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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2300530

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2300530

mardi 17 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2300530
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationChambre 3

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand a rejeté la requête de M. A, ressortissant turc, qui contestait un arrêté préfectoral du 20 février 2023 lui refusant un titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire français. Le tribunal a d'abord jugé irrecevable la demande d'aide juridictionnelle provisoire, faute de dépôt préalable d'une demande auprès du bureau compétent. Sur le fond, il a examiné les moyens soulevés contre le refus de séjour, l'obligation de quitter le territoire et la fixation du pays de destination, en application des articles L. 421-1, L. 435-1 et L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions de M. A, confirmant la légalité de l'arrêté préfectoral.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 mars 2023, M. B A, représenté par Me Remedem, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 20 février 2023 par lequel le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de destination ;

3°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement des dispositions des articles L. 423-7 ou, à titre subsidiaire L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat au profit de son conseil la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

Sur la décision portant refus de séjour :

- elle a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- l'administration n'a pas fait usage de ses pouvoirs d'instruction pour l'examen de sa demande ;

- elle méconnaît les articles L. 421-1, L. 412-1 et L.412-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; en effet, il remplit les conditions posées aux 3°, 6° et 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoyant une dérogation à l'obligation de détenir un visa long séjour pour bénéficier de la délivrance d'une carte de séjour " salarié " ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; en effet, il est entré en France en 2015 et est parfaitement inséré ;

- elle méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il se prévaut de circonstances humanitaires ; en effet, il disposait d'un visa long séjour et dispose d'un contrat de travail ;

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'incompétence ;

- elle méconnaît l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que la décision n'est pas justifiée par un besoin social impérieux et que ses conséquences seraient disproportionnées par rapport à son droit de mener une vie privée et familiale normale ;

- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;

S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle au regard de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'un renvoi dans son pays d'origine lui porterait un risque grave pour sa sécurité et sa santé, ayant été victime de sévices importants ;

- elle est entachée d'erreur de fait dès lors qu'il dispose d'une carte de séjour polonaise.

La clôture d'instruction a été fixée au 22 mai 2023.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention d'application de l'accord de Schengen du 19 juin 1990 ;

- le règlement 2016/399 du 9 mars 2016 concernant un code de l'Union relatif au régime de franchissement des frontières par les personnes ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente du tribunal a désigné M. Bordes, premier conseiller, pour exercer les fonctions de rapporteur public sur le fondement des dispositions de l'article R. 222-24 du code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de Mme Jaffré a été entendu au cours de l'audience publique à laquelle les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant turque, est entré régulièrement en France le 21 août 2021 sous couvert d'un visa de long séjour polonais valable jusqu'au 14 janvier 2022. Il a sollicité le 26 novembre 2021 un titre de séjour mention " salarié ". Par un arrêté du 20 février 2023 le préfet du Puy-de-Dôme a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de destination. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le tribunal administratif est saisi dans le délai de trente jours suivant la notification de la décision. / L'étranger peut demander le bénéfice de l'aide juridictionnelle au plus tard lors de l'introduction de sa requête en annulation () ".

3. Si M. A a présenté dans sa requête introductive d'instance des conclusions tendant à ce qu'il soit admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle, il n'a toutefois pas déposé une demande d'aide juridictionnelle auprès du bureau d'aide juridictionnelle. Par suite, les conclusions du requérant tendant à ce qu'il soit admis à l'aide juridictionnelle provisoire doivent être rejetées comme irrecevables.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

S'agissant du refus de délivrance du titre de séjour :

4. En premier lieu, la décision attaquée est signée par M. Laurent Lenoble, secrétaire général de la préfecture du Puy-de-Dôme en vertu d'un arrêté du préfet du Puy-de-Dôme du 27 décembre 2022, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, et accessible tant aux parties qu'au juge. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée manque en fait et doit être écarté.

5. En deuxième lieu, la décision en litige vise l'article L. 412-1 et l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne notamment que l'intéressé ne dispose pas d'un visa long séjour délivré par les autorités françaises comme l'exigent ces textes. Elle comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " d'une durée maximale d'un an. / La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail. () ". Aux termes de l'article L. 412-1 du même code : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1. ". Aux termes de l'article L. 411-1 du même code : " Sous réserve des engagements internationaux de la France ou du livre II, tout étranger âgé de plus de dix-huit ans qui souhaite séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois doit être titulaire de l'un des documents de séjour suivants : 1° Un visa de long séjour ;/ 2° Un visa de long séjour conférant à son titulaire, en application du second alinéa de l'article L. 312-2, les droits attachés à une carte de séjour temporaire ou à la carte de séjour pluriannuelle prévue aux articles L. 421-9, L. 421-11 ou L. 421-14 à L. 421-24, ou aux articles L. 421-26 et L. 421-28 lorsque le séjour envisagé sur ce fondement est d'une durée inférieure ou égale à un an ; () ". Aux termes de l'article L. 412-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 412-1 l'étranger est exempté de la production du visa de long séjour mentionné au même article pour la première délivrance des cartes de séjour suivantes : () 3° La carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire ", " entrepreneur/ profession libérale ", " étudiant " ou " visiteur " délivrée sur le fondement de l'article L. 426-11 ; () 6° La carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale " délivrée sur le fondement des articles L. 435-1 ou L. 435-2 ; 7° La carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire " délivrée sur le fondement de l'article L. 435-3 ; () ". Aux termes de l'article L. 426-11 du même code : " L'étranger titulaire de la carte de résident de longue durée-UE, définie par les dispositions de la directive 2003/109/ CE du Conseil du 25 novembre 2003 relative au statut des ressortissants de pays tiers résidents de longue durée, accordée dans un autre Etat membre de l'Union européenne, et qui justifie de ressources stables et suffisantes pour subvenir à ses besoins et, le cas échéant, à ceux de sa famille, ainsi que d'une assurance maladie obtient, sous réserve qu'il en fasse la demande dans les trois mois qui suivent son entrée en France, et sans que la condition prévue à l'article L. 412-1 soit opposable : 1° La carte de séjour temporaire portant la mention portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " entrepreneur/ profession libérale " s'il remplit les conditions prévues aux articles L. 421-1, L. 421-3 ou L. 421-5 ; () ". Aux termes de l'article L. 435-1 du même code : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ". Aux termes de l'article L. 435-3 du même code : " A titre exceptionnel, l'étranger qui a été confié à l'aide sociale à l'enfance ou à un tiers digne de confiance entre l'âge de seize ans et l'âge de dix-huit ans et qui justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle peut, dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ", sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur l'insertion de cet étranger dans la société française. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. ".

7. D'une part, M. A, titulaire d'une carte de séjour polonaise valable du 5 avril 2022 au 8 février 2025 ne justifie pas détenir une carte de résident longue durée-UE, ni ne justifie de motifs exceptionnels ni de considération humanitaire, ni remplir les conditions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'il remplissait les conditions des 3°, 6° et 7° de l'article L. 412-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile permettant de déroger à l'exigence d'un visa long séjour.

8. D'autre part, si M. A a bénéficié d'un visa de long séjour valable du 24 février 2021 au 14 janvier 2022 délivré par les autorités polonaises, il ne justifie pas d'un visa long séjour délivré par les autorités françaises lui permettant de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois.

9. Il résulte de ce qui précède qu'en fondant le refus de titre de séjour litigieux sur l'absence d'un visa long séjour délivré par les autorités françaises, le préfet du Puy-de-Dôme a fait une exacte application des dispositions des articles précités.

10. En quatrième lieu, selon les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Pour l'application des stipulations précitées, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

11. En se bornant à faire état de sa présence en France depuis 2015 et de la détention d'une autorisation de travail et d'un contrat de travail, M. A n'établit pas que la décision litigieuse porterait une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet du Puy-de-Dôme a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en refusant de lui délivrer un titre de séjour.

12. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ".

13. Lorsqu'il est saisi d'une demande de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'une des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet n'est pas tenu, en l'absence de dispositions expresses en ce sens, d'examiner d'office si l'intéressé peut prétendre à une autorisation de séjour sur le fondement d'une autre disposition de ce code, même s'il lui est toujours loisible de le faire à titre gracieux, notamment en vue de régulariser la situation de l'intéressé.

14. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant aurait sollicité la délivrance d'un titre de séjour en se prévalant des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou de motifs exceptionnels. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions ne peut qu'être écarté.

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

15. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit précédemment, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français est illégale en raison de l'illégalité dont serait entaché le refus de titre de séjour pris à son encontre.

16. En deuxième lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français a été signée par M. Laurent Lenoble, secrétaire général de la préfecture du Puy-de-Dôme en vertu d'un arrêté du préfet du Puy-de-Dôme du 27 décembre 2022, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, et accessible tant aux parties qu'au juge. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée manque en fait et doit être écarté.

17. En troisième lieu, en se bornant à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas justifiée par un besoin social impérieux et que ses conséquences ne seraient pas disproportionnées par rapport à son droit de mener une vie privée et familiale normale, le requérant n'apporte aucune précision suffisante permettant d'apprécier le moyen qu'il entend soulever.

S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :

18. Il ressort des termes de la décision litigieuse que M. A est susceptible d'être éloigné d'office à l'expiration du délai de départ volontaire en destination de la Turquie ou de tout pays dans lequel il est légalement admissible à l'exception d'un Etat membre de l'Union européenne, de l'Islande, du Liechtenstein, de la Norvège ou de la Suisse. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. A est titulaire d'une carte de séjour polonaise valable du 5 avril 2022 au 8 février 2025, soit en cours de validité à la date de la décision litigieuse. Par suite, le requérant est fondé à soutenir qu'en ne prenant pas en compte cette carte de séjour pour fixer les pays de destination de sa reconduite à la frontière, le préfet du Puy-de-Dôme a entaché la décision litigieuse d'illégalité.

19. Il résulte de ce qui précède que M. A est seulement fondé à demander l'annulation de la décision du 20 février 2023 fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement en tant qu'elle exclut la Pologne comme pays de destination.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

20. Eu égard aux motifs sur lesquels il se fonde, le présent jugement n'implique aucune mesure d'injonction.

Sur les frais liés au litige :

21. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée par le conseil de M. A au titre des frais liés au litige.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du préfet du Puy-de-Dôme du 20 février 2023 fixant le pays de destination est annulée en tant qu'elle exclut la Pologne, pays membre de l'Union européenne, comme pays de destination.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet du Puy-de-Dôme.

Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

- Mme Bader-Koza, présidente du tribunal,

- Mme Jaffré, première conseillère,

- M. Brun, conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 septembre 2024.

La rapporteure,

M. JAFFRÉ

La présidente,

S BADER-KOZA La greffière,

M. C

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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