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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2301295

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2301295

vendredi 23 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2301295
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantAD'VOCARE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 15 juin 2023 et le 19 juin 2023, Mme A C, représentée par l'AARPI Ad'Vocare (avocats), demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'enjoindre à la préfète de l'Allier de communiquer son entier dossier ;

3°) à titre principal, d'annuler l'arrêté du 15 mai 2023 par lequel la préfète de l'Allier l'a obligée à quitter le territoire français, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée et l'a assignée à résidence pour la durée de 45 jours.

4°) à titre subsidiaire, de suspendre les effets de l'obligation de quitter le territoire français ;

5°) d'enjoindre à la préfète de l'Allier, à titre principal, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, et dans l'attente, de lui remettre sans délai une autorisation provisoire de séjour et, à titre subsidiaire, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour le temps que la Cour nationale du droit d'asile examine son recours ;

6°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme C soutient, dans le dernier état de ses écritures, que,

s'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle n'a pas été précédée d'un examen réel et complet de sa situation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors que cette mesure porte atteinte à sa vie privée et familiale en France ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, dès lors que cette mesure porte une atteinte aux intérêts supérieurs de son enfant ;

s'agissant de la décision fixant le pays d'éloignement :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle n'a pas été précédée d'un examen réel et complet de sa situation ;

- elle est entachée d'erreur de droit, dès lors que l'autorité préfectorale s'est estimée à tort en situation de compétence liée à la suite du rejet de sa demande d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors qu'il existe un risque de traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d'origine ;

s'agissant de l'assignation à résidence :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 752-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle fait obstacle à son droit de se présenter à l'audience à laquelle elle sera convoquée dans le cadre de son recours dirigé contre le rejet de sa demande d'asile ;

s'agissant des conclusions à fin de suspension : il existe des éléments sérieux démontrant que le recours qu'elle a introduit contre la décision rejetant sa demande d'asile est susceptible d'entrainer son annulation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 juin 2023, la préfète de l'Allier conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New York le 26 janvier 1990 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Jurie, premier conseiller, pour statuer en application de l'article L. 776-1 et suivants du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Jurie, magistrat désigné ;

- et les observations de Me Bourg, avocat (AARPI Ad'Vocare), représentant M. D, qui a repris les moyens de la requête.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Une note en délibéré, présentée pour Mme C par Me Bourg, a été enregistrée le 20 juin 2023 à 12h10, après la clôture de l'instruction.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté en date du 15 mai 2023, la préfète de l'Allier a obligé Mme C, ressortissante géorgienne, à quitter le territoire français, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée et l'a assignée à résidence pour la durée de 45 jours. La requérante demande l'annulation de ces décisions.

Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire :

2. Selon les dispositions de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Aux termes de l'article 18 de la même loi : " L'aide juridictionnelle peut être demandée avant ou pendant l'instance ".

3. Par sa requête, Mme C, dont l'avocat a été désigné d'office, demande à être admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer en application des dispositions précitées de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991, l'admission provisoire de la requérante au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :

4. Il ne ressort pas des pièces du dossier que l'autorité préfectorale n'aurait pas, préalablement à l'édiction de la mesure d'éloignement en litige, procédé à un examen particulier de la situation de Mme C. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen réel et complet doit être écarté.

5. La décision par laquelle l'autorité préfectorale a obligé Mme C à quitter le territoire français comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Cette décision est, par suite, suffisamment motivée.

6. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

7. Mme C fait valoir qu'elle a fui son pays d'origine où elle ne peut pas vivre sa vie familiale en sécurité, que son ex-époux a agressé son conjoint et menace de façon constante et répétée de s'en prendre à elle et son mari et qu'une plainte pénale a été déposée en 2019 sans qu'aucun acte d'enquête n'ait été initiée par la suite. Toutefois, la requérante ne conteste pas les mentions de l'arrêté en litige selon lesquelles elle est irrégulièrement entrée sur le territoire français le 1er juillet 2022. En outre, si l'intéressée déclare être mariée et mère d'un enfant, il ne ressort pas des pièces du dossier et n'est pas même allégué que son époux ainsi que son fils disposeraient d'un quelconque droit au séjour sur le territoire français. Par ailleurs, aucune des pièces soumises à l'appréciation du tribunal ne tend à corroborer que Mme C entretiendrait des liens intenses, anciens ou stables sur le territoire français. Enfin, ainsi que le relève l'autorité préfectorale, il ne ressort pas des pièces du dossier que la requérante serait dépourvue d'attache familiale dans son pays d'origine. Il suit de là que, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, l'obligation de quitter le territoire français édictée à l'encontre de Mme C ne peut être regardée comme ayant porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts poursuivis par cette mesure. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que l'autorité préfectorale, en l'obligeant à quitter le territoire français, aurait méconnu les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

8. Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant du 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

9. La requérante soutient que son fils n'est pas en sécurité dans son pays d'origine, où son ex époux a tenté à plusieurs reprises d'agresser ses parents. Toutefois, aucun des éléments objectifs du dossier n'est de nature à étayer ces allégations. Par ailleurs, Mme C fait valoir que son fils présente un trouble neuro développemental sévère qui nécessite une prise en charge pluridisciplinaire. Toutefois, le certificat médical établi le 23 mars 2023 par le docteur B, dont se prévaut la requérante, se borne à indiquer que " les besoins en soins de [son fils] sont importants : orthophonie, psychomotricité, accompagnement éducatif aux habiletés sociales et groupes thérapeutiques ". Ainsi, ce certificat est dépourvu d'élément circonstancié sur l'état de santé de l'enfant de Mme C et ne tend pas à corroborer que ce dernier ne pourrait pas, en tout état de cause, bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays dont il est originaire au regard de son offre de soins et des caractéristiques de son système de santé. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant doit donc être écarté.

S'agissant de la décision fixant le pays d'éloignement :

10. Il ne ressort pas des pièces du dossier que l'autorité préfectorale n'aurait pas, préalablement à la détermination du pays d'éloignement, procédé à un examen particulier de la situation de Mme C. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen réel et complet doit être écarté.

11. La décision par laquelle l'autorité préfectorale a déterminé le pays d'éloignement de Mme C comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Cette décision est, par suite, suffisamment motivée.

12. Aux termes de l'article L. 612-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français mentionne le pays, fixé en application de l'article L. 721-3, à destination duquel l'étranger est renvoyé en cas d'exécution d'office ". Aux termes de l'article L. 721-3 du même code : " L'autorité administrative fixe, par une décision distincte de la décision d'éloignement, le pays à destination duquel l'étranger peut être renvoyé en cas d'exécution d'office d'une décision portant obligation de quitter le territoire français () ". Aux termes de l'article L. 721-4 dudit code : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : / 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile () ".

13. La requérant soutient que l'autorité préfectorale a commis une erreur de droit en se croyant tenue par la décision de rejet de sa demande d'asile, de désigner la Géorgie comme pays d'éloignement. Toutefois, la préfète de l'Allier, s'est bornée à exercer la faculté, qu'elle tient des dispositions précitées du 1° de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de désigner comme pays de renvoi celui dont l'étranger a la nationalité lorsque la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire lui ont été refusé, ou lorsqu'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile. En outre, aucun des éléments du dossier ne tend à corroborer que Mme C ne rentrait pas dans le champ d'application desdites dispositions et que l'autorité préfectorale se serait méprise sur les effets du rejet de la demande d'asile de l'intéressée quant à l'appréciation qu'il lui appartenait de porter au titre de la désignation de son pays d'éloignement. Dès lors, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.

14. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

15. Mme C fait valoir que son mari a été victime d'une agression à l'arme blanche par son ex-conjoint en 2019 et qu'elle a fui la Géorgie dès lors que les services de police géorgiens ne sont pas en mesure d'assurer sa sécurité, ni celle de son mari. Toutefois, ainsi qu'il a été précédemment énoncé, aucun des éléments objectifs du dossier n'est de nature à étayer ces allégations. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme C encourrait personnellement des risques de traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d'origine. Il suit de là que la requérante n'est pas fondée à soutenir qu'en déterminant son pays d'éloignement, l'autorité préfectorale aurait méconnu les stipulations précitées de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Sur l'assignation à résidence :

16. La décision par laquelle l'autorité préfectorale a assigné Mme C à résidence comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Cette décision est, par suite, suffisamment motivée.

