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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2300431

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2300431

vendredi 14 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2300431
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationChambre 1

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 février 2023, M. B A, représenté par Me Habiles, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 4 novembre 2022 par lequel la préfète de l'Allier a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre à la préfète de l'Allier de réexaminer sa situation et, dans l'attente, de lui délivrer un titre de séjour avec autorisation de travail dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne le refus de séjour :

- il a été signé par une autorité incompétente ;

- il est insuffisamment motivé ;

- il a été édicté en méconnaissance de l'article 24 de la loi n°2000-231 du 12 avril 2000 ;

- la commission du titre de séjour n'a pas été saisie en méconnaissance de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le préfet a méconnu l'étendue de sa compétence en n'examinant pas sa situation au regard d'un droit au séjour à titre exceptionnel, sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il méconnait l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il est entaché d'erreur de fait dès lors que les documents qu'il a produit pour justifier de son identité ne constituent pas des faux ;

- il méconnait les articles L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- la décision est signée par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle a été édictée en méconnaissance de l'article 24 de la loi n°2000-231 du 12 avril 2000 ;

- la commission du titre de séjour n'a pas été saisie en méconnaissance de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le préfet a méconnu l'étendue de sa compétence en n'examinant pas sa situation au regard d'un droit au séjour à titre exceptionnel, sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'erreur de fait dès lors que les documents qu'il a produits pour justifier de son identité ne constituent pas des faux ; le préfet aurait dû se rapprocher des autorités consulaires ;

- elle méconnait les articles L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentale ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- la décision est signée par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 février 2024, la préfète de l'Allier conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 8 février 2023.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code civil ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Caraës,

- et les observations de Me Habiles, représentant M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant burkinabé né le 31 décembre 2003, déclare être entré irrégulièrement en France le 30 septembre 2018. Par une décision du 2 octobre 2018, la préfète de l'Allier a prononcé à son encontre une mesure d'éloignement sans délai de départ volontaire assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. Par un jugement du juge des enfants près le tribunal de grande instance de Moulins du 5 octobre 2018, M. A a été placé à l'aide sociale à l'enfance. Le 2 août 2021, M. A a demandé la régularisation de sa situation. Par une décision du 4 novembre 2022, la préfète de l'Allier a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office. Par sa requête, M. A demande l'annulation de cet arrêté.

En ce qui concerne les moyens communs aux décisions en litige :

2. En premier lieu, l'arrêté en litige a été signée par M. Alexandre Sanz, secrétaire général de la préfecture de l'Allier, qui bénéficiait d'une délégation de signature en vertu d'un arrêté de la préfète de ce département du 30 mars 2022, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de ladite préfecture, à l'effet de signer tous arrêtés et décisions relevant des attributions de l'Etat dans le département de l'Allier à l'exception d'actes au nombre desquels ne figurent pas les décisions en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire du refus de séjour en litige doit être écarté.

3. En second lieu, l'arrêté en litige comporte, dans toutes ses décisions, les éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

En ce qui les moyens relatifs au refus de séjour :

4. En premier lieu, le requérant ne saurait utilement se prévaloir d'une méconnaissance des dispositions de l'article 24 de la loi du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations dès lors que ces dispositions ont été abrogées au 1er janvier 2016. A supposer que M. A ait entendu invoquer une méconnaissance des dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration, ces dispositions ne sont pas non plus utilement invocables dès lors que la décision portant refus de séjour a été prise en réponse à une demande formulée par le requérant.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande : / 1° Les documents justifiants de son état civil ; 2° Les documents justifiants de sa nationalité ; () ". Aux termes de l'article L. 811-2 du même code : " La vérification des actes d'état civil étrangers est effectuée dans les conditions définies à l'article 47 du code civil. ". Aux termes de l'article 47 du code civil : " Tout acte de l'état civil () des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité ".

