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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2302098

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2302098

mardi 16 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2302098
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationChambre 1

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 septembre 2023, M. B A, représenté par Me Khanifar demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 7 août 2023 du préfet du Puy-de-Dôme en tant qu'elle lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français ;

2°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer un certificat de résidence algérien d'un an sur le fondement de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement sous astreinte de 20 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros en application des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les décisions attaquées sont entachées de nullité dès lors que le délai de quinze jours pour saisir la juridiction administrative est erroné et qu'aucune information prévue au code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'a été délivrée ;

- le préfet ne s'est pas interrogé sur sa situation entre le 29 mars 2022 et la date de la décision attaquée ;

- la décision portant refus de titre de séjour est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il rapporte la preuve de ses liens personnels et familiaux en France depuis près de huit ans ;

- la décision portant refus de titre de séjour est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur de droit dès lors que le préfet ne s'est pas interrogé sur le fait de savoir s'il entrait dans les dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

La procédure a été communiquée au préfet du Puy-de-Dôme qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Par une ordonnance du 8 janvier 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 24 janvier 2024.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 décembre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Bollon a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant algérien né le 30 mai 1978, est entré sur le territoire français le 27 août 2014. Le 2 mai 2022, il a sollicité la délivrance d'un certificat de résidence algérien. Par une décision du 7 août 2023, le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de lui délivrer le certificat sollicité, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé son pays de renvoi. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cette décision en tant qu'elle lui refuse la délivrance d'un certificat de résidence algérien et l'oblige à quitter le territoire français.

2. En premier lieu, si les conditions dans lesquelles sont notifiées les décisions administratives sont susceptibles, le cas échéant, de rendre inopposables les voies et délais de recours contentieux, elles restent en revanche, par elles-mêmes, sans incidence sur leur légalité. Par suite le moyen tiré de ce que " le délai de quinze jours est erroné " doit être écarté.

3. En deuxième lieu, en se bornant à soutenir qu' " aucune information prévue au code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'a été délivrée ", M. A n'assortit pas son moyen de précision permettant d'en apprécier son bien-fondé.

4. En troisième lieu, si le requérant soutient que le préfet ne s'est pas interrogé sur sa situation entre le 29 mars 2022, date de sa demande de titre de séjour, et le 7 août 2023, date de la décision en litige, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il aurait produit entre ces deux dates auprès des services de la préfecture des éléments qui auraient dû être pris en compte par le préfet à l'occasion de l'examen de sa demande de titre de séjour.

5. En quatrième lieu, si M. A soutient que le préfet du Puy-de-Dôme a commis une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses liens personnels et familiaux avec son père et de sa résidence habituelle en France depuis huit ans, il ne produit au dossier aucun élément au soutien de ses allégations et n'établit ainsi pas que le préfet du Puy-de-Dôme aurait porté une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale en prenant la décision en litige.

6. En cinquième lieu, si M. A soutient que le préfet du Puy-de-Dôme a commis une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile " en s'abstenant d'apprécier justement les pièces produites à la demande de titre de séjour ", il n'assortit pas son moyen de précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, et en tout état de cause, ce moyen doit être écarté.

7. En dernier lieu, il ne ressort pas de la décision portant obligation de quitter le territoire français attaquée que le préfet ne se serait pas " interrogé sur le fait de savoir si M. A entrait dans les dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ", article qui est, au demeurant, visé par la décision en litige. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.

8. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 7 août 2023 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme lui a refusé la délivrance d'un certificat de résidence algérien et l'a obligé à quitter le territoire français. Par suite, la requête de M. A doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles présentées au titre des frais liés au litige.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet du Puy-de-Dôme.

Délibéré après l'audience du 28 juin 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Caraës, présidente,

M. Jurie, premier conseiller,

Mme Bollon, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 juillet 2024.

La rapporteure,

L. BOLLON

La présidente,

R. CARAËS La greffière,

F. LLORACH

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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