mardi 10 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2302140 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | EL MOUKHTARI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 septembre 2023 et un mémoire enregistré le
3 octobre 2023, Mme B A, représentée par Me El Moukhtari, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 septembre 2023 par lequel la préfète du Rhône a décidé de sa remise aux autorités suédoises en vue de l'examen de sa demande d'asile ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône d'examiner sa demande, de lui délivrer une attestation de demande d'asile ainsi qu'un formulaire à remettre à l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides sans délai à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de condamner l'Etat aux dépens de l'instance.
Elle soutient que :
- la décision attaquée a été prise au terme d'une procédure irrégulière dès lors que le résumé de son entretien individuel est lacunaire, sommaire, ne comporte pas les éléments qui l'ont conduit à déposer une demande l'asile en France, qu'il n'est pas établi qu'il ait mené par une personne qualifiée en vertu du droit national, n'indique pas la catégorie de sa demande en méconnaissance de l'article 5 du règlement (UE) n°604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que la préfète n'a pris en compte ni sa détresse, ni la gravité de la mesure et le sentiment d'humiliation que la décision attaquée a généré chez elle.
Par deux mémoires en défense enregistrés le 3 octobre 2023, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des Etats membres par un ressortissant d'un pays tiers ou un apatride ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 4 octobre 2023 à 9H30, à laquelle la préfète du Rhône n'était ni présente, ni représentée :
- le rapport de Mme C ;
- Me El Moukhtari, avocat de Mme A et les observations de cette dernière, par l'intermédiaire d'une interprète en langue amharique, qui indique que sa demande d'asile a été rejetée par les autorités suédoises, et qu'une décision en ce sens en langue suédoise lui a été remise. Elle explique également être restée durant sept ans et six mois en Suède, où elle manquait de ressources financières et être venue en France pour disposer de meilleures conditions de vie.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante éthiopienne, est entrée irrégulièrement en France, selon ses déclarations, le 20 juillet 2023, et a présenté une demande d'asile. La consultation du fichier Eurodac a mis en évidence que la requérante a été identifiée en Suède où elle a sollicité l'asile par une demande du 20 mars 2016. Les autorités suédoises ont par suite été saisies,
le 31 juillet 2023, d'une demande de prise en charge en application de l'article 18 du règlement européen (UE) n° 604/2013 du Parlement et du Conseil du 26 juin 2013. Le 3 août 2023, les autorités suédoises ont expressément accepté de reprendre en charge l'intéressée, en application de l'article 25 du même règlement. Par un arrêté du 19 septembre 2023, la préfète du Rhône a décidé de la transférer vers la Suède comme étant l'Etat responsable de l'examen de sa demande de protection internationale. Par la présente requête, Mme A demande l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier, notamment du résumé de l'entretien individuel, dont l'intéressée a au demeurant eu connaissance comme l'atteste l'apposition de sa signature, que Mme A a bénéficié le 24 juillet 2023 d'un entretien individuel réalisé à la préfecture du Puy-de-Dôme. Cet entretien a été mené par un agent qualifié en vertu du droit national de la préfecture du Puy-de-Dôme, avec le concours d'un interprète en langue amharique, langue qu'elle a déclaré comprendre. Si la requérante évoque le caractère lacunaire du résumé de son entretien individuel et soutient qu'il ne comporte pas les éléments qui l'ont conduit à déposer une demande d'asile, il ressort toutefois des pièces du dossier que l'intéressée, qui pouvait présenter des observations durant cet entretien, n'en a présenté aucune. La seule circonstance que le résumé de l'entretien individuel n'indiquerait pas la catégorie dans laquelle la requérante serait enregistrée dans le système Eurodac n'entache pas la régularité de la procédure suivie et, partant la légalité de l'arrêté de transfert. Par suite, ce moyen doit être écarté.
3. En second lieu, en se bornant à soutenir que la préfète du Rhône n'a pas pris en compte sa détresse, ni la gravité de la mesure et le sentiment d'humiliation que la décision attaquée a généré chez elle, la requérante, qui n'apporte aucun élément précis et détaillé à l'appui de ses allégations, n'établit pas que la décision prise à son encontre serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
4. En dernier lieu et au surplus, si Mme A a soutenu lors de l'audience publique qu'elle était dépourvue de ressources en Suède où elle a vécu pendant plus de sept ans, cette circonstance, à la supposer établie, ne suffit pas à elle seule à établir l'illégalité de la décision prise à son encontre. Enfin, si Mme A indique qu'une décision de rejet de sa demande d'asile a été prise à son encontre par les autorités suédoises, l'existence de cette décision n'est pas établie. En tout état de cause, la requérante n'allègue ni n'établit que les autorités suédoises auraient, en conséquence de cette décision de rejet, prononcé à son encontre une mesure d'éloignement vers son pays d'origine, ni qu'elle aurait épuisé tous les recours contre les décisions prises par les autorités suédoises, qui ont par ailleurs expressément accepté de reprendre en charge l'intéressée.
5. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté en litige. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des dépens ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, et à la préfète du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2023.
La présidente,
S. C
Le greffier,
D. MORELIERE La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2302140
ZR
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026