jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2301590 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 2 |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 juillet 2023, M. A B, représenté par Me Habiles, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 17 mars 2023 par lesquelles le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il serait renvoyé à défaut de se conformer à cette obligation ;
2°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de réexaminer sa demande et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour et de travail dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ainsi que les entiers dépens.
Il soutient que :
Sur le refus de titre de séjour :
- il a été signé par une autorité incompétente ;
- il est entaché d'un vice de procédure, faute pour le préfet, avant de l'avoir édicté, d'avoir saisi la commission du titre de séjour ;
- il est entaché d'une insuffisance de motivation ;
- il a été pris en méconnaissance des dispositions de l'article 24 de la loi du 12 avril 2000 ;
- il est illégal, faute pour le préfet d'avoir examiné sa situation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il est entaché d'une erreur de droit ;
- il a été pris en méconnaissance des stipulations des articles 8 et 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
- elle a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'un vice de procédure, faute pour le préfet, avant de l'avoir édictée, d'avoir saisi la commission du titre de séjour ;
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article 24 de la loi du 12 avril 2000 ;
- elle est illégale, faute pour le préfet d'avoir examiné sa situation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur de droit ;
- elle a été prise en méconnaissance des stipulations des articles 8 et 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
Sur la décision fixant le pays de renvoi :
- elle a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation.
Par une ordonnance du 27 juin 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 19 juillet 2024.
Des pièces, présentées par le préfet du Puy-de-Dôme, ont été enregistrées le 20 septembre 2024, soit postérieurement à la clôture de l'instruction.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 5 juillet 2023.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Debrion a été entendu au cours de l'audience publique à laquelle les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant marocain né le 12 juillet 2000, est entré en France régulièrement le 11 août 2018, sous couvert d'un passeport revêtu d'un visa de long séjour portant la mention " étudiant " valable du 10 août 2018 au 10 août 2019. Il s'est ensuite vu délivrer une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " étudiant " valable du 15 novembre 2019 au 14 novembre 2022. Le 24 août 2022, M. B a sollicité le renouvellement de son titre de séjour. Par des décisions du 17 mars 2023, le préfet du Puy-de-Dôme lui a refusé le renouvellement de ce titre, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de ces décisions du 17 mars 2023.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, la décision a été signée par M. Laurent Lenoble, secrétaire général de la préfecture du Puy-de-Dôme, qui disposait, en vertu d'un arrêté n° 20221918 du préfet du Puy-de-Dôme du 27 décembre 2022, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture, d'une délégation à l'effet de signer tous arrêtés, décisions, circulaires, correspondances relevant des attributions de l'Etat dans le département du Puy-de-Dôme à l'exception de certains actes au nombre desquels ne figure pas la décision contestée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision en litige doit être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision vise en droit les dispositions sur lesquelles le préfet de du Puy-de-Dôme s'est fondé pour examiner la demande de titre de séjour présentée par M. B. En fait, cette décision mentionne les éléments qui justifient, selon le préfet, que le titre de séjour sollicité ne soit pas accordé au requérant. Par suite, et alors que le caractère suffisant de la motivation d'un acte administratif ne se confond pas avec le bien-fondé de ses motifs, le préfet du Puy-de-Dôme a mis le requérant en mesure de discuter utilement de ce bien-fondé et a ainsi respecté les exigences de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Dans ces conditions, le moyen tiré d'une insuffisance de motivation doit être écarté.
4. En troisième lieu, le requérant ne saurait utilement se prévaloir d'une méconnaissance des dispositions de l'article 24 de la loi du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations dès lors que ces dispositions ont été abrogées au 1er janvier 2016. A supposer que M. B ait entendu invoquer une méconnaissance des dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration, ces dispositions ne sont pas non plus utilement invocables dès lors que la décision portant refus de titre de séjour a été prise en réponse à une demande formulée par le requérant.
5. En quatrième lieu, lorsqu'il est saisi d'une demande de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'une des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet n'est pas tenu, en l'absence de dispositions expresses en ce sens, d'examiner d'office si l'intéressé peut prétendre à une autorisation de séjour sur le fondement d'une autre disposition de ce code, même s'il lui est toujours loisible de le faire à titre gracieux, notamment en vue de régulariser la situation de l'intéressé.
6. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B aurait sollicité son admission au séjour en se prévalant des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le requérant ne peut utilement soutenir que la décision portant refus de séjour est entachée d'un défaut d'examen de sa situation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
7. En cinquième lieu, d'une part, aux termes de l'article 9 de l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du royaume du Maroc en matière de séjour et d'emploi du 9 octobre 1987 : " Les dispositions du présent accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux Etats sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'accord () ".
