jeudi 13 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2300789 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | AD'VOCARE |
Vu la procédure suivante :
Par une demande, enregistrée le 31 mai 2022, Mme A B, représentée par Me Bourg, a saisi le tribunal administratif de Clermont-Ferrand, en application de l'article L. 911-4 du code de justice administrative, des difficultés qu'elle rencontre pour obtenir l'exécution du jugement n° 2200110 du 31 mars 2022 par lequel le tribunal a enjoint au préfet du Puy-de-Dôme de procéder au réexamen de sa situation dans le délai de deux mois à compter de la notification dudit jugement, et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour dans un délai de sept jours.
La présidente du tribunal a, par une ordonnance du 5 juin 2023, ouvert une procédure juridictionnelle en vue de prescrire les mesures d'exécution du jugement en application des articles L. 911-4 et R. 921-4 et suivants du code de justice administrative.
Le préfet du Puy-de-Dôme, à qui la procédure a été communiquée, n'a pas produit d'observation en défense.
Par un mémoire, enregistré le 17 mai 2024, Mme B conclut :
1°) au prononcé d'une astreinte de 500 euros par jour de retard à défaut de justifier de la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour dans un délai de 48 heures à compter de la notification du jugement, du réexamen de sa situation administrative dans un délai de 30 jours à compter de la notification du jugement et du versement de la somme de 900 euros dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement ;
2°) à ce que la somme de 900 euros versée, mise à la charge de l'Etat par le jugement du n° 2200110 du 31 mars 2022 au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, soit assortie des intérêts au taux légal à compter du 22 mars 2022 puis majorée en application de l'article L. 313-3 du code monétaire et financier et capitalisée ;
3°) enfin, à ce que soit mis à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu :
- le jugement n° 2200110 du 31 mars 2022 du tribunal administratif de Clermont-Ferrand ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bentéjac, présidente ;
- les conclusions de Mme Luyckx, rapporteure publique.
Une note en délibéré, présentée pour Mme B, a été enregistrée le 12 juin 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Par un jugement n° 2200110 du 31 mars 2022, le tribunal a annulé l'arrêté du 27 décembre 2021 par lequel le préfet du Puy-de-Dôme a fait obligation à Mme B de quitter le territoire français et a fixé le pays de renvoi et a enjoint au préfet du Puy-de-Dôme de procéder au réexamen de la situation de Mme B dans le délai de deux mois à compter de la notification dudit jugement, et de la munir, dans cette attente, d'une autorisation provisoire de séjour dans un délai de sept jours. Il a également mis à la charge de l'Etat, sous réserve que Me Bourg renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, le versement d'une somme de 900 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Mme B a informé le tribunal des difficultés rencontrées dans l'exécution de ce jugement et a présenté une demande en vue d'obtenir des mesures d'exécution par voie juridictionnelle. Par une ordonnance en date du 5 juin 2023, la présidente du tribunal administratif a ouvert une procédure juridictionnelle en vue de prescrire les mesures d'exécution de ce jugement.
2. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte. ". Lorsque le tribunal administratif est saisi d'une demande d'exécution d'une décision juridictionnelle sur le fondement de ces dispositions, il lui appartient de statuer sur cette demande en tenant compte de la situation de droit et de fait existant à la date de sa décision.
