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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2300006

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2300006

vendredi 31 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2300006
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationChambre 1
Avocat requérantAD'VOCARE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 janvier 2023, Mme A B, représentée par l'AARPI Ad'vocare, Me Bourg, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions du 27 juin 2022 par lesquelles le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer un titre de séjour temporaire mention " vie privée et familiale " dans un délai de trente jours suivant la notification du jugement à intervenir, et dans l'attente, de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de quarante-huit heures ;

3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de réexaminer sa situation dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement et dans l'attente, de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour dans un délai de quarante-huit heures ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'arrêté en litige est insuffisamment motivé ;

- le refus de séjour est entaché d'un défaut d'examen de sa situation, d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'obligation de quitter le territoire français est illégale par exception d'illégalité du refus de séjour ;

- la décision fixant le pays de destination est illégale par exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 mars 2024, le préfet du Puy-de-Dôme conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 28 septembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Debrion, premier conseiller, pour exercer les fonctions de rapporteur public sur le fondement des dispositions de l'article R. 222-24 du code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Caraës.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante gabonaise née le 28 septembre 1959, est entrée en France le 4 juillet 2016 sous couvert d'un passeport revêtu d'un visa de court séjour valable du 2 juillet 2016 au 2 août 2016. Sa demande d'asile a été rejetée le 28 avril 2017 par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et, le 30 octobre 2017, par la Cour nationale du droit d'asile. Par une décision du 16 décembre 2019, dont la légalité a été confirmée par un arrêt de la cour administrative d'appel de Lyon du 25 octobre 2021, le préfet du Puy-de-Dôme a rejeté sa demande de titre de séjour et a prononcé à son encontre une mesure d'éloignement. Le 2 juillet 2021, Mme B a déposé une demande de titre de séjour sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par une décision du 27 juin 2022, le préfet du Puy-de-Dôme a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par sa requête, Mme B demande l'annulation de cette décision.

2. En premier lieu, la décision en litige comporte les éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ".

4. Mme B est entrée en France en 2016. Si Mme B se prévaut de ce qu'elle a contracté un pacte civil de solidarité avec un ressortissant français, les seules attestations produites, peu circonstanciées, ne permettent d'établir ni l'existence de ce pacte, ni celle d'une vie commune ou d'une relation de couple stable et ancienne. Par ailleurs, la requérante, qui a vécu dans son pays d'origine jusqu'à l'âge de 57 ans, n'est pas dépourvue de tout lien dans celui-ci, où vivent ses six enfants majeurs. Dans ces conditions, la requérante n'établit pas qu'elle a ancré le centre de ses intérêts privés et familiaux sur le territoire français. Enfin, par la seule production d'une promesse d'embauche en tant qu'agent de restauration en date du 26 juillet 2022, Mme B ne justifie pas d'une insertion professionnelle particulière en France. Par suite, Mme B n'est pas fondée à soutenir que le refus de séjour en litige est entaché d'un défaut d'examen de sa situation, d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

5. En dernier lieu, il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à soutenir que le refus de séjour en litige est illégal. Par suite, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision, invoqué à l'encontre l'obligation de quitter le territoire français en litige, doit être écarté. Par ailleurs, Mme B n'étant pas fondée à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français en litige est illégale, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision, invoqué à l'encontre de la décision fixant le pays de destination en litige, doit être écarté.

6. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision en litige. Le rejet des conclusions aux fins d'annulation entraine, par voie de conséquence, le rejet des conclusions aux fins d'injonction et de celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au préfet du Puy-de-Dôme.

Délibéré après l'audience du 17 mai 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Caraës, présidente,

M. Jurie, premier conseiller,

Mme Bollon, première conseillère.

Rendu public par la mise à disposition au greffe le 31 mai 2024.

La présidente-rapporteure,

R. CARAËS

L'assesseur le plus ancien,

G. JURIE

La greffière,

F. LLORACH

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.JC

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