jeudi 13 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2301558 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | CARMIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 28 juin 2023 et le 11 juillet 2023, M. C A, représenté par Me Carmier demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de l'arrêté du 24 mars 2023 par lequel la préfète déléguée pour la défense et la sécurité sud-est l'a placé en congé sans traitement ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 1991.
Il soutient que :
- à titre liminaire, il sollicite du tribunal dans le cadre de ses pouvoirs d'instruction de communiquer aux débats contradictoires son dossier administratif et médical ; contrairement à ce que soutient l'administration il n'a pas été avisé du pli contenant son dossier, il a effectué une réclamation auprès de la poste car il ne recevait pas son courrier ;
- la condition relative à l'urgence est remplie en ce que cette décision porte une atteinte suffisamment grave et immédiate à ses intérêts financiers ainsi qu'à ceux de sa famille dès lors qu'il est placé en congé sans traitement du 26 novembre 2022 jusqu'au 25 novembre 2023 ; ses revenus ne sont que d'un montant de 116,34 euros alors qu'il est père de trois enfants et ne peut plus participer à la contribution pour leur entretien ; de même, il ne peut assumer ses charges fixes ; il ne bénéficie pas d'économie suffisante pour pallier à cette absence de traitement ; en outre, il s'est vu opposer un titre de perception émis le 7 juin 2023 afin de rembourser la somme de 8663,55 euros au titre de ses traitements ; il est endetté ; contrairement aux allégations de l'administration, il ne peut bénéficier de l'allocation de retour à l'emploi en ce que son employeur ne lui a communiqué aucun document lui permettant de procéder à sa demande auprès des services de Pôle emploi et il ne peut travailler en étant en maladie ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée en ce que :
- l'auteur de l'acte est incompétent dès lors qu'aucune délégation de signature n'est produite ni même visée ;
- cette décision est entachée d'un vice de procédure dès lors, qu'en l'espèce, si un avis du conseil médical interdépartemental du Rhône du 9 janvier 2023 favorable à sa mise en congé sans traitement est visé, il n'est pas joint à la décision ; de ce fait, il n'est pas démontré que cet avis aurait été rendu ; cette absence de saisine a nécessairement eu une influence sur le sens de la décision et l'a privé d'une garantie ;
- cette décision qui doit être regardée comme une décision administrative individuelle défavorable n'est pas motivée en fait en méconnaissance des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- cet arrêté est entaché d'erreur de fait en méconnaissance des articles 7 et suivants du décret n° 2004-1439 du 23 décembre 2004, dès lors qu'il est toujours considéré comme gardien de la paix stagiaire alors qu'ayant obtenu le concours de gardien de la paix en septembre 2013 il ne pouvait l'être que jusqu'en novembre 2015 et aurait dû être titularisé entre le 1er novembre 2015 et le 1er septembre 2016 ; il est donc maintenu dans une situation administrative erronée et aurait dû être considéré comme gardien de la paix titulaire ; contrairement aux allégations de l'administration la décision refusant sa titularisation du 27 décembre 2021 n'a jamais été portée à sa connaissance et au demeurant ne comporte pas la mention des voies et délais de recours ; aucun délai raisonnable d'un an ne peut lui être opposé ; cette décision ne peut être regardée comme étant définitive ; la décision litigieuse le place en congé sans traitement de façon rétroactive ;
- cet arrêté est entaché d'erreur de droit, conformément à l'article 24 du décret n° 94-874 du 7 octobre 1994 et des dispositions du code de la fonction publique en ce qu'en l'espèce il doit être regardé comme étant titulaire et non stagiaire et par conséquent ne bénéficie pas du régime juridique approprié dès lors qu'il ne peut bénéficier d'un congé sans traitement ; le régime juridique des congés pour maladie n'étant pas le même pour les stagiaires et les titulaires ; par ailleurs, conformément à l'article 21 bis de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983, le congé maladie dont il fait l'objet depuis novembre 2021 a pour origine le harcèlement et la discrimination qu'il subit ; à ce titre il a demandé à son administration que l'imputabilité au service soit reconnue en septembre 2022 et n'a reçu aucune réponse ; il est considéré à tort comme stagiaire et ne bénéficie d'aucun traitement alors même qu'il est en congé en raison d'une maladie qui devrait être considérée comme maladie professionnelle ; de même cet arrêté est entaché d'erreur de droit en l'absence de prorogation de stage par un médecin.
