vendredi 4 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2202782 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | AD'VOCARE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 26 décembre 2022 et le 6 février 2023, Mme A C épouse B, représentée par l'AARPI Ad'Vocare, avocats, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 30 novembre 2022 par lesquelles le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office ;
2°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme, à titre principal, de lui délivrer une carte de résident dans le délai de 30 jours à compter de la notification du jugement et, dans l'attente, de lui remettre un récépissé l'autorisant à travailler dans le délai de 48 heures et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le délai de 30 jours à compter de la notification du jugement et, dans l'attente, lui remettre un récépissé dans le délai de 48 heures ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que,
la décision de refus de titre de séjour :
- est entachée d'un défaut de motivation ;
- est entachée d'une erreur de droit ;
- est entachée d'une erreur de fait ;
- méconnaît les dispositions de l'article L. 423-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît les dispositions de l'article L. 423-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
l'obligation de quitter le territoire français :
- est entachée d'un défaut de motivation ;
- est illégale par voie de conséquence de l'illégalité du refus de titre de séjour ;
- méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
la décision fixant le pays d'éloignement :
- est entachée d'un défaut de motivation ;
- est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.
Le dossier de la présente instance a été communiqué, en son intégralité, au préfet du Puy-de-Dôme, qui n'a pas présenté d'observation.
Une ordonnance du 8 mars 2024 a fixé la clôture d'instruction au 25 mars 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Jurie ;
- et les observations de Me Bourg, représentant Mme C épouse B.
Considérant ce qui suit :
1. Par des décisions du 30 novembre 2022 le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de délivrer un titre de séjour à Mme C épouse B, ressortissante russe, l'a obligée à quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office. La requérante demande l'annulation de ces décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 423-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger marié depuis au moins trois ans avec un ressortissant français se voit délivrer une carte de résident d'une durée de dix ans à condition qu'il séjourne régulièrement en France depuis trois ans et que la communauté de vie entre les époux n'ait pas cessé depuis le mariage, que le conjoint ait conservé la nationalité française et, lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, qu'il ait été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français. / La délivrance de cette carte est subordonnée au respect des conditions d'intégration républicaine prévues à l'article L. 413-7. / Elle peut être retirée en raison de la rupture de la vie commune dans un délai maximal de quatre années à compter de la célébration du mariage. / Toutefois, lorsque la communauté de vie a été rompue par le décès de l'un des conjoints ou en raison de violences familiales ou conjugales, l'autorité administrative ne peut pas procéder au retrait pour ce motif () ". Aux termes de l'article L. 423-3 du même code : " Lorsque la rupture du lien conjugal ou la rupture de la vie commune est constatée au cours de la durée de validité de la carte de séjour prévue aux articles L. 423-1 ou L. 423-2, cette dernière peut être retirée. / Le renouvellement de la carte est subordonné au maintien du lien conjugal et de la communauté de vie avec le conjoint qui doit avoir conservé la nationalité française ".
3. Pour refuser de délivrer le titre de séjour sollicité, le préfet du Puy-de-Dôme a retenu, sur le fondement de l'article L. 423-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qu'" aucun élément matériel ne permet d'établir l'existence d'une communauté de vie entre les époux ".
4. Toutefois, il est constant que la requérante s'est mariée le 14 janvier 2017 avec M. B. Ce dernier, par ses déclarations réitérées, présentées notamment par courrier du 14 décembre 2022 et par l'attestation datée du 19 décembre 2022, affirme entretenir une vie commune avec son épouse et indique que les absences de celle-ci du domicile conjugal sont motivées par ses visites à sa fille et à son gendre ainsi qu'à ses petits-enfants qui résident à Guilherand-Granges dans le département de l'Ardèche. Ces déclarations sont corroborées par les éléments du dossier et notamment par le témoignage de la fille de la requérante. En outre, il ressort de l'attestation du maire de la commune de Fernoël ainsi que d'une attestation établie par la société EDF le 19 décembre 2022 et des mentions des avis d'imposition au titre des années 2019, 2020 et 2021 que Mme C épouse B est domiciliée à la même adresse que son mari. Par ailleurs, il ressort des nombreuses attestations concordantes de voisins et de proches du couple que ceux-ci ont rencontré régulièrement l'intéressée à proximité de son domicile ou sur la commune de Fernoël. Enfin, si le rapport d'enquête daté du 11 août 2021, établi au titre d'une " demande d'acquisition de la nationalité française ", conclut qu'" au vu des différents éléments exposés tout laisse à penser qu'il s'agit d'un mariage de complaisance ", aucune des constations opérées au domicile conjugal par les gendarmes tenant notamment à l'absence de Mme C épouse B lors de leur seule et unique visite domiciliaire, à l'absence d'affaires de toilettes de l'intéressée et de photos de mariage au domicile, aux conditions de rencontre des époux et à l'oubli de la date de leur mariage par M. B, ne tend à corroborer de telles conclusions qui ne sont, au demeurant, étayées par aucun élément objectif du dossier. Dans ces conditions, en relevant que Mme C épouse B n'entretenait pas de communauté de vie avec son époux, le préfet du Puy-de-Dôme a méconnu les dispositions précitées de l'article L. 423-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
5. Eu égard à ce qui a été énoncé au point 4 du présent jugement, la requérante est fondée à exciper de l'illégalité du refus de titre de séjour qui lui a été opposé à l'encontre de l'obligation qui lui a été faite de quitter le territoire français et de l'illégalité de cette dernière à l'encontre de la décision ayant fixé son pays d'éloignement.
6. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que Mme C épouse B est fondée à demander l'annulation des décisions du 30 novembre 2022 par lesquelles le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. L'exécution du présent jugement implique nécessairement la délivrance de la carte de résident prévue à l'article L. 423-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il y a lieu, par suite et sous réserve d'un changement dans les circonstances de droit ou de fait, d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de délivrer ledit titre de séjour à Mme C épouse B, dans le délai de deux mois à compter de la date de notification du présent jugement.
Sur les frais d'instance :
8. En application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre la somme de 1 000 euros à la charge de l'Etat au titre des frais exposés par Mme C épouse B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions du 30 novembre 2022 par lesquelles le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de délivrer un titre de séjour à Mme C épouse B, l'a obligée à quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Puy-de-Dôme de délivrer à Mme C épouse B le titre de séjour prévu à l'article L. 423-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Mme C épouse B la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C épouse B et au préfet du Puy-de-Dôme.
Délibéré après l'audience du 20 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Caraës, présidente,
M. Jurie, premier conseiller,
Mme Bollon, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2024.
Le rapporteur,
G. JURIE
La présidente,
R. CARAËS
La greffière,
F. LLORACH
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°220278
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026