vendredi 28 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2301803 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | FRERY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 26 juillet 2023, M. A B, représenté par Me Fréry, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 16 juin 2023 par lequel la préfète de l'Allier lui a refusé le séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;
2°) d'annuler la décision du 16 juin 2023, notifiée le 26 juillet 2023 à 14h00, par laquelle la préfète de l'Allier l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;
3°) d'enjoindre à la préfète de l'Allier de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours sous astreinte, de procéder à un nouvel examen de sa demande et de lui délivrer dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les arrêtés en litige méconnaissent l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; ils portent une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale ;
En ce qui concerne le refus de séjour :
- il est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'un défaut d'examen de sa situation ;
- il méconnait l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français à destination de son pays d'origine :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale par exception d'illégalité de la décision portant refus de séjour ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;
- elle méconnait l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est illégale par exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle l'empêchera d'obtenir un visa pour venir travailler en France ;
- elle porte une atteinte excessive à sa vie privée et familiale ;
En ce qui concerne l'assignation à résidence :
- elle est illégale par exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juillet 2023, la préfète de l'Allier conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code civil ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Jaffré, première conseillère, pour statuer en application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 28 juillet 2023 à 10h30 en présence de Mme Sudre, greffière d'audience, Mme Jaffré a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Fréry, représentant M. B, qui demande au tribunal le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire et reprend les termes de ses écritures. Il soutient en outre que la mesure d'éloignement est entachée d'un défaut d'examen de sa situation dont les conséquences sont importantes du fait de l'obstacle qu'elle représente à l'obtention de son diplôme alors qu'il est inscrit en dernière année. Pour les mêmes motifs, l'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans est disproportionnée au regard des conséquences sur ses études, faisant obstacle à toute obtention de visa pour terminer ses études.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant malien, est entré irrégulièrement en France selon ses déclarations le 1er janvier 2019 et a été placé à l'aide sociale à l'enfance par un jugement du tribunal de grande instance de Moulins du 23 mai 2019. Par un arrêté du 28 février 2020, confirmé par un jugement du tribunal administratif de Clermont-Ferrand du 15 décembre 2020 et par un arrêt de la cour administrative d'appel de Lyon du 19 mai 2022, le préfet de l'Allier lui a refusé le séjour et a prononcé à son encontre une mesure d'éloignement. M. B a déposé une nouvelle demande de titre de séjour en juillet 2022. Par un arrêté du 16 juin 2023, la préfète de l'Allier l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi, et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. Par une décision du même jour, la même autorité l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de ces actes.
Sur la portée de l'arrêté en litige :
2. Bien qu'il n'est pas mentionné dans le dispositif de l'arrêté en litige que la demande de titre de séjour présentée par M. B en juillet 2022, la préfète de l'Allier a bien examiné la demande précitée dans les motifs de l'arrêté et ne peut être regardée que comme ayant refusé de faire droit à cette demande. Ainsi, l'arrêté en litige, en plus de contenir une décision portant obligation de quitter le territoire français, une décision fixant le pays de destination, et une décision portant interdiction de retour sur le territoire français, contient bien également une décision portant refus de séjour.
Sur l'étendue du litige :
3. Il appartient au magistrat désigné de ne se prononcer que sur les conclusions dirigées contre les décisions portant obligation de quitter le territoire français, fixation du pays de destination, interdiction de retour sur le territoire français et assignation à résidence. Les conclusions relatives à la décision portant refus de séjour doivent quant à elles être renvoyées à une formation collégiale dès lors que l'obligation de quitter le territoire français en litige a été prise sur le fondement du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
4. Il résulte des pièces du dossier que M. B a présenté une demande de titre de séjour sur le fondement des article L. 435-1 et L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en faisant valoir son parcours de formation et en particulier le fait qu'il avait réussi, depuis qu'il a été pris en charge en 2019 par le service d'aide sociale à l'enfance, à obtenir un CAP en juin 2020 et à valider une année de lycée pour la préparation d'un bac professionnel métiers " commerce et vente ". Il ressort des pièces du dossier qu'il a justifié auprès de la préfecture de son assiduité et des appréciations élogieuses de l'équipe pédagogique sur les deux semestres de l'année 2021/2022. Ces éléments devaient être pris en compte pour considérer les conséquences de l'édiction de la mesure d'éloignement litigieuse sur la situation du requérant. Il ne résulte pas des pièces du dossier et en particulier des termes de la décision portant obligation de quitter le territoire français que ces éléments de la situation du requérant auraient été examinés. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'illégalité.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la décision d'obligation de quitter le territoire français du 16 juin 2023 doit être annulée. Par voie de conséquence, les décisions du même jour portant fixation du pays d'origine et interdiction de retour sur le territoire français, ainsi que l'arrêté portant assignation à résidence du 16 juin 2023 doivent être annulés.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
6. Aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en vigueur à la date du présent jugement : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 721-6, L. 721-7, L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas ".
7. Eu égard aux motifs qui la fondent, l'exécution de l'annulation prononcée ci-dessus implique que la préfète de l'Allier procède au réexamen de la situation du requérant dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il y a également lieu, en application de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, d'enjoindre au préfet de l'Allier de délivrer immédiatement une autorisation provisoire de séjour à M. B.
8. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais d'instance :
9. Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de prononcer l'admission provisoire de M. B à l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Fréry, avocate de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Fréry de la somme de 900 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 900 euros sera versée à M. B.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : L'examen des conclusions à fin d'annulation de la décision du 16 juin 2023 par laquelle la préfète de l'Allier a refusé de délivrer un titre de séjour à M. B ainsi que des conclusions qui en constituent l'accessoire est renvoyé à une formation collégiale du tribunal.
Article 3 : Les décisions du 16 juin 2023 portant obligation de quitter le territoire français fixation du pays d'origine et interdiction de retour sur le territoire français, ainsi que l'arrêté portant assignation à résidence du 16 juin 2023 sont annulés.
Article 4 : Il est enjoint à la préfète de l'Allier de procéder au réexamen de la situation de M. B dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer immédiatement une autorisation provisoire de séjour.
Article 5 : Sous réserve de l'admission définitive de M. B à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Fréry renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Fréry, avocate de M. B, une somme de 900 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. B par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 900 euros lui sera versée.
Article 6 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète de l'Allier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juillet 2023.
La magistrate désignée,
M. JAFFRELa greffière,
I. SUDRE
La République mande et ordonne à la préfète de l'Allier, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.JC
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026