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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2301511

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2301511

jeudi 17 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2301511
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationChambre 2
Avocat requérantAD'VOCARE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 juin 2023, M. B A, représenté par l'AARPI Ad'vocare, Me Bourg, demande au tribunal :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'ordonner la communication de l'entier dossier médical au vu duquel s'est prononcé le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) ainsi que tous les éléments relatifs à la possibilité de bénéficier d'un accès effectif aux soins, examens et traitements prescrits en Sierra Leone ainsi que tous ceux relatifs aux conditions financières d'accès à ces actes et traitements au regard du " système de santé sierra-léonais ", le cas échéant, après avoir consulté les services consulaires français en Sierra Leone ou l'ambassade de la Sierra Leone en France ;

3°) d'annuler les décisions du 11 mai 2023 par lesquelles le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;

4°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour portant la mention vie privée et familiale dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande d'admission au séjour dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement, en tout état de cause, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de travail dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification du jugement ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat au profit de son conseil une somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 en cas d'admission à l'aide juridictionnelle ou à son profit une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative en cas de refus d'admission à l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

* elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;

* elle est entachée de vices de procédure ;

* elle a été prise en méconnaissance des droits de la défense, en particulier du droit d'être entendu ;

* le préfet s'est estimé lié par l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;

* la décision en litige est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

* elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

* elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

* elle est illégale en raison de l'illégalité dont est entaché le refus de titre de séjour ;

* elle a été prise en méconnaissance du droit d'être entendu ;

* elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

* elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

* elle est illégale en raison de l'illégalité dont est entachée l'obligation de quitter le territoire français ;

* elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Le préfet du Puy-de-Dôme n'a pas produit de mémoire en défense mais des pièces qui ont été enregistrées le 1er septembre 2023.

Par une ordonnance du 27 juin 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 19 juillet 2024.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 septembre 2023.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Debrion,

- et les observations de Me Bourg, avocate de M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant sierra léonais né le 1er septembre 1993, est entré irrégulièrement en France le 11 novembre 2018. Sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 30 avril 2021, rejet confirmé par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 12 novembre 2021. Après avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, M. A a bénéficié d'un titre de séjour valable du 26 mai 2021 au 25 février 2022. Le 18 janvier 2022, M. A a sollicité le renouvellement de ce titre de séjour. Après que le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a rendu son avis, le préfet du Puy-de-Dôme, par des décisions du 11 mai 2023, a refusé de délivrer un titre de séjour à M. A, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de ces décisions du 11 mai 2023.

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

2. M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 septembre 2023. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur ses conclusions tendant à ce qu'il soit admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

3. En premier lieu, la décision contestée vise, en droit, notamment les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En fait, cette décision mentionne les raisons pour lesquelles le préfet du Puy-de-Dôme a estimé que M. A ne pouvait pas se voir délivrer un titre de séjour. Elle comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, et dès lors que la motivation d'une décision administrative ne se confond pas avec le bien-fondé de ses motifs, le moyen tiré de l'insuffisante motivation du refus de titre de séjour opposé au requérant doit être écarté.

4. En deuxième lieu, s'il résulte de la jurisprudence de la Cour de Justice de l'Union européenne que l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne s'adresse non pas aux Etats membres mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union et que le moyen tiré de leur violation par une autorité d'un Etat membre est inopérant, il résulte toutefois également de la jurisprudence de la Cour de Justice que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Il appartient aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause.

5. Lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour, l'étranger, en raison même de l'accomplissement de cette démarche qui tend à son maintien régulier sur le territoire français, ne saurait ignorer qu'en cas de refus, il pourra faire l'objet d'une mesure d'éloignement. A l'occasion du dépôt de sa demande, il est conduit à préciser à l'administration les motifs pour lesquels il demande que lui soit délivré un titre de séjour et à produire tous éléments susceptibles de venir au soutien de cette demande. Il lui appartient, lors du dépôt de cette demande, lequel doit en principe faire l'objet d'une présentation personnelle du demandeur en préfecture, d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il juge utiles. Il lui est loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir auprès de l'administration toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. Le droit de l'intéressé d'être entendu est ainsi satisfait avant que n'interviennent le refus de titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire français.

6. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A n'aurait pas eu la possibilité, pendant l'instruction de sa demande d'admission au séjour en raison de son état de santé, de faire état de tous éléments pertinents relatifs à sa situation personnelle susceptibles d'influer sur le sens de la décision du préfet sur sa demande de titre de séjour. Par suite, le moyen tiré de ce qu'en refusant de lui délivrer le titre de séjour sollicité, le préfet du Puy-de-Dôme l'aurait privé de son droit à être entendu doit être écarté.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé () ". Aux termes de l'article R. 425-12 de ce code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. Le médecin de l'office peut solliciter, le cas échéant, le médecin qui suit habituellement le demandeur ou le médecin praticien hospitalier. Il en informe le demandeur. Il peut également convoquer le demandeur pour l'examiner et faire procéder aux examens estimés nécessaires. Le demandeur présente au service médical de l'office les documents justifiant de son identité. A défaut de réponse dans le délai de quinze jours, ou si le demandeur ne se présente pas à la convocation qui lui a été fixée, ou s'il n'a pas présenté les documents justifiant de son identité le médecin de l'office établit son rapport au vu des éléments dont il dispose et y indique que le demandeur n'a pas répondu à sa convocation ou n'a pas justifié de son identité. Il transmet son rapport médical au collège de médecins () ". Selon l'article R. 425-13 du même code : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. / Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. / L'avis est rendu par le collège dans un délai de trois mois à compter de la transmission du certificat médical. Lorsque le demandeur n'a pas présenté au médecin de l'office ou au collège les documents justifiant son identité, n'a pas produit les examens complémentaires qui lui ont été demandés ou n'a pas répondu à la convocation du médecin de l'office ou du collège qui lui a été adressée, l'avis le constate. / L'avis est transmis au préfet territorialement compétent, sous couvert du directeur général de l'office ".

8. D'une part, le préfet du Puy-de-Dôme justifie de l'existence de l'avis rendu par le collège de médecins de l'OFII le 27 septembre 2022 sur la situation de M. A. D'autre part, il ressort des pièces du dossier qu'un rapport médical a été établi par un médecin de l'OFII le 12 septembre 2022 et que ce rapport a été transmis au collège de médecins le 15 septembre suivant. Si le requérant soutient qu'il n'est pas établi que ce rapport a été établi conformément à l'annexe C de l'arrêté du 27 décembre 2016, il ne précise pas quelles dispositions contenues dans cette annexe auraient été méconnues. En outre, le préfet du Puy-de-Dôme justifie des noms et prénoms des médecins appartenant au collège ayant rendu son avis le 27 septembre 2022 ainsi que des nom et prénom du médecin de l'OFII qui a rédigé le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et justifie ainsi de ce que le médecin qui a rédigé le rapport médical n'a pas siégé au sein du collège qui s'est prononcé, pour avis, le 27 septembre 2022. Enfin, si le requérant soutient que l'administration ne justifie pas des qualités des médecins ayant siégé dans le collège et qu'il n'est pas établi que ces médecins étaient compétents à cet effet, il ne précise pas quelles dispositions auraient été méconnues. Par suite, l'avis rendu le 27 septembre 2022 ne présente pas un caractère irrégulier.

9. En quatrième lieu, le préfet du Puy-de-Dôme indique dans sa décision qu'après un examen approfondi de la situation de l'intéressé, aucun élément du dossier ni aucune circonstance particulière ne justifie de s'écarter de l'avis du collège de médecins de l'OFII. Par suite, le requérant n'est fondé à soutenir ni que le préfet se serait estimé lié par l'avis du collège de médecins de l'OFII pour refuser de lui délivrer un titre de séjour, ni que le représentant de l'Etat dans le département n'a pas procédé à un examen réel et sérieux de sa situation.

10. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat () ".