6. Ces dispositions posent une présomption de validité des actes d'état civil établis par une autorité étrangère. Cependant, la force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties. Pour juger qu'un acte d'état civil produit devant lui est dépourvu de force probante, qu'il soit irrégulier, falsifié ou inexact, le juge doit en conséquence se fonder sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis. Ce faisant, il lui appartient d'apprécier les conséquences à tirer de la production par l'étranger d'une carte consulaire ou d'un passeport dont l'authenticité est établie ou n'est pas contestée, sans qu'une force probante particulière puisse être attribuée ou refusée par principe à de tels documents.

7. Il ressort des pièces du dossier qu'au soutien de sa demande de titre de séjour, M. A a produit un extrait d'acte de naissance ainsi qu'un passeport. Il ressort des pièces du dossier, en particulier des rapports simplifiés d'analyse documentaire de la police aux frontières du 22 septembre 2021, en premier lieu, que l'extrait d'acte de naissance produit par le requérant est irrégulier, la déclaration de naissance du 31 décembre 2003 inscrite sur les registres le 12 octobre 2017 n'ayant pas été établie conformément à la loi dans les délais légaux et n'ayant pas fait l'objet d'une mention marginale concernant l'existence d'un jugement supplétif nécessaire pour une telle inscription sur les registres de l'état-civil. Il ressort, en second lieu, de ces mêmes rapports que si le passeport délivré par les autorités burkinabaises est conforme à la réglementation, celui-ci a été délivré sur la base d'un extrait d'acte de naissance irrégulier.

8. Pour contester cette appréciation, le requérant se borne à soutenir que le juge judiciaire a reconnu la validité de ses documents d'identité qui ne sont pas incohérents avec l'âge qu'il a déclaré et son comportement et que les autorités burkinabaises ont légalisés ces documents et lui ont délivré une carte consulaire et un passeport. Toutefois, et alors que le requérant ne conteste pas le motif d'irrégularité opposé, le passeport et la carte consulaire dont il bénéficie ont été établis sur la base d'un acte d'état civil irrégulier. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que le juge des enfants près le tribunal de grande instance de Moulins se soit prononcé sur la validité des documents d'identité du requérant. Enfin, si le requérant a produit pour la première fois dans le cadre de la présente instance une copie intégrale d'acte de naissance établi le 8 novembre 2017 et un certificat de nationalité établi le 18 septembre 2018 par le président du tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso, l'intéressé ne précise pas dans quelles conditions il a été amené à se voir délivrer ces actes, et en tout état de cause, ces documents ne sont pas accompagnés du jugement supplétif qu'ils mentionnent et sur la base duquel ils auraient été établis, ne permettant ainsi pas d'établir l'identité du requérant. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté en litige est entaché d'erreur quant à l'authenticité des documents produits.

9. Eu égard aux irrégularités relevées par le service de la police aux frontières dans ses rapports, la préfète de l'Allier n'était pas tenue de saisir les autorités consulaires et a légalement pu remettre en cause le caractère authentique des documents d'état civil présentés par le requérant.

10. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou s'il entre dans les prévisions de l'article L. 421-35, l'étranger qui a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance ou à un tiers digne de confiance au plus tard le jour de ses seize ans se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Cette carte est délivrée sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de la formation qui lui a été prescrite, de la nature des liens de l'étranger avec sa famille restée dans son pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur son insertion dans la société française. ".

11. Il résulte de ce qui précède que le requérant, qui a présenté à l'appui de sa demande de titre de séjour des documents d'état civil dépourvus de valeur probante, n'est pas en mesure de justifier de son identité. Par suite, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il aurait été confié à l'aide sociale à l'enfance au plus tard le jour de ses seize ans. Par suite, pour ce seul motif, l'autorité préfectorale n'a pas méconnu l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

12. En quatrième lieu, alors que le requérant a demandé son admission exceptionnelle au séjour, il ressort des termes de la décision en litige que la préfète de l'Allier, qui vise les dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, relatives à l'admission exceptionnelle au séjour des étrangers confiés à l'aide sociale à l'enfance entre l'âge de 16 ans et de 18 ans et justifiant d'une formation professionnelle, et a mentionné que le requérant n'est plus scolarisé et qu'il n'y avait pas lieu, dans le cas d'espèce, de faire usage du pouvoir de régularisation dont elle dispose. Dès lors qu'il ressort des pièces du dossier que M. A se prévalait de son placement à l'aide sociale à l'enfance, c'est sans commettre d'erreur de droit que la préfète de l'Allier a examiné le droit au séjour exceptionnel de M. A au regard de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et non au regard de l'article L. 435-1 du même code.

