vendredi 17 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2302345 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | DEAT-PARETI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 octobre 2023 et un mémoire enregistré le 15 novembre 2023, M. A B, représenté par Me Déat-Pareti, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 septembre 2023 par lequel le préfet du Cantal l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé d'office et l'a astreint à résider dans l'arrondissement d'Aurillac avec l'obligation de se présenter aux services de police d'Aurillac les lundis, mercredi et vendredis ;
2°) d'enjoindre au préfet du Cantal de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours, sous astreinte, et de procéder à un nouvel examen de sa demande et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale dès lors que la décision par laquelle l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté sa demande d'asile ne lui a pas été notifiée ; il n'est pas possible de déterminer si son recours à la procédure accélérée a été motivé par une des situations dans lesquelles le droit de se maintenir sur le territoire français cesse dès la décision de rejet de l'OFPRA ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de la vie privée et familiale en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il serait dangereux, pour son enfant qui a une santé fragile, de se trouver dans une situation précaire ; des membres de sa famille résident régulièrement sur le territoire français ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que cette mesure a pour effet d'entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité pour l'ensemble de sa famille, sa conjointe et son enfant ayant besoin d'un environnement stable et d'un suivi médical pour leur bien-être ;
Sur le délai de départ volontaire de trente jours :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que ce délai ne lui permet pas d'exercer son droit d'asile de manière effective et de clôturer sa demande d'asile ;
Sur la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est insuffisamment motivée, le rejet de sa demande d'asile par l'OFPRA ne constituant pas une motivation suffisante ;
- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales au regard des risques qu'il encourt en cas de retour dans son pays d'origine ;
Sur la décision portant assignation à résidence :
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences, de sa fréquence et du but poursuivi.
Par un mémoire en défense enregistré le 26 octobre 2023, le préfet du Cantal conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendu au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 15 novembre 2023 à 9h30, en présence de M. Morelière, greffier d'audience :
- le rapport de Mme C ;
- Me Déat-Pareti, avocat de M. B.
Le préfet du Cantal n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant serbe, est entré sur le territoire français le
4 octobre 2022 et s'est vu refuser le statut de réfugié par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 28 août 2023. Par un arrêté du
20 septembre 2023, le préfet du Cantal l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé d'office et l'a astreint à résider dans l'arrondissement d'Aurillac avec l'obligation de se présenter aux services de police les lundis, mercredis et vendredis. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, la décision en litige comporte, pour l'ensemble des décisions qu'elle édicte, les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ". Aux termes de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision./ Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci. ". Selon l'article L. 542-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : 1° Dès que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a pris les décisions suivantes : () d) une décision de rejet dans les cas prévus à l'article L. 531-24 et au 5° de l'article L. 531-27 ; () Les dispositions du présent article s'appliquent sous réserve du respect des stipulations de l'article 33 de la convention de Genève du 28 juillet 1951, et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.". Enfin, aux termes de l'article L. 531-24 du même code : " L'Office français de protection des réfugiés et apatrides statue en procédure accélérée dans les cas suivants : / 1° Le demandeur provient d'un pays considéré comme un pays d'origine sûr au sens de l'article L. 531-25 ; () ".
4. Il ressort des pièces du dossier que par une décision du 28 août 2023, l'OFPRA a statué sur la demande de M. B en procédure accélérée sur le fondement de l'article L. 531-24 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité, dans la mesure où le requérant est ressortissant de la Serbie, pays considéré comme d'origine sûr. Il s'ensuit qu'à la date de la décision attaquée, le droit de l'intéressé au maintien sur le territoire français avait, en application des dispositions précitées, pris fin. A cet égard, si le requérant fait valoir qu'il est néanmoins impossible de vérifier si le recours à la procédure accélérée a été motivé par une des situations dans lesquelles son droit au maintien sur le territoire cesse dès la décision de rejet de l'OFPRA, il n'apporte aucun début d'élément permettant de contredire l'appréciation de l'autorité préfectorale sur ce point.
5. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B est entré récemment en France le 4 octobre 2023. Par ailleurs, il ne fