vendredi 11 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2301937 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 août 2023, Mme A B demande au juge des référés d'enjoindre au centre hospitalier universitaire de Clermont-Ferrand, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du 28 juillet 2023 par laquelle la directrice générale par intérim du centre hospitalier universitaire de Clermont-Ferrand a refusé de la placer en disponibilité pour suivi de conjoint à compter du 17 août 2023 pour une durée de trois ans.
Elle soutient que :
- elle justifie d'une situation d'urgence dès lors qu'elle est sans domicile et en situation précaire à compter du 17 août, date à laquelle sa famille composée de son conjoint et leurs deux enfants, dont un âgé de onze mois qu'elle allaite, doit quitter son logement pour déménager en Corse ; son conjoint commence son emploi le 1er septembre 2023 et elle doit être à son nouveau poste le 28 août 2023 ;
- la décision attaquée est illégale dès lors que le placement en disponibilité pour suivi de conjoint est de droit et qu'il n'est pas soumis à préavis ; le centre hospitalier universitaire abuse de sa position et se cache derrière des nécessités de service pour faire valoir une décision illégale.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête, enregistrée le 9 août 2023 sous le numéro 2301935 par laquelle Mme B demande l'annulation de la décision attaquée ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Panighel, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, aide-soignante au centre hospitalier universitaire de Clermont-Ferrand, a, par un courrier du 19 juillet 2023, sollicité de la direction des ressources humaines de cet établissement de santé son placement, à compter du 17 août 2023, en disponibilité pour une durée de trois ans. Par une décision du 28 juillet 2023, la directrice générale par intérim du centre hospitalier universitaire de Clermont-Ferrand a refusé de la placer en disponibilité à compter du 17 août 2023 et l'a informée de ce que son placement en disponibilité pouvait être reporté à la date du 17 septembre 2023. Mme B doit être regardée comme demandant au juge des référés d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. () ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
3. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé des mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction, ni audience, lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4. Pour justifier de l'urgence que présenterait la suspension de la décision en litige, Mme B soutient qu'elle doit quitter son logement à compter du 17 août 2023, date de fin du bail, afin de déménager en Corse, où son partenaire de Pacs est employé à partir du 1er septembre 2023 (Ajaccio). Elle fait valoir à ce titre qu'à compter du 17 août 2023, ses deux enfants et son partenaire sont obligés de partir afin de déménager en Corse, qu'elle doit être " à son nouveau poste " le 28 août 2023 et qu'à compter du 17 août 2023, elle sera sans domicile et en situation précaire alors qu'elle ne peut pas être séparée de son enfant âgé de onze mois qu'elle allaite.
5. Toutefois, la décision en litige doit être regardée comme faisant droit à sa demande de placement en disponibilité pour suivi de conjoint en reportant toutefois l'effectivité de ce placement au 17 septembre 2023. Les effets de cette décision sur la situation de la requérante n'ont ainsi vocation à s'appliquer qu'au cours de la période du 17 août au 17 septembre 2023. Si l'intéressée soutient qu'elle doit prendre de nouvelles fonctions à compter du 28 août 2023, elle ne produit aucun élément permettant d'établir la réalité de ses allégations et ne précise pas, au demeurant, le lieu d'exercice de cet emploi. Elle ne produit pas davantage d'éléments permettant de corroborer ses allégations quant à la fin d'effet du bail de son logement situé à Lignat (Puy-de-Dôme), ni de la date effective de départ de son conjoint en direction de la Corse. Par ailleurs, pour justifier du recrutement de son partenaire de Pacs en Corse, la requérante produit seulement un courrier du 19 juillet 2023 informant ce dernier de la confirmation de son engagement en contrat à durée indéterminée avec date d'entrée au sein de la société à compter du 1er septembre 2023, et invitant ce dernier à lui retourner une copie de ce courrier avant le 1er août 2023 précédée de la mention " lu et approuvé, Bon pour accord ". Aucun élément du dossier ne permet de s'assurer de l'acceptation, par le partenaire de Mme B, des conditions proposées par cette société. En tout état de cause, à supposer même que ce dernier prenne effectivement ses nouvelles fonctions à Ajaccio à compter du 1er septembre 2023, Mme B ne précise pas en quoi cette circonstance contraindrait ses enfants à la quitter avec leur père en Corse, en particulier son enfant âgé de onze mois. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier qu'au cours de la période comprise entre le 17 août et le 17 septembre 2023, au cours de laquelle Mme B ne sera pas privée de sa rémunération, elle serait dans l'impossibilité de trouver, à supposer même qu'elle doive effectivement quitter son logement actuel à compter du 17 août, une solution d'hébergement temporaire. Dans ces conditions, Mme B ne justifie pas de circonstances particulières de nature à caractériser une situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision qu'elle conteste soit suspendue.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête doivent être rejetées en application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.
Fait à Clermont-Ferrand, le 11 août 2023.
Le juge des référés,
L. PANIGHEL
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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