8. D'autre part, aux termes de l'article L. 433-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () le renouvellement de la carte de séjour temporaire ou pluriannuelle est subordonné à la preuve par le ressortissant étranger qu'il continue de remplir les conditions requises pour la délivrance de cette carte () ". Aux termes de l'article L. 411-4 du même code : " La carte de séjour pluriannuelle a une durée de validité de quatre ans, sauf lorsqu'elle est délivrée : () 8° Aux étrangers mentionnés aux articles L. 422-1, L. 422-2 et L. 422-5 ; dans ce cas, sa durée est égale à celle restant à courir du cycle d'études dans lequel est inscrit l'étudiant, sous réserve du caractère réel et sérieux des études, apprécié au regard des éléments produits par les établissements de formation et par l'intéressé, un redoublement par cycle d'études ne remettant pas en cause, par lui-même, le caractère sérieux des études ; () ".
9. Pour refuser de renouveler le titre de séjour précédemment accordé à M. B, le préfet du Puy-de-Dôme s'est fondé sur le fait que l'intéressé ne justifiait pas du caractère réel et sérieux des études poursuivies depuis son entrée en France.
10. Il ressort des pièces du dossier que M. B n'a pas validé sa première année de licence " informatique " à l'issue de l'année universitaire 2018/2019. Il s'est ensuite réorienté, au titre de l'année universitaire 2019/2020, en licence " chimie nutrition pharmacologie " et n'a obtenu la première année de cette licence qu'à l'issue de l'année universitaire 2020/2021. Il s'est alors réorienté en deuxième année de licence " Sciences de la vie " durant l'année universitaire 2021/2022 mais a été déclaré défaillant au premier semestre et a été ajourné au second semestre. Ainsi, le requérant n'a obtenu aucun diplôme depuis qu'il a débuté des études en France en septembre 2018. Dans ses écritures, M. B explique que ses échecs ont pour origine des problèmes de santé qui ont nécessité des hospitalisations et qu'il a obtenu des résultats satisfaisants au cours de l'année universitaire 2022/2023. Toutefois, ni l'avis médical en date du 11 septembre 2020 qui indique que le requérant souffre d'un handicap, sans pour autant préciser la nature de celui-ci, et doit bénéficier d'un tiers temps pour les épreuves écrites et orales, ni les certificats médicaux et le bulletin de situation très peu circonstanciés que le requérant produit ne suffisent à expliquer ses différents échecs aux examens depuis qu'il est arrivé en France. Le requérant n'explique pas non plus ses réorientations successives dans différents cursus qui ne peuvent être regardés comme présentant des liens logiques entre eux. Enfin, le requérant n'établit pas avoir réussi ses examens lors de l'année universitaire 2022/2023 en produisant le document intitulé " notes et résultats ", lequel document, d'ailleurs, est, selon les propres mentions qu'il contient, un document informatif et ne saurait constituer le relevé officiel des notes effectivement obtenues au cours de l'année universitaire précitée. Par suite, et quand bien même M. B aurait été assidu en cours au titre de l'année 2022/2023, le moyen intitulé " erreur de droit " dans la requête doit être écarté.
11. En sixième lieu, le requérant ne peut utilement invoquer une méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales à l'encontre du refus de renouvellement de son titre de séjour en qualité d'étudiant, qui résulte seulement d'une appréciation de la réalité et du sérieux des études poursuivies.
12. En septième lieu, le principe de non-discrimination prévu à l'article 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne concerne que la jouissance des droits et libertés reconnus par ladite convention et par les protocoles additionnels à celle-ci. Ainsi, et dans la mesure où le requérant ne précise pas le droit ou la liberté dont la jouissance serait affectée par la discrimination qu'il invoque, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté.
13. En huitième lieu, le requérant soutient que le refus de titre de séjour en litige est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au motif qu'il comporte pour sa situation personnelle des conséquences d'une gravité exceptionnelle. Toutefois, faute d'être assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé, ce moyen ne peut qu'être écarté.
14. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative :1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; () ". Il résulte de ces dispositions que le préfet n'est tenu de saisir la commission du titre de séjour que du seul cas des étrangers qui remplissent effectivement les conditions prévues par ces dispositions et auxquels il envisage de refuser le titre de séjour sollicité.
