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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2301949

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2301949

jeudi 17 août 2023

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2301949
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantAD'VOCARE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée 11 août 2023, et un mémoire enregistré le 16 août 2023, M. A B, représenté par Ad'Vocare, Me Gauché, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté de la préfète de l'Allier, en date du 4 août 2023, notifié le

10 août 2023, portant renouvellement d'une assignation à résidence ;

2°) Subsidiairement, à titre de mesure d'instruction, d'enjoindre à la préfète de l'Allier de justifier des diligences relatives à l'exécution de la mesure d'éloignement et de la faisabilité de cette dernière dans le délai de 45 jours ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à Me Gauché en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que cette décision est entachée :

- d'incompétence de son signataire ;

- de défaut de motivation ;

- d'erreur de fait, de droit et " d'erreur manifeste d'appréciation " sur l'existence de perspectives raisonnables d'éloignement.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 août 2023, la préfète de l'Allier conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;

- le code de justice administrative.

La présidente du Tribunal administratif de Clermont-Ferrand a désigné Mme Luyckx, premier conseiller, pour statuer sur le litige.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu, au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 16 août 2023 à 14h00 :

- le rapport de Mme Luyckx, magistrate désignée,

- les observations de Me Gauché pour M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant algérien, demande l'annulation de l'arrêté en date du 4 août 2023 par lequel la préfète de l'Allier a renouvelé son assignation à résidence, débutée initialement par un arrêté du 29 juin 2023, en vue de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français dont il a fait l'objet par l'arrêté du 23 mai 2023.

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ".

3. M. B a déposé une demande d'aide juridictionnelle dont l'instruction est en cours. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre le requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants :1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ".

5. Il ressort de la décision attaquée que, pour justifier la mesure de renouvellement d'assignation en litige, la préfète de l'Allier s'est référée à l'obligation de quitter le territoire français qu'elle a prise à son encontre le 23 mai 2023, en se bornant à énoncer qu'il " peut donc être assigné à résidence sur le fondement du 1° de l'article L. 731-1 " du code, et que l'exécution de cette obligation " demeure une perspective raisonnable ". Alors qu'il est constant que la précédente mesure d'assignation n'a pas permis de l'éloigner à destination de l'Algérie, la préfète n'apporte aucun élément de nature à justifier cette nouvelle mesure au regard des diligences effectuées et des perspectives raisonnables d'éloignement dans un nouveau délai de quarante-cinq jours, dans un contexte diplomatique au demeurant peu favorable. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que l'arrêté du 4 août 2023 est entaché d'erreur de droit et doit être annulé sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens.

Sur les frais du litige :

6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme au bénéfice du requérant ou de son avocat en application des dispositions de l'article 37 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 ou de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : M. B est admis à l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : L'arrêté du 4 août 2023 assignant à résidence M. B est annulé.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète de l'Allier.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 août 2023

La magistrate désignée,

N. LUYCKX

Le greffier,

D. MORELIERE

La République mande et ordonne à la préfète de l'Allier, en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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