17. Aux termes de l'article R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : / 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence () ".

18. La requérante fait valoir que l'assignation à résidence prise à son encontre fait obstacle à son droit de se présenter à l'audience à laquelle elle sera convoquée dans le cadre de son recours dirigé contre le rejet de sa demande d'asile. Toutefois, aucun des éléments du dossier ne tend à corroborer que l'autorité préfectorale aurait décidé de refuser d'autoriser Mme C à quitter momentanément le département de l'Allier afin de se rendre à la Cour nationale du droit d'asile sur présentation d'une convocation à une audience organisée par cette juridiction. Par suite, ce moyen doit être écarté.

19. Aux termes de l'article L. 752-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence, aux fins du traitement rapide et du suivi efficace de sa demande d'asile, l'étranger dont le droit au maintien a pris fin en application des b ou d du 1° de l'article L. 542-2 et qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français ".

20. Mme C soutient que le rejet de sa demande d'asile et la perte de son droit au maintien sur le territoire français ne suffisent pas à justifier son assignation à résidence et que l'assignation à résidence en litige n'a pas pour objet de faciliter ni de rendre plus efficace le traitement de sa demande d'asile, mais au contraire, de la complexifier. Toutefois, ainsi qu'il a été énoncé précédemment, aucun des éléments du dossier ne tend à corroborer que l'autorité préfectorale aurait décidé de refuser d'autoriser Mme C à quitter momentanément le département de l'Allier afin de se rendre à la Cour nationale du droit d'asile sur présentation d'une convocation à une audience organisée par cette juridiction. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'assignation à résidence attaquée aurait pour effet de faire obstacle au traitement rapide et au suivi efficace de la demande d'asile de la requérante. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 752-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

21. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions du 15 mai 2023 par lesquelles la préfète de l'Allier l'a obligée à quitter le territoire français, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée et l'a assignée à résidence pour la durée de 45 jours.

Sur les conclusions à fin de suspension :

22. Aux termes de l'article L. 752-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont le droit au maintien sur le territoire a pris fin en application des b ou d du 1° de l'article L. 542-2 et qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions prévues à la présente section, demander au tribunal administratif la suspension de l'exécution de cette décision jusqu'à l'expiration du délai de recours devant la Cour nationale du droit d'asile ou, si celle-ci est saisie, soit jusqu'à la date de la lecture en audience publique de la décision de la cour, soit, s'il est statué par ordonnance, jusqu'à la date de la notification de celle-ci ". Aux termes de l'article L. 752-11 du même code : " Le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné, saisi en application des articles L. 752-6 ou L. 752-7, fait droit à la demande de l'étranger lorsque celui-ci présente des éléments sérieux de nature à justifier, au titre de sa demande d'asile, son maintien sur le territoire durant l'examen de son recours par la Cour nationale du droit d'asile ".

23. La requérante soutient qu'il existe des éléments sérieux démontrant que son recours dirigé contre la décision rejetant sa demande d'asile puisse entrainer son annulation. Mme C fait valoir qu'elle a saisi la Cour nationale du droit d'asile d'un recours contre le rejet de sa demande d'asile, que ce recours est toujours en cours d'instruction et qu'elle produit devant le tribunal la copie des éléments complémentaires qu'elle a présenté dans le cadre de ce recours. Toutefois, la requérante n'expose pas en quoi consisteraient les éléments sérieux dont elle se prévaut, qui seraient de nature à justifier son maintien sur le territoire durant l'examen de son recours par la Cour nationale du droit d'asile. Les conclusions à fin de suspension présentées par Mme C doivent, par conséquent, être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

24. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme C, n'implique aucune mesure particulière d'exécution au sens des dispositions des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative. Par suite, les conclusions de la requérante aux fins d'injonction ne peuvent être accueillies.

Sur les frais d'instance :

25. Il résulte des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 que le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées sur le fondement desdites dispositions doivent, par suite, être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Mme C est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : La requête de Mme C est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et à la préfète de l'Allier.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 juin 2023.

Le magistrat désigné,

G. JURIE

La greffière,

N. BLANC

La République mande et ordonne à la préfète de l'Allier en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2301295

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