jeudi 19 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2301859 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | BREDON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 2 août 2023 et le 21 février 2024, M. A C, représenté par Me Bredon, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 13 juin 2023 par laquelle la directrice générale de l'Office national des anciens combattants et des victimes de guerre a rejeté sa demande tendant à l'octroi d'une aide sur le fondement du décret n° 2018-1320 du 28 décembre 2018 ;
2°) d'enjoindre à l'Office national des anciens combattants et des victimes de guerre de réexaminer sa demande ;
3°) de mettre à la charge de l'Office national des anciens combattants et des victimes de guerre la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence de l'auteur de l'acte ;
- elle est entachée d'erreur de droit dès lors qu'elle se fonde sur une version erronée du décret n° 2018-1320 ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que l'Office n'a pas recherché si le requérant avait séjourné dans une structure listée en annexe du décret n° 2022-394 du 18 mars 2022 ; il a résidé dans les structures de Largentière et Largentière, centre d'accueil de Neuilly-Nemours.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 mai 2024, l'Office national des anciens combattants et des victimes de guerre conclut au rejet de la requête
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
M. C a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 décembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 2018-1320 du 28 décembre 2018 ;
- le décret n° 2022-394 du 18 mars 2022 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bentéjac, présidente ;
- les conclusions de Mme Luyckx, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C demande l'annulation de la décision du 13 juin 2023 par laquelle la directrice générale de l'Office national des anciens combattants et des victimes de guerre a rejeté sa demande tendant à l'octroi d'une aide sur le fondement du décret n° 2018-1320 du 28 décembre 2018.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 3 du décret du 28 décembre 2018 instituant un dispositif d'aide à destination des enfants d'anciens harkis, moghaznis et personnels des diverses formations supplétives de statut civil de droit local et assimilés : " La décision d'attribution de l'aide est prise, dans la limite des crédits prévus à ce titre au budget de l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre, par le directeur général de l'Office, après instruction du service départemental ou territorial compétent. () ".
3. La décision en litige est signée par Mme B D, directrice générale de l'Office national des anciens combattants et des victimes de guerre, laquelle a été nommée par un décret du 21 août 2019 publié au journal officiel de la république française du 22 août 2019. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision du 13 juin 2023 doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 1er du décret du 28 décembre 2018 instituant un dispositif d'aide à destination des enfants d'anciens harkis, moghaznis et personnels des diverses formations supplétives de statut civil de droit local et assimilés : " Les enfants d'anciens harkis, moghaznis et personnels des diverses formations supplétives de statut civil de droit local et assimilés, qui ont séjourné pendant au moins quatre-vingt-dix jours dans l'une des structures dont la liste est fixée en annexe au décret n° 2022-394 du 18 mars 2022 relatif à la commission nationale indépendante de reconnaissance et de réparation des préjudices subis par les harkis, les autres personnes rapatriées d'Algérie anciennement de statut civil de droit local et les membres de leurs familles, à la suite du rapatriement de leur famille sur le territoire national, et qui résident en France de manière stable et effective, peuvent demander, jusqu'au 31 décembre 2022, une aide de solidarité lorsque leurs ressources ne leur permettent pas de s'acquitter de dépenses ayant un caractère essentiel dans les domaines de la santé, du logement ou de la formation et de l'insertion professionnelle. () ".
5. Il ressort des termes de la décision attaquée que la demande de M. C a été rejetée au motif que ce dernier n'a pas " séjourné dans un camp ou hameau repris dans la liste des camps et hameaux de forestage annexée au décret susvisé ". Ainsi, ce faisant, la décision n'est pas entachée d'erreur de droit.
6. En dernier lieu, M. C, fils de harki, soutient que la décision en litige est entachée d'erreur manifeste d'appréciation. Il indique avoir résidé dans des structures ouvrant droit à l'aide en cause, à savoir, celles de Largentière et Largentière, centre d'accueil de Neuilly-Nemours, en Ardèche. Si ces deux structures figurent effectivement au nombre de celles ouvrant droit au dispositif prévu par le décret précité du 28 décembre 2018, le requérant ne produit toutefois aucune pièce permettant d'attester de son séjour dans celles-ci alors que l'Office national des anciens combattants et des victimes de guerre produit une attestation du 11 mai 1983 selon laquelle le père du requérant a regagné la métropole le 19 novembre 1964, une fiche d'identification du 20 novembre 1964 mentionnant une adresse de l'intéressé à Treguel et un avis de transfert du 7 janvier 1965 indiquant un changement d'adresse du centre d'accueil Le Pouzin pour Vichy. Ainsi, le requérant, par ses seules allégations, n'établit pas avoir séjourné dans l'une des structures listées en annexe du décret n° 2022-394 précité.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées. Le rejet des conclusions aux fins d'annulation entraîne celui, par voie de conséquence, des conclusions aux fins d'injonction et de celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à l'Office national des anciens combattants et des victimes de guerre.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bentéjac, présidente,
M. Debrion, premier conseiller,
M. Nivet, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2024.
La présidente-rapporteure,
C. BENTÉJACL'assesseur le plus ancien,
J.-M. DEBRIONLa greffière,
C. PETIT
La République mande et ordonne au ministre des armées, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2301859
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026