vendredi 18 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2301607 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | AD'VOCARE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 3 juillet 2023 et 14 mars 2024, M. A B, représenté par l'AARPI Ad'Vocare, avocats, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 3 avril 2023 par lesquelles la préfète de l'Allier a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Allier, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " dans le délai de trente jours à compter de la notification du jugement et, dans l'attente, de lui remettre un récépissé de demande de titre de séjour sans délai et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le délai de trente jours suivant la notification du jugement et, dans l'attente, de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour sans délai ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que,
la décision de refus de titre de séjour :
- est entachée d'incompétence ;
- est illégale dès lors que l'utilisation d'une fausse carte d'identité n'est pas suffisante pour faire perdre le caractère exceptionnel au motif de la régularisation par le travail ;
- n'a pas été précédée d'un examen réel et complet de sa situation ;
- est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
l'obligation de quitter le territoire français :
- est entachée d'incompétence ;
- est illégale par voie de conséquence de l'illégalité du refus de titre de séjour ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
la décision fixant le pays d'éloignement :
- est entachée d'incompétence ;
- est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 septembre 2023, la préfète de l'Allier conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Une ordonnance en date du 15 mars 2024 a fixé la clôture d'instruction au 3 avril 2024.
La demande d'aide juridictionnelle présentée par M. B a été rejetée par une décision du 7 juin 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-tunisien du 17 juin 1988 en matière de séjour et de travail ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Jurie ;
- et les observations de Me Gauché, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. Par des décisions en date du 3 avril 2023, la préfète de l'Allier a refusé de délivrer un titre de séjour à M. B, ressortissant tunisien, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office. Le requérant demande l'annulation de ces décisions.
Sur la légalité du refus de titre de séjour :
2. La décision attaquée est signée par M. Sanz, secrétaire général de la préfecture de l'Allier, qui bénéficiait d'une délégation de signature selon un arrêté du 6 mars 2023 de la préfète de l'Allier, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de ladite préfecture, à l'effet de signer tous arrêtés et décisions relevant des attributions de l'Etat dans le département de l'Allier à l'exception d'actes au nombre desquels ne figurent pas les décisions relatives au droit au séjour des ressortissants étrangers ainsi qu'à leur éloignement. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire du refus de titre de séjour attaqué doit être écarté.
3. Il ressort des mentions mêmes de la décision en litige que si la préfète de l'Allier a relevé que M. B avait obtenu un emploi en se prévalant d'une carte d'identité de ressortissant belge, cet élément d'appréciation est évoqué, parmi d'autres, au vu de l'ensemble desquels il a été retenu qu'il ne justifiait pas de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels permettant son admission au séjour. Dès lors, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la préfète de l'Allier a commis une erreur de droit au seul motif que l'utilisation d'une fausse carte d'identité n'est pas suffisante pour faire perdre le caractère exceptionnel au motif de la régularisation par le travail.
4. Il ressort des mentions de la décision attaquée que pour refuser de délivrer un titre de séjour à M. B, la préfète de l'Allier a décidé, à l'issue d'une analyse globale de sa situation, de ne pas faire usage de son pouvoir d'appréciation pour régulariser sa situation administrative sur le territoire français. Dans ces conditions, contrairement à ce que soutient le requérant, l'autorité préfectorale a bien examiné, dans le cadre du pouvoir discrétionnaire dont elle dispose, la demande de régularisation qui lui était soumise par M. B au titre de son activité professionnelle. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen réel et complet doit être écarté.
5. Le requérant expose qu'il justifie d'une ancienneté de travail de 33 mois ; que son employeur est satisfait de ses compétences et de son travail ; que, compte tenu de ses qualités professionnelles, son employeur souhaite le maintenir à son poste, lorsque sa situation sera régularisée ; qu'il est inséré dans la société française, justifiant du niveau requis en langue française ; qu'il est bénévole aux Restaurants du cœur et que sa fille aînée est scolarisée en France. Toutefois, M. B ne conteste pas les mentions de la décision en litige selon lesquelles il a illégalement obtenu un emploi salarié ainsi qu'un logement social en se prévalant d'une carte d'identité belge et a été placé en congé sans solde par son employeur depuis le mois de janvier 2023. En outre, il ressort des mentions également non contestées de la décision en litige que l'épouse de l'intéressé est de nationalité marocaine et séjourne irrégulièrement sur le territoire français. Enfin, la scolarisation de la fille de M. B à l'école élémentaire Léonard de Vinci de Moulins alors qu'il n'est pas établi, ni même allégué, qu'elle ne pourrait pas être scolarisée dans son pays d'origine, ne fait pas, par elle-même et à elle seule, obstacle à la reconstitution de la cellule familiale du requérant hors de France. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision de refus de titre de séjour serait entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Sur la légalité de l'obligation de quitter le territoire français :
6. Compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré de l'exception d'illégalité du refus de titre de séjour soulevé contre l'obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
7. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'obligation de quitter le territoire français doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 2 du présent jugement.
8. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 5 du présent jugement, l'obligation de quitter le territoire en litige ne peut être regardée comme ayant porté au droit au respect de la vie privée et familiale de M. B une atteinte disproportionnée par rapport aux buts poursuivis par cette mesure. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'autorité préfectorale, en prenant la décision susmentionnée, aurait méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales selon lesquelles " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
Sur la légalité de la décision fixant le pays d'éloignement :
9. Compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français soulevé contre la décision fixant le pays d'éloignement d'office doit être écarté.
10. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision fixant le pays d'éloignement d'office doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 2 du présent jugement.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées et, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète de l'Allier.
Délibéré après l'audience du 4 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Caraës, présidente,
M. Jurie, premier conseiller,
Mme Bollon, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2024.
Le rapporteur,
G. JURIE
La présidente,
R. CARAËS
La greffière,
F. LLORACH
La République mande et ordonne à la préfète de l'Allier en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026