Par un mémoire enregistré le 3 juillet 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer qui informe le tribunal qu'il n'a que la qualité d'observateur dans le présent litige.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 10 juillet 2023 et le 12 juillet 2023, la préfète de la zone de défense et de sécurité sud-est conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- son dossier administratif et médical lui a été communiqué par lettre recommandée avec accusé de réception du 13 janvier 2023 ; le requérant, avisé le 20 janvier 2023, n'a pas retiré le pli ; les difficultés d'acheminement de son courrier dont le requérant fait état sont sans incidence sur le fait que la communication de son dossier a été effectuée ;
- la condition relative à l'urgence n'est pas remplie en ce que :
- il n'apporte pas la preuve que la décision en litige porte une atteinte suffisamment grave et immédiate à ses intérêts financiers et à ceux de sa famille ;
- en outre, il connaissait des difficultés financières au cours d'une période où il percevait son plein traitement ;
- de même, le placement en congé sans traitement d'un fonctionnaire stagiaire ne le laisse pas sans la possibilité de percevoir d'autres revenus conformément à l'article 2, 4° du décret n° 2020-741 du 16 juin 2020 relatif au régime particulier d'assurance chômage applicable à certains agents publics et salariés du secteur public, il peut prétendre à l'allocation de retour à l'emploi ; à ce titre, il lui appartient de faire des démarches auprès de Pôle emploi et de solliciter, le cas échéant, l'administration pour la communication des documents nécessaires à sa demande ;
- de surcroît, aucun principe n'interdît à un fonctionnaire stagiaire en congé sans traitement d'exercer par ailleurs une autre activité professionnelle durant cette période ;
- il n'existe aucun doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige en ce que :
- l'auteur de l'acte bénéficie d'une délégation de signature régulière ;
- contrairement à ce que soutient le requérant le conseil médical s'est réuni et a rendu un avis le 9 janvier 2023 ; par conséquent, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté ;
- la décision qui place un fonctionnaire stagiaire en congé sans traitement en raison de l'expiration de ses droits statutaires à congé maladie ne relève d'aucune des catégories de décisions qui doivent être motivées en application des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le publique et l'administration ; en tout état de cause, la décision en litige est motivée en droit et en fait ;
- aucune erreur de fait en ne procédant pas à sa titularisation n'a été commise, conformément aux termes des articles 26 et 27 du décret n° 94-874 du 7 octobre 1994 et des articles 7-1 et 8 du décret n° 2004-1439 du 23 décembre 2004 en ce qu'à la date de sa réintégration le 2 février 2021 le requérant n'avait pas effectué la durée statutaire de stage d'un an et sa demande de titularisation a été rejetée par décision du 27 novembre 2021 qui est devenue définitive ; depuis cette réintégration, il n'a pas effectué la durée statutaire de stage d'un an et ne peut être titularisé dans l'emploi de gardien de la paix ;
- de même, la décision litige n'est entachée d'aucune erreur de droit dès lors que d'une part, il ne devait pas être titularisé ; conformément à l'article 24 du décret du 7 octobre 1994 et au vu des conclusions administratives de l'expertise médicale du 16 novembre 2022, ses arrêts de travail ne pouvaient être justifiés qu'au titre du congé de maladie ordinaire qui ont été épuisées le 25 novembre 2022, par conséquent, il ne pouvait qu'être placé dans la position de congé sans traitement pour raisons de santé ; d'autre part, contrairement à ses allégations, il ne fait l'objet d'aucun harcèlement.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n°2301557, enregistrée le 28 juin 2023, par laquelle M. A demande l'annulation de l'arrêté du 24 mars 2023 de la préfète déléguée pour la défense et la sécurité sud-est.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le décret n° 94-874 du 7 octobre 1994 ;
- le décret n° 95-654 du 9 mai 1995 ;
- le décret n° 2011-294 du 21 mars 2011 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif a désigné Mme B, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique du 12 juillet 2023 à 11h00 tenue en présence de M. Manneveau greffier d'audience.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 24 mars 2023 la préfète de la zone de défense et de sécurité sud-est a placé M. C A, gardien de la paix stagiaire, en congé sans traitement pour raisons de santé à compter du 26 novembre 2022 jusqu'au 25 novembre 2023. M. A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de cet arrêté.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête, de prononcer l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle de M. A.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
4. Aucun des moyens invoqués par M. A, tels qu'ils sont visés plus haut, n'est, en l'état de l'instruction, de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué.
5. Il résulte de ce qui précède que l'une des conditions mises par l'article L. 521-1 du code de justice administrative à la suspension de l'exécution d'une décision n'est pas remplie. Dès lors, les conclusions à fin de suspension présentées par M. A doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin d'examiner si l'urgence justifierait une telle suspension. Par suite, et, en tout état de cause, sans qu'il soit besoin de demander la communication de son dossier administratif, la requête de M. A doit être rejetée y compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée, pour information, à la préfète de la zone de défense et de sécurité sud-est.
Fait à Clermont-Ferrand, le 13 juillet 2023.
La juge des référés,
Catherine B
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026