11. Lorsqu'il est saisi, à l'appui de conclusions tendant à l'annulation de la décision de refus, d'un moyen relatif à l'état de santé du demandeur, aux conséquences de l'interruption de sa prise en charge médicale ou à la possibilité pour lui d'en bénéficier effectivement dans le pays dont il est originaire, il appartient au juge administratif de prendre en considération l'avis médical rendu par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Si le demandeur entend contester le sens de cet avis, il appartient à lui seul de lever le secret relatif aux informations médicales qui le concernent, afin de permettre au juge de se prononcer en prenant en considération l'ensemble des éléments pertinents, notamment l'entier dossier du rapport médical au vu duquel s'est prononcé le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, en sollicitant sa communication, ainsi que les éléments versés par le demandeur au débat contradictoire.

12. Pour refuser de délivrer à M. A le titre de séjour sollicité, le préfet du Puy-de-Dôme s'est notamment appuyé sur l'avis du collège de médecins de l'OFII en date du 27 septembre 2022, lequel indique que l'état de santé du requérant nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, qu'il existe un traitement approprié dans le pays d'origine du requérant dont il peut effectivement bénéficier et qu'il peut voyager sans risque vers son pays d'origine.

13. Pour contester cette appréciation, M. A, qui a levé le secret médical, soutient qu'il est atteint de troubles psychiatriques et d'une hernie discale lombaire. Il soutient également que les médicaments qui lui étaient prescrits en France à la date de la décision contestée pour soigner ces pathologies, à savoir le Xeroqueul, le Theralene, l'Artane, la Cyamémazine, le Lormetazepam et l'Anafranil, ne sont pas accessibles en Sierra Leone. Toutefois, les rédacteurs des certificats médicaux qu'il produit ne se prononcent pas sur l'indisponibilité des traitements dans son pays d'origine. Le compte-rendu opératoire, le document intitulé " synthèse neurochirurgie du 5 mai 2023 ", et les convocations à des rendez-vous médicaux également produits ne contiennent pas non plus d'informations sur l'indisponibilité des traitements pris par le requérant dans son pays d'origine. Enfin, les autres documents versés aux débats font seulement état de considérations générales sur le système de santé en Sierra Leone et sont pour la plupart bien antérieurs à la date à laquelle le refus de titre de séjour en litige a été pris. Dans ces conditions, par l'ensemble de ces éléments, le requérant n'établit pas qu'il ne pourrait pas bénéficier effectivement dans son pays d'origine d'un traitement approprié aux pathologies dont il est atteint. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

14. En premier lieu, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour doit être écarté compte tenu de ce qui a été dit précédemment.

15. En deuxième lieu, le moyen tiré de ce que cette décision aurait été prise en méconnaissance du droit d'être entendu doit être écarté pour les raisons exposées aux points 5 et 6 du présent jugement.

16. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Puy-de-Dôme n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation de M. A avant de décider de l'obliger à quitter le territoire français.

17. En dernier lieu, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation, qui figure dans les développements consacrés au moyen mentionné et écarté au point précédent, n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé. Il ne peut, par suite, qu'être écarté.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

18. En premier lieu, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté compte tenu de ce qui a été dit précédemment.

19. En second lieu, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

20. D'une part, comme il a été dit au point 13 du présent jugement, M. A n'établit pas ne pas pouvoir bénéficier effectivement d'un traitement approprié à ses pathologies dans son pays d'origine. D'autre part, s'il indique qu'il existe un lien entre ses pathologies psychiatriques et les évènements traumatiques qu'il a vécus en Sierra Leone, il ne l'établit pas. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de renvoi a été prise en méconnaissance des stipulations et dispositions citées au point précédent.

21. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'ordonner la communication des documents sollicitée par le requérant, que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées. Par voie de conséquence, l'ensemble de ses conclusions accessoires doit également être rejeté.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. A tendant à son admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet du Puy-de-Dôme.

Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

- Mme Bentéjac, présidente,

- M. Debrion, premier conseiller,

- M. Nivet, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.

Le rapporteur,

J-M. DEBRION

La présidente,

C. BENTÉJAC

La greffière,

C. PETIT

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2301511

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