mardi 17 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2301508 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 3 |
| Avocat requérant | DEAT-PARETI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 juin 2023, Mme A C, représentée par Me Déat-Pareti, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 23 mai 2023 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
2°) à titre principal, d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer une carte de séjour mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de réexaminer sa demande de changement de statut ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'une insuffisance de motivation et d'une erreur de fait dès lors qu'elle a remis à l'autorité administrative deux demandes d'autorisation d'embauche d'un salarié étranger dont l'une en 2019 établie par le rectorat de l'académie de Clermont-Ferrand et l'autre en 2023 établie par la ville de Clermont-Ferrand ; aucune des deux autorisations d'embauche remises à l'administration n'a été instruite ;
- elle est entachée d'un vice de procédure et d'un défaut d'examen sérieux et approfondi de sa situation ;
- elle méconnaît son droit au respect de la vie privée et familiale au sens des dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'elle établit résider de façon continue en France depuis onze années ; elle a accompli l'ensemble de son parcours universitaire en France où elle a obtenu une licence et un master ; elle s'est parfaitement insérée dans le monde professionnel à la sortie de ses études ; ses trois frères ont étudié en France et l'un deux a été naturalisé ; elle est insérée dans la société française au regard de sa participation à une activité associative ; elle dispose d'une promesse d'embauche.
La requête a été communiquée au préfet du Puy-de-Dôme qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par une ordonnance du 26 octobre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 15 novembre 2023 à 12 heures.
Vu l'ensemble des pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Bordes, premier conseiller, pour exercer les fonctions de rapporteur public sur le fondement des dispositions de l'article R. 222-24 du code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bader-Koza, présidente ;
- Mme C qui fait valoir qu'elle n'a pu obtenir de contrat à durée indéterminée en raison de sa situation administrative.
Le préfet du Puy-de-Dôme n'était ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante marocaine, est entrée régulièrement sur le territoire français le 5 septembre 2012 sous couvert d'un visa de long séjour mention " mineur scolarisé " valable du 20 août 2012 au 18 août 2013 puis s'est vu délivrer une carte de séjour temporaire mention " étudiant " valable du 12 mars 2013 au 15 décembre 2013 qui a été renouvelée jusqu'au 17 novembre 2018. Le 19 novembre 2018, Mme C a sollicité la délivrance d'une carte de séjour temporaire mention " salarié " sur le fondement des dispositions de l'article L. 313-10, nouvellement article L. 421-3, du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par une décision du 23 mai 2023, le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Par la présente requête, Mme C demande l'annulation de cette décision.
2. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Pour l'application des stipulations précitées, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
3. Il ressort des pièces du dossier que Mme C est entrée en France en 2012 à l'âge de 17 ans pour y suivre des études supérieures à l'issue desquelles elle a obtenu un diplôme de master en droit, économie et gestion en 2018. Elle a ensuite, pendant les cinq années qui ont été nécessaires à l'instruction de sa demande de titre de séjour, bénéficié de contrats de travail à durée déterminée de 2018 à 2023 en qualité d'enseignant vacataire auprès du rectorat de l'académie de Clermont-Ferrand puis en qualité d'accompagnant scolaire vacataire au sein des écoles élémentaires de la ville de Clermont-Ferrand. Il ressort également des pièces du dossier que l'un de ses frères a obtenu la nationalité française et réside en France tout comme sa tante qui dispose, quant à elle, d'un titre de séjour. Aussi, s'il n'est pas contesté que le père et la mère de l'intéressée résident toujours dans leur pays d'origine, il n'en demeure pas moins que Mme C, qui justifie d'une bonne insertion dans la société française, a nécessairement fixé au cours des onze années de présence en situation régulière le centre de ses intérêts privés en France. Par suite, Mme C est fondée à soutenir que la décision litigieuse méconnaît son droit au respect de la vie privée et familiale au sens des dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
4. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme C est fondée à demander l'annulation de la décision du 23 mai 2023 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
5. Eu égard au motif d'annulation retenu, le présent jugement implique nécessairement, la délivrance à Mme C un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Il y a donc lieu d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de délivrer ce titre à l'intéressée dans un délai de deux mois suivant la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La décision du 23 mai 2023 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de délivrer un titre de séjour à Mme C, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Puy-de-Dôme de délivrer à Mme C un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'État versera la somme de 1 500 euros à Mme C en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et au préfet du Puy-de-Dôme.
Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bader-Koza, présidente,
Mme Jaffré, première conseillère,
M. Brun, conseiller.
Rendu public par la mise à disposition au greffe le 17 septembre 2024.
La présidente,
S. BADER-KOZA
L'assesseure la plus ancienne,
M. JAFFRÉ
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.AA
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026