vendredi 11 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2301933 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 août 2023, M. A B, représenté par Me Souidi, demande au juge des référés :
1°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui délivrer un récépissé attestant du dépôt de sa demande de carte de séjour en sa qualité de conjoint de français et de répondre, dans un délai d'un mois, à sa demande de renouvellement de son titre de séjour portant la mention " étudiant ", le tout sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat les entiers dépens ainsi que la somme de 1 400 euros au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
Il soutient que :
- la mesure demandée présente un caractère d'urgence et d'utilité dès lors qu'il a déposé le 18 décembre 2022 une demande de renouvellement de son titre de séjour " étudiant ", qu'il n'a reçu aucune réponse quant à la complétude de son dossier de demande ou la délivrance éventuelle du titre de séjour sollicité, et qu'il doit justifier de la régularité de son séjour pour s'inscrire à une nouvelle formation diplômante ;
- il ne fait l'objet d'aucune mesure d'éloignement ni d'aucune décision à laquelle la mesure sollicitée pourrait faire obstacle ;
- sa demande ne se heurte à aucune contestation sérieuse dès lors qu'il remplit les conditions pour bénéficier du renouvellement de son titre de séjour " étudiant ".
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Panighel, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ". Il résulte de ces dispositions que le juge des référés, saisi d'une demande sur le fondement de ces dispositions, peut prescrire toutes mesures ayant un caractère provisoire ou conservatoire, à condition que ces mesures soient utiles, justifiées par l'urgence, ne fassent obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.
2. Aux termes de l'article L. 522-3 du code de justice administrative : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
3. En premier lieu, M. B ne produit aucun élément au dossier permettant d'établir qu'il a saisi le préfet du Puy-de-Dôme d'une demande de titre de séjour en qualité de conjoint de français. Dans ces conditions, sa demande tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer un récépissé attestant du dépôt de sa demande de délivrance d'une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale - conjoint de français " est dépourvue d'utilité.
4. En second lieu, aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. ". Aux termes de l'article R. 422-5 de ce code : " La décision du préfet sur la demande de délivrance de la carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " prévue aux articles L. 422-1 ou L. 422-2, ou de la carte de séjour temporaire ou pluriannuelle portant la mention " étudiant-programme de mobilité " prévue aux articles L. 422-5 ou L. 422-6 est notifiée par écrit à l'étranger dans les meilleurs délais et au plus tard dans les quatre-vingt-dix jours à compter de la date d'introduction de la demande complète. / Par dérogation à l'article R. 432-2, le silence gardé par l'autorité administrative sur la demande fait naître une décision implicite de rejet au terme d'un délai de quatre-vingt-dix jours. ".
5. M. B justifie avoir présenté, le 18 décembre 2022, une demande de renouvellement de sa carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " en produisant l'attestation de confirmation du dépôt de cette demande délivrée par le préfet du Puy-de-Dôme. En vertu des dispositions combinées des articles R. 432-1 et R. 422-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le silence gardé par l'administration sur cette demande a fait naître une décision implicite de rejet à l'expiration du délai de 90 jours courant à compter de la date de son enregistrement. Dans ces conditions, la demande de M. B tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet du Puy-de-Dôme de répondre, dans un délai d'un mois, à sa demande de renouvellement de son titre de séjour " étudiant " est susceptible de faire obstacle à l'exécution de cette décision implicite de rejet.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions du requérant, y compris celles relatives aux dépens et aux frais liés au litige, doivent être rejetées en application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
.
Fait à Clermont-Ferrand, le 11 août 2023.
Le juge des référés,
L. PANIGHEL
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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