15. Le préfet du Puy-de-Dôme n'ayant jamais envisagé de refuser de délivrer un titre de séjour à M. B sur le fondement des dispositions des articles L. 423-13 et L. 423-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant aurait sollicité la délivrance d'un titre de séjour en se prévalant de ces dispositions, il ne peut utilement soutenir que le représentant de l'Etat dans le département du Puy-de-Dôme était tenu, avant de prendre sa décision, de saisir la commission du titre de séjour au motif qu'il remplissait les conditions prévues aux articles précités.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
16. En premier lieu, la décision a été signée par M. Laurent Lenoble, secrétaire général de la préfecture du Puy-de-Dôme, qui disposait, en vertu d'un arrêté n° 20221918 du préfet du Puy-de-Dôme du 27 décembre 2022, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture, d'une délégation à l'effet de signer tous arrêtés, décisions, circulaires, correspondances relevant des attributions de l'Etat dans le département du Puy-de-Dôme à l'exception de certains actes au nombre desquels ne figure pas la décision contestée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision en litige doit être écarté.
17. En deuxième lieu, lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français est prise sur le fondement du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, elle n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de la décision portant refus de titre de séjour lorsque celle-ci est elle-même motivée et que les dispositions législatives qui permettent d'assortir le refus de séjour d'une obligation de quitter le territoire français ont été rappelées. En l'espèce, la décision litigieuse indique qu'elle a été prise sur le fondement du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et, ainsi qu'il a été dit au point 3 du présent jugement, la décision portant refus de titre de séjour est motivée. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
18. En troisième lieu, d'une part, le requérant ne peut pas utilement invoquer une méconnaissance de l'article 24 de la loi du 12 avril 2000 dès lors que ces dispositions ne sont plus en vigueur depuis le 1er janvier 2016. D'autre part, il résulte des dispositions des articles L. 613-1 et suivants et L. 614-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises l'intervention et l'exécution des décisions par lesquelles l'autorité administrative signifie à l'étranger l'obligation dans laquelle il se trouve de quitter le territoire français et fixe le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné. Dès lors, le requérant ne peut pas non plus utilement invoquer une méconnaissance de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration au soutien de ses conclusions en annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
19. En quatrième lieu, le requérant ne peut utilement se prévaloir du moyen tiré du défaut de saisine de la commission du titre de séjour dès lors que cette commission n'est saisie que lorsque le préfet envisage de refuser ou de ne pas renouveler un titre de séjour mais non lorsqu'il envisage de prendre une mesure d'éloignement à l'encontre d'un ressortissant étranger.
20. En cinquième lieu, M. B ne peut utilement invoquer au soutien de ses conclusions en excès de pouvoir dirigées contre l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre un défaut d'examen de sa situation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que ces dispositions concernent le droit au séjour d'un ressortissant étranger sur le territoire français et non l'éloignement du territoire d'un tel ressortissant.
21. En sixième lieu, le moyen intitulé " erreur de droit " qui ne contient qu'une argumentation relative au droit au séjour du requérant sur le territoire français et non à son éloignement de ce territoire ne peut qu'être écarté.
22. En septième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Pour l'application des stipulations précitées, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
23. Si M. B est entré en France en août 2018, il ne justifie pas des liens amicaux et sociaux qu'il prétend avoir noués sur le territoire français. Il ne justifie pas non plus de la présence en France de son oncle qui, selon ses dires, a été d'un soutien incontestable au moment de sa maladie. Le requérant, célibataire et sans enfant, n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales ou personnelles dans son pays d'origine dans lequel il a vécu jusqu'à l'âge de 18 ans. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que le préfet du Puy-de-Dôme a méconnu les stipulations citées au point précédent en décidant de l'obliger à quitter le territoire français.
24. En huitième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 12 du présent jugement.
25. En dernier lieu, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 13 du présent jugement.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
26. En premier lieu, la décision a été signée par M. Laurent Lenoble, secrétaire général de la préfecture du Puy-de-Dôme, qui disposait, en vertu d'un arrêté n° 20221918 du préfet du Puy-de-Dôme du 27 décembre 2022, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture, d'une délégation à l'effet de signer tous arrêtés, décisions, circulaires, correspondances relevant des attributions de l'Etat dans le département du Puy-de-Dôme à l'exception de certains actes au nombre desquels ne figure pas la décision contestée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision en litige doit être écarté.
27. En second lieu, la motivation de la décision fixant le pays de destination ne s'apprécie pas par rapport aux critères d'octroi d'un titre de séjour. Par suite, c'est à tort que le requérant soutient que la décision litigieuse est entachée d'une insuffisance de motivation au motif que le préfet ne justifie pas de manière précise et circonstanciée des raisons pour lesquelles il ne remplit pas les conditions lui permettant de bénéficier d'un titre de séjour.
28. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées. Par voie de conséquence, doivent également être rejetées ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Puy-de-Dôme.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bentéjac, présidente,
M. Debrion, premier conseiller,
M. Nivet, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.
Le rapporteur,
J-M. DEBRION
La présidente,
C. BENTÉJAC La greffière,
C. PETIT
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
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