13. En cinquième lieu, M. A, qui n'a pas sollicité de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance de ces dispositions. Ce moyen doit, par suite, être écarté.

14. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; 2° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer la carte de résident prévue aux articles L. 423-11, L. 423-12, L. 424-1, L. 424-3, L. 424-13, L. 424-21, L. 425-3, L. 426-1, L. 426-2, L. 426-3, L. 426-6, L. 426-7 ou L. 426-10 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; 3° Lorsqu'elle envisage de retirer le titre de séjour dans le cas prévu à l'article L. 423-19 ; 4° Dans le cas prévu à l'article L. 435-1 ; 5° Lorsqu'elle envisage de refuser le renouvellement ou de retirer une carte de séjour pluriannuelle ou une carte de résident dans le cas prévu à l'article L. 412-10. ".

15. M. A se borne à soutenir que la commission du titre de séjour aurait dû être saisie par l'autorité préfectorale dès lors que sa situation correspond " aux situations ouvrant droit au séjour, en vertu des dispositions [des articles] () L. 432-13 et L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers " et du droit d'asile. Toutefois, ce faisant, le requérant n'apporte pas de précisions suffisantes pour apprécier le bien-fondé de ses allégations. En tout état de cause, il ne ressort pas des pièces du dossier ni de ce qui précède que M. A relèverait d'une des catégories d'étrangers pour lesquelles la commission du titre de séjour doit être saisie, si bien que ce moyen doit être écarté.

16. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

17. M. A est entré en France en 2018. Le requérant, célibataire et sans enfant, soutient qu'il est isolé sur le territoire français, et n'est pas dépourvu de liens dans son pays d'origine où vit sa sœur. Dans ces conditions, le requérant n'apporte aucun élément permettant de démontrer qu'il a ancré le centre de ses intérêts privés et familiaux sur le territoire français. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que le refus de titre de séjour en litige méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne les moyens relatifs à l'obligation de quitter le territoire français en litige :

18. En premier lieu, il résulte des dispositions du livre VI du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment de son article L. 614-5, que le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises l'intervention et l'exécution des décisions par lesquelles l'autorité administrative signifie à l'étranger l'obligation qui lui est faite de quitter le territoire français. Dès lors, l'article 24 de la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000, au demeurant abrogé, devenu l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration, ne saurait être utilement invoqué à l'encontre de la décision contestée. Par suite, ce moyen est inopérant et ne peut, pour ce motif, qu'être écarté.

19. En deuxième lieu, M. A ne saurait utilement se prévaloir, à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français en litige, de ce que la commission du titre de séjour n'a pas été saisie en méconnaissance de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que le préfet a méconnu l'étendue de sa compétence en n'examinant pas sa situation au regard d'un droit au séjour à titre exceptionnel, qu'elle méconnait l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qu'elle est entachée d'erreur de fait dès lors que les documents qu'il a produit pour justifier de son identité ne constituent pas des faux, et qu'elle méconnait l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ces moyens doivent, par suite, être écartés.

20. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 17 du présent jugement, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision en litige méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Ce moyen doit, par suite, être écarté.

21. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté en litige. Le rejet des conclusions à fin d'annulation entraîne, par voie de conséquence, le rejet de ses conclusions présentées aux fins d'injonction, d'astreinte et de celles présentées en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète de l'Allier.

Délibéré après l'audience du 31 mai 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Caraës, présidente,

M. Jurie, premier conseiller,

Mme Bollon, première conseillère.

Rendu public par la mise à disposition au greffe le 14 juin 2024.

La présidente-Rapporteure,

R. CARAËS

L'assesseur le plus ancien,

G. JURIE

La greffière,

F. LLORACH

La République mande et ordonne à la préfète de l'Allier, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.JC

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