vendredi 18 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2301501 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 juin 2023, Mme B A, représentée par Me Gauché, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de communiquer le dossier sur la base duquel la décision contestée a été prise ;
3°) d'annuler la décision du 7 juin 2023 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire d'une durée d'un an et l'a astreinte, pendant le délai de départ volontaire, à résider dans l'arrondissement de Riom et à se présenter auprès des services de la gendarmerie d'Aigueperse les lundis à 9 heures ;
4°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de supprimer son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;
5°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de deux jours suivant la notification du jugement à intervenir ;
6°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- la décision en litige a été édictée en méconnaissance des articles L. 425-1 et R. 425-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation dès lors qu'elle a déposé une demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît le 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale par exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- le préfet s'est estimé à tort lié par le rejet de sa demande d'asile ;
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est illégale par exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnait les articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que les critères motivant cette décision ne sont relatifs qu'à la fixation de la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français ;
En ce qui concerne les mesures de surveillance :
- elles sont illégales par exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.
La requête a été communiquée au préfet du Puy-de-Dôme qui n'a pas produit de mémoire en défense mais des pièces enregistrées le 7 et le 8 août 2023, conformément à la demande de la requérante et à celle du tribunal en date du 24 juillet 2023.
Par un courrier en date 11 août 2023, la requérante a été invitée à indiquer si elle entendait maintenir sa requête.
Mme A a déposé une demande d'aide juridictionnelle le 22 juin 2023.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 17 août 2023 :
- le rapport de Mme C,
- Me Gauché, avocat de Mme A, qui déclare maintenir ses conclusions au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
Le préfet n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante nigériane, est entrée en France le 28 février 2021. Sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 28 mars 2022 et par la Cour nationale du droit d'asile le 5 mai 2023. Par une décision du
7 juin 2023, le préfet du Puy-de-Dôme l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire d'un an et l'a astreinte, pendant le délai de départ volontaire, à résider dans l'arrondissement de Riom et à se présenter auprès des services de la gendarmerie d'Aigueperse les lundis à 9 heures. Par la présente requête, Mme A demande l'annulation de cette décision.
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 visée ci-dessus: " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ".
3. Eu égard à l'urgence, il y a lieu d'admettre provisoirement Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :
4. Postérieurement à l'introduction de la requête tendant à l'annulation de la décision du 7 juin 2023 en litige, le préfet du Puy-de-Dôme a, par une décision du 2 août 2023, abrogé cette décision. La requérante n'a pas indiqué, par l'intermédiaire de son conseil, vouloir contester cette décision procédant à l'abrogation de la décision litigieuse. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision du 7 juin 2023 aurait fait l'objet d'une exécution. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision en litige, ni, par voie de conséquence, sur les conclusions à fin d'injonction correspondantes.
Sur les frais liés au litige :
5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme que Mme A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Mme A est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation de décision du préfet du Puy-de-Dôme du 7 juin 2022 portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, fixant le pays de destination, portant interdiction de retour sur le territoire d'un an et l'astreignant, pendant le délai de départ volontaire, à résider dans l'arrondissement de Riom et à se présenter auprès des services de la gendarmerie d'Aigueperse les lundis à 9 heures, ni sur les conclusions à fin d'injonction correspondantes.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au préfet du
Puy-de-Dôme.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 août 2023.
La présidente,
S. CLe greffier,
D. MORELIERE
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No2301501
JC
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