jeudi 3 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2301697 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | AMELA-PELLOQUIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 juillet 2023, l'association France nature environnement Puy-de-Dôme, représentée par Me Amela-Pelloquin, l'association France nature environnement Auvergne-Rhône-Alpes, l'association One Voice, l'association Ligue pour la protection des oiseaux Auvergne-Rhône-Alpes, l'association Agir pour le vivant et les espèces sauvages (AVES) et l'association Animal Cross demandent au juge des référés :
1°) de suspendre, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de l'arrêté n° 20231127 du 30 juin 2023 par lequel le préfet du Puy-de-Dôme a autorisé l'exercice de la vénerie sous terre du blaireau du 7 juillet 2023 au 15 janvier 2024 dans le département du Puy-de-Dôme ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à chacune d'entre elles en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- leur requête est recevable ;
- sur la condition d'urgence : il y a urgence à suspendre l'arrêté en litige dès lors que l'exercice de la vénerie sous terre porte atteinte aux intérêts qu'elle défend, à savoir le bien-être animal et la protection de la biodiversité ; cette atteinte est immédiate dès lors que l'ouverture de la période complémentaire de vénerie sous terre est le 7 juillet 2023 ; l'atteinte aux intérêts qu'elles défendent est grave au sens de la jurisprudence ; aucun intérêt public ne s'oppose à la suspension de l'arrêté ;
- sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée : la consultation de la commission départementale de la chasse et de la faune sauvage est intervenue en méconnaissance des dispositions de l'article R. 133-8 du code des relations entre le public et l'administration ; l'arrêté a été adopté à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que la note de présentation accompagnant la consultation du public relative à l'arrêté attaqué ne répond pas aux exigences mentionnées à l'article L. 123-19-1 du code de l'environnement ; la preuve d'une atteinte à l'équilibre agro-sylvo-cynégétique requise par l'article R. 424-5 du code de l'environnement n'est pas rapportée par le préfet ; le préfet a méconnu les articles L. 420-1 et R. 425-4 du code de l'environnement en portant atteinte au principe de prélèvement raisonnable et à l'objectif d'équilibre agro-sylvo-cynégétique ; le préfet n'a pas recherché de solutions alternatives satisfaisantes ; l'arrêté a été pris en méconnaissance des dispositions de l'article L. 424-10 du code de l'environnement et est entaché d'une erreur de droit ; l'arrêté est illégal en raison de l'illégalité dont est entaché l'article R. 424-5 du code de l'environnement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 juillet 2023, le préfet du Puy-de-Dôme conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie ;
- aucun des moyens soulevés à l'encontre de l'arrêté en litige n'est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de cet arrêté.
Vu :
- la requête enregistrée le 13 juillet 2023 sous le numéro 2301694 par laquelle l'association France nature environnement Puy-de-Dôme, l'association France nature environnement Auvergne-Rhône-Alpes, l'association One Voice, l'association Ligue pour la protection des oiseaux Auvergne-Rhône-Alpes, l'association Agir pour le vivant et les espèces sauvages (AVES) et l'association Animal Cross demandent l'annulation de l'arrêté en litige ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- l'arrêté du 18 mars 1982 relatif à l'exercice de la vénerie ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Debrion, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 1er août 2023 à 11h en présence de Mme Batisse, greffière d'audience :
- le rapport de M. Debrion, juge des référés,
- les observations de Me Amela-Pelloquin, avocate de l'association France nature environnement Puy-de-Dôme, représentant unique de l'ensemble des associations requérantes, qui a repris le contenu des écritures de la requête ;
- et les observations de M. A, représentant le préfet du Puy-de-Dôme, qui a repris le contenu des écritures contenues dans le mémoire en défense et a insisté sur le fait que la condition d'urgence n'était pas remplie.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté en date du 30 juin 2023, le préfet du Puy-de-Dôme a autorisé l'exercice de la vénerie sous terre du blaireau du 7 juillet 2023 au 15 janvier 2024 dans le département du Puy-de-Dôme. Par la présente requête, l'association France nature environnement Puy-de-Dôme, l'association France nature environnement Auvergne-Rhône-Alpes, l'association One Voice, l'association Ligue pour la protection des oiseaux Auvergne-Rhône-Alpes, l'association Agir pour le vivant et les espèces sauvages (AVES) et l'association Animal Cross demandent au juge des référés, statuant en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin de suspension :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
En ce qui concerne l'urgence :
3. Il résulte des dispositions citées au point précédent que la possibilité pour le juge des référés d'ordonner la suspension de l'exécution d'une décision administrative est subordonnée notamment à la condition qu'il y ait urgence. Lorsque le juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative, recherche si la condition d'urgence est remplie, il lui appartient de rapprocher d'une part, les motifs invoqués par les requérants pour soutenir qu'il est satisfait à cette condition et, d'autre part, la diligence avec laquelle ils ont, par ailleurs, introduit ces conclusions. En l'absence de circonstances particulières tenant, notamment, à l'évolution de la situation de droit ou de fait postérieurement à l'introduction de la requête, ce rapprochement peut conduire le juge des référés à estimer que la demande de suspension ne satisfait pas à la condition d'urgence.
4. L'arrêté du préfet du Puy-de-Dôme du 30 juin 2023 autorise, dans le département, l'exercice de la vénerie sous terre du blaireau, chasse qui consiste à capturer, par déterrage, l'animal acculé dans son terrier par des chiens qui y ont été introduits, l'animal étant ensuite saisi au cou, à une patte ou au tronc, par des pinces non vulnérantes avant d'être mis à mort par une arme. Eu égard à son objet, l'autorisation contestée comporte des effets irréversibles qui portent une atteinte grave et immédiate aux intérêts que les associations requérantes défendent, à savoir, notamment, la protection de la biodiversité. De plus, il ne résulte pas de l'instruction qu'un intérêt public s'opposerait, dans le département du Puy-de-Dôme, à la suspension de l'exécution de l'autorisation contestée, le préfet n'établissant notamment pas l'existence des dégâts qui seraient causés par les blaireaux à l'échelle de ce territoire. Compte tenu de ces éléments et dès lors que l'autorisation attaquée a pris effet le 7 juillet 2023, la condition relative à l'urgence exigée à l'article L. 521-1 du code de justice administrative doit être regardée comme remplie.
En ce qui concerne le doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté contesté :
5. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 123-19-1 du code de l'environnement est de nature, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté en litige.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les associations requérantes sont fondées à demander la suspension de l'exécution de l'arrêté n° 20231127 du 30 juin 2023 par lequel le préfet du Puy-de-Dôme a autorisé l'exercice de la vénerie sous terre du blaireau du 7 juillet 2023 au 15 janvier 2024 dans le département du Puy-de-Dôme.
Sur les frais liés au litige :
7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de l'arrêté n° 20231127 du 30 juin 2023 par lequel le préfet du Puy-de-Dôme a autorisé l'exercice de la vénerie sous terre du blaireau du 7 juillet 2023 au 15 janvier 2024 dans le département du Puy-de-Dôme est suspendue.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à l'association France nature environnement Puy-de-Dôme, représentant unique de l'ensemble des associations requérantes, et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée au préfet du Puy-de-Dôme.
Fait à Clermont-Ferrand, le 3 août 2023.
Le juge des référés,
J-M. DEBRION
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
N°2301697
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026