mardi 16 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2301160 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | FAURE-CROMARIAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 juin 2023, et un mémoire complémentaire, enregistré le 25 juin 2024 qui n'a pas été communiqué, M. B A, représenté par Me Faure Cromarias, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 mars 2023 par lequel le préfet du Puy-de-Dôme a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination duquel il sera éloigné d'office ;
2°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " assortie d'une autorisation de travailler dans un délai de huit jours à compter du jugement, sous astreinte de 150 euros par jour de retard et à tout le moins, de procéder à un nouvel examen de sa situation dans un délai de huit jours à compter du jugement en lui délivrant un récépissé de demande de titre de séjour avec autorisation de travailler dans le délai de huit jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à Me Faure Cromarias au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- il a intérêt à agir contre le refus de titre de séjour quand bien même le préfet aurait délivré un récépissé ;
- l'arrêté est entaché d'incompétence de l'auteur de l'acte ;
que le refus de séjour :
- est illégal, dès lors que la commission du titre de séjour n'a pas été saisie en méconnaissance de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entaché d'erreur de fait et d'un défaut d'examen sérieux de sa situation dès lors que, contrairement à ce que mentionne la décision, il n'avait pas précisé de fondement textuel précis dans sa demande de titre de séjour ; il pouvait également se prévaloir des articles L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ; par ailleurs, il justifie de sa situation familiale en France ; le préfet ne mentionne par l'existence de son enfant en France ;
- est entaché d'erreur de droit dès lors que les articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne mentionnent pas l'obligation de disposer d'un visa long séjour ;
- est entaché d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entaché d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- méconnait l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et le principe de présomption d'innocence compte tenu de ce qu'il n'a pas fait l'objet d'une condamnation ;
- est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
que l'obligation de quitter le territoire français :
- est illégale par exception d'illégalité du refus de titre de séjour ;
- méconnait les articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
que la décision fixant le pays de destination :
- est illégale par exception d'illégalité du refus de titre de séjour et de l'obligation de quitter le territoire français ;
- méconnait les articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 juin 2024, le préfet du Puy-de-Dôme conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions dirigées contre l'obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le pays de destination sont devenues sans objet compte tenu de la délivrance d'un récépissé le 22 mai 2024 ;
- les moyens invoqués par M. A ne sont pas fondés.
M. A a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 3 mai 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Caraës.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant guinéen né le 1er janvier 1988, est entré en France selon ses déclarations le 15 février 2013. Sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 26 février 2014 et par la Cour nationale du droit d'asile le 25 juillet 2014. Il a bénéficié de trois titres de séjour entre 2014 et 2017 en tant qu'étranger malade. Par une décision du 26 janvier 2021, le préfet de la Sarthe a prononcé à son encontre une mesure d'éloignement. Le 13 avril 2022, M. A a déposé une demande de titre de séjour que le préfet a interprété comme fondée sur l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 3 mars 2023, le préfet du Puy-de-Dôme a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné d'office. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur l'étendue du litige :
2. Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l'enregistrement de la requête au greffe du tribunal, le préfet du Puy-de-Dôme a délivré à M. A, le 22 mai 2024, un récépissé de demande de carte de séjour valant autorisation provisoire de séjour valable jusqu'au 21 aout 2024. Le préfet du Puy-de-Dôme doit être regardé comme ayant ainsi implicitement mais nécessairement abrogé ses décisions du 3 mars 2023 faisant obligation à M. A de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et désignant le pays de destination. Par suite, les conclusions tendant à l'annulation de ces décisions sont devenues sans objet. Il n'y a plus lieu, dès lors, d'y statuer.
3. En revanche, la délivrance de ce récépissé ne rend pas sans objet les conclusions de la requête dirigées contre la décision de refus de titre de séjour contenue dans l'arrêté du 3 mars 2023.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de refus de séjour :
4. Il ressort des pièces du dossier que M. A est le père d'une enfant née le 30 octobre 2022 à laquelle le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a reconnu la qualité de réfugiée. Cette reconnaissance présente un caractère recognitif et a eu pour effet de rétroagir à la date de la décision du refus de titre de séjour. Par suite, et dès lors qu'il n'est pas contesté que le requérant, qui est hébergé par le 115 depuis le 17 mars 2021 avec sa femme, leur fils né le 31 juillet 2021 et leur fille née le 30 octobre 2022, bénéficiaire de la qualité de réfugiée, contribue à l'entretien et à l'éducation de sa fille, M. A est fondé à soutenir que la décision prise à son encontre le 3 mars 2023 portant refus de titre a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant protégeant l'intérêt supérieur de sa fille et qu'elle doit, ainsi, être annulée.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision du 3 mars 2023 portant refus de séjour prise par le préfet du Puy-de-Dôme à son encontre.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
6. Eu égard au motif d'annulation retenu, le présent jugement implique nécessairement, en l'absence de changement de circonstances, que le préfet du Puy-de-Dôme délivre un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " à M. A. Par suite, et en application de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, il y a lieu d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer ce titre de séjour dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et, dans l'attente, de le munir, d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de quinze jours. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
7. M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Faure-Cromarias, avocate de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Faure-Cromarias de la somme de 1 000 euros.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. A tendant à l'annulation de la décision l'obligeant à quitter le territoire français et fixant le pays de destination.
Article 2 : La décision du 3 mars 2023 portant refus de séjour prise par le préfet du Puy-de-Dôme l'encontre de M. A est annulée.
Article 3 : Sous réserve de modification dans les circonstances de droit ou de fait, il est enjoint au préfet du Puy-de-Dôme de délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " à M. A dans le délai de deux mois à compter de la date de notification du présent jugement et, dans l'attente, de le munir d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de quinze jours.
Article 4 : L'Etat versera à Me Faure-Cromarias une somme de 1 000 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'elle renonce à la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle qu'il lui a confiée.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet du Puy-de-Dôme.
Délibéré après l'audience du 5 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Caraës, présidente,
M. Jurie, premier conseiller,
Mme Bollon, première conseillère.
Rendu public par la mise à disposition au greffe le 16 juillet 2024.
La présidente-rapporteure,
R. CARAËS
L'assesseur le plus ancien,
G. JURIE
La greffière,
F. LLORACH
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.JC
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026