jeudi 18 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2300953 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | SUN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 mai 2023, M. A Le, représenté par Me Sun, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 6 avril 2023 par lesquelles le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " étudiant " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de cent euros par jour de retard, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le même délai et sous la même astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
- le préfet a commis une erreur d'appréciation quant au caractère réel et sérieux de ses études ;
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale en raison de l'illégalité dont est entaché le refus de titre de séjour ;
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est illégale en raison de l'illégalité dont est entaché le refus de titre de séjour ;
- elle est entachée d'une erreur de fait.
La requête a été communiquée au préfet du Puy-de-Dôme qui n'a produit ni mémoire en défense, ni pièces dans cette instance.
Par une ordonnance du 6 juillet 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 7 août 2023.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Debrion a été entendu au cours de l'audience publique à laquelle les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. A Le, ressortissant chinois né en 1998, est entré régulièrement en France le 25 septembre 2017 sous couvert d'un passeport revêtu d'un visa de long séjour portant la mention " étudiant " valable du 20 septembre 2017 au 20 juillet 2018. Puis, il s'est vu délivrer un titre de séjour portant la mention " étudiant " pour la période du 18 janvier 2019 au 30 septembre 2019 suivi d'une carte de séjour pluriannuelle portant la même mention valable du 4 juillet 2020 au 3 septembre 2022. Le 28 juillet 2022, M. A Le a sollicité le renouvellement de son titre de séjour " étudiant ". Par des décisions du 6 avril 2023, le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, d'une décision fixant le pays de renvoi et d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par la présente requête, M. A Le demande l'annulation de ces décisions du 6 avril 2023.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
2. Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. () ". Aux termes de l'article L. 411-4 de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa version applicable au litige : " La carte de séjour pluriannuelle a une durée de validité de quatre ans, sauf lorsqu'elle est délivrée : / 8° Aux étrangers mentionnés aux articles L. 422-1, L. 422-2 et L. 422-5 ; dans ce cas, sa durée est égale à celle restant à courir du cycle d'études dans lequel est inscrit l'étudiant, sous réserve du caractère réel et sérieux des études, apprécié au regard des éléments produits par les établissements de formation et par l'intéressé, un redoublement par cycle d'études ne remettant pas en cause, par lui-même, le caractère sérieux des études ". Aux termes de l'article L. 433-1 de ce code : " A l'exception de la carte de séjour pluriannuelle portant la mention " salarié détaché ICT ", prévue à l'article L. 421-26, et de la carte de séjour pluriannuelle portant la mention " recherche d'emploi ou création d'entreprise ", prévue à l'article L. 422-10, qui ne sont pas renouvelables, le renouvellement de la carte de séjour temporaire ou pluriannuelle est subordonné à la preuve par le ressortissant étranger qu'il continue de remplir les conditions requises pour la délivrance de cette carte ".
3. Pour rejeter la demande présentée par M. A Le tendant au renouvellement de sa carte pluriannuelle portant la mention " étudiant ", le préfet du Puy-de-Dôme a estimé qu'il n'établissait pas le caractère réel et sérieux de ses études depuis son arrivée sur le territoire français.
4. Il ressort des pièces du dossier que lors des années universitaires 2017/2018 et 2018/2019, M. A Le a été inscrit en diplôme universitaire d'études françaises (DUEF) au sein de l'Université Clermont Auvergne. Il a validé le semestre 1 pour le niveau A2 et a été ajourné à deux reprises aux examens du niveau B1, notamment en raison d'absences injustifiées. Au titre de l'année universitaire 2019/2020, le requérant a été inscrit en première année de licence du parcours " Physique SPI - Maths Info " (Sciences de l'ingénieur), année au terme de laquelle il a été déclaré défaillant. S'il a été admis en deuxième année de la licence précitée à l'issue de l'année universitaire 2020/2021, il a été ajourné à la fin de l'année universitaire 2021/2022. Ainsi, à la date de la décision en litige, M. A Le n'avait obtenu aucun diplôme. S'il se prévaut de la barrière de la langue, il ne conteste pas son manque d'assiduité dans le suivi du diplôme universitaire d'études françaises au cours de l'année universitaire 2018/2019. S'il se prévaut également de troubles mentaux dont il était atteint, en particulier durant la crise sanitaire liée à la Covid-19, il ne produit aucun document médical de nature à corroborer son allégation. Par suite, et quand bien même il aurait in fine été admis en troisième année de licence du parcours " Physique SPI - Maths Info " (Sciences de l'ingénieur) à l'issue de l'année 2022/2023, le préfet du Puy-de-Dôme n'a pas, à la date de la décision en litige, date à laquelle s'apprécie la légalité de cette décision, entaché sa décision d'une erreur d'appréciation du caractère réel et sérieux des études de M. A Le.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
5. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit précédemment, M. A Le n'est pas fondé à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre est illégale en raison de l'illégalité dont est entaché le refus de titre de séjour.
6. En second lieu, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté comme n'étant pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
7. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit précédemment, M. A Le n'est en tout état de cause pas fondé à soutenir que l'interdiction de retour sur le territoire français prise à son encontre est illégale en raison de l'illégalité dont est entaché le refus de titre de séjour.
8. En second lieu, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté comme n'étant pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. A Le n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions prises à son encontre par le préfet du Puy-de-Dôme le 6 avril 2023. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A Le est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A Le et au préfet du Puy-de-Dôme.
Délibéré après l'audience du 4 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Bentéjac, présidente,
- Mme Jaffré, première conseillère,
- M. Debrion, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2024.
Le rapporteur,
J-M. DEBRION
La présidente,
C. BENTÉJAC
La greffière,
C. PETIT
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026