3. En premier lieu, il résulte de l'instruction que, postérieurement au jugement dont elle sollicite l'exécution, Mme B s'est vu délivrer une autorisation provisoire de séjour, valable du 27 juillet au 30 septembre 2022, et a été convoquée par les services préfectoraux le 3 août 2022 afin d'y déposer un dossier comportant un certain nombre de pièces dont la liste lui a été adressée. Par courrier du 24 mai 2024 adressé à la juridiction, le préfet indique avoir convoqué l'intéressée le 4 avril 2024 et que, suite à son changement d'adresse, un nouveau rendez-vous lui a été fixé le 4 juin 2024. Le préfet n'a donc pas, en exécution du jugement du 31 mars 2022, réexaminé la situation de Mme B. Il y a donc lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'enjoindre au préfet de procéder au réexamen de la situation de Mme B, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, et de la munir sans délai, dans cette attente, d'une autorisation provisoire de séjour.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 911-9 du même code : " Lorsqu'une décision passée en force de chose jugée a prononcé la condamnation d'une personne publique au paiement d'une somme d'argent dont elle a fixé le montant, les dispositions de l'article 1er de la loi n° 80-539 du 16 juillet 1980, ci-après reproduites, sont applicables. "Art. 1er. - I. - Lorsqu'une décision juridictionnelle passée en force de chose jugée a condamné l'Etat au paiement d'une somme d'argent dont le montant est fixé par la décision elle-même, cette somme doit être ordonnancée dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision de justice. Si la dépense est imputable sur des crédits limitatifs qui se révèlent insuffisants, l'ordonnancement est fait dans la limite des crédits disponibles. Les ressources nécessaires pour les compléter sont dégagées dans les conditions prévues par l'ordonnance n° 59-2 du 2 janvier 1959 portant loi organique relative aux lois de finances. Dans ce cas, l'ordonnancement complémentaire doit être fait dans un délai de quatre mois à compter de la notification. A défaut d'ordonnancement dans les délais mentionnés aux alinéas ci-dessus, le comptable assignataire de la dépense doit, à la demande du créancier et sur présentation de la décision de justice, procéder au paiement ". Dès lors que le I de l'article L. 911-9 du code de justice administrative permet à la partie gagnante, en cas d'inexécution d'une décision juridictionnelle passée en force de chose jugée, d'obtenir du comptable public assignataire le paiement de la somme que l'Etat est condamné à lui verser à défaut d'ordonnancement dans le délai prescrit, il n'y a, en principe, pas lieu de faire droit à une demande tendant à ce que le juge prenne des mesures pour assurer l'exécution de cette décision. Il en va toutefois différemment lorsque le comptable public assignataire, bien qu'il y soit tenu, refuse de procéder au paiement.
5. En l'absence de tout élément sur un refus du comptable, que Me Bourg n'indique pas même avoir saisi, aucun refus d'exécution appelant des mesures de la part du tribunal ne peut, dès lors, être caractérisé à ce titre. Les demandes de Mme B tendant au versement de cette somme assortie des intérêts au taux légal et de la majoration de ces intérêts en application de l'article L. 313-3 du code monétaire et financier et capitalisée ne peuvent ainsi qu'être rejetées.
6. Aux termes de l'article 11 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle : " L'aide juridictionnelle s'applique de plein droit aux procédures, actes ou mesures d'exécution des décisions de justice obtenues avec son bénéfice, à moins que l'exécution ne soit suspendue plus d'une année pour une cause autre que l'exercice d'une voie de recours ou d'une décision de sursis à exécution. / Ces procédures, actes ou mesures s'entendent de ceux qui sont la conséquence de la décision de justice, ou qui ont été déterminés par le bureau ayant prononcé l'admission. ".
7. Il ressort de la lecture du jugement n° 2200110 du 31 mars 2022 que Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. D'une part, elle n'allègue pas avoir exposée de frais autres que ceux pris en charge par l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle totale qui lui a été allouée. D'autre part, son avocate n'a pas demandé que lui soit versée par l'Etat la somme correspondant aux frais exposés qu'elle aurait réclamée à son client si ce dernier n'avait pas bénéficié d'une aide juridictionnelle totale. Dans ces conditions, les conclusions de la requête tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il est enjoint au préfet du Puy-de-Dôme, dans un délai d'un mois suivant la date de notification du présent jugement, de statuer sur la situation de Mme B, et dans l'attente, de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour, en exécution du jugement n° 2200110 du 31 mars 2022.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le préfet du Puy-de-Dôme communiquera au tribunal copie des actes justifiant des mesures prises pour exécuter le jugement du 31 mars 2022.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au préfet du Puy-de-Dôme.
Délibéré après l'audience du 30 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bentéjac, présidente,
Mme Jaffré, première conseillère,
M. Debrion, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2024.
La présidente-rapporteure,
C. BENTÉJACL'assesseure la plus ancienne,
M. JAFFRÉ
La greffière,
C. PETIT
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2300789
JC
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026