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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2300602

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2300602

vendredi 27 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2300602
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationChambre 3
Avocat requérantSCP COLLET DE ROCQUIGNY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 21 mars 2023, M. B A, représenté par la SCP Collet-de Rocquigny-Chantelot-Brodiez-Gourdou et associés, doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par l'agence nationale de l'habitat (ANAH) sur son recours administratif préalable dirigé contre la décision du 22 janvier 2023 portant refus d'attribution de la prime de transition énergétique dite " MaPrimeRénov' " ;

2°) d'enjoindre à l'ANAH de lui verser la somme de 4 000 euros au titre de la prime de transition énergétique à laquelle il avait le droit ;

3°) de mettre à la charge de l'ANAH une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient qu'il n'existe aucune distorsion entre l'adresse de sa propriété et celle où les travaux ont été réalisés.

Par un mémoire en défense enregistré le 9 septembre 2024, l'agence nationale de l'habitat, représentée par la SELARL Urso Avocats, Me Ramel, conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la loi n° 2019-1479 du 28 décembre 2019 de finances pour 2020 ;

- le décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique ;

- l'arrêté du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Debrion, premier conseiller, pour exercer les fonctions de rapporteur public sur le fondement des dispositions de l'article R. 222-24 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bader-Koza,

- les conclusions de M. Debrion, rapporteur public ;

- et les observations de Me Ramel, avocat de l'agence nationale de l'habitat.

M. A n'était ni présent, ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. En vue de la réalisation de travaux d'isolation, M. A a sollicité auprès de l'agence nationale de l'habitat (ANAH) le bénéfice de la prime de transition énergétique dite " MaPrimeRénov' ". Par une décision du 26 septembre 2022, la directrice générale de l'ANAH a rejeté sa demande. Par un courrier reçu le 23 novembre 2022, M. A a formé un recours administratif préalable à l'encontre de cette décision. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de la décision implicite de rejet née du silence gardé par l'ANAH sur son recours.

2. Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique, dans sa rédaction applicable au litige : " Les travaux et prestations mentionnés à l'article 2 du décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020 sont ceux figurant sur le devis et sur la facture de l'entreprise ou de l'auditeur mentionnés au même article. / Le devis et la facture comportent, outre les mentions prévues à l'article 289 du code général des impôts s'agissant de la facture, les informations suivantes : 1° Le lieu de réalisation des travaux ou de pose des équipements ou de matériaux ou de l'audit énergétique ; () La non-conformité du devis ou de la facture peut entraîner le rejet d'une demande de prime, d'avance ou de versement de son solde. ". Et aux termes de l'article 2 du décret du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique : " () II. - Seuls les travaux et prestations commencés après l'accusé de réception par l'Agence nationale de l'habitat de la demande de prime y ouvrent droit. Cet accusé de réception ne vaut pas décision d'octroi de la prime. () ".

3. Pour rejeter la demande de prime de transition énergétique présentée par M. A, la directrice générale de l'ANAH s'est fondée sur la circonstance que l'adresse du logement à rénover présente sur le devis n'était pas cohérente avec les informations saisies dans le dossier de demande de prime. S'il ressort des pièces du dossier que l'adresse de contact ainsi que l'adresse présente dans la facture produite par le requérant sont identiques, il est constant que le devis produit par le requérant à l'appui de sa demande de prime ne comportait ni le nom du client, ni l'adresse des travaux à réaliser, si bien que ce devis n'était pas conforme. Par suite, l'ANAH pouvait légalement, pour ce seul motif, rejeter la demande de prime déposée par M. A. En tout état de cause, comme le fait valoir l'ANAH en défense, il ressort de la facture produite, en date du 18 février 2022, que les travaux en cause ont été réalisés antérieurement au dépôt de la demande de prime, déposée le 30 août 2022 en méconnaissance des dispositions rappelées au point 2.

4. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision en litige. Le rejet des conclusions aux fins d'annulation entraine, par voie de conséquence, le rejet des conclusions aux fins d'injonction et de celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à l'Agence nationale de l'habitat.

Délibéré après l'audience du 17 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Bader-Koza, présidente,

Mme Jaffré, première conseillère,

M. Brun, conseiller.

Rendu public par la mise à disposition au greffe le 27 septembre 2024.

La présidente,

S. BADER-KOZA

L'assesseure la plus ancienne,

dans l'ordre du tableau,

M. JAFFRÉ

Le greffier,

P. MANNEVEAU

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

[RZ1]Modèle n°2200834 GIRAUDZR

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