d'une carte de résident. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de fait et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
5. Il résulte de tout ce qui précède que M. A B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision en litige. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction, d'astreinte et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A B et au préfet du Puy-de-Dôme.
Délibéré après l'audience du 5 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Caraës, présidente,
M. Jurie, premier conseiller,
Mme Bollon, première conseillère.
Rendu public par la mise à disposition au greffe le 16 juillet 2024.
La présidente-rapporteure,
R. CARAËS
L'assesseur le plus ancien,
G. JURIE
La greffière,
F. LLORACH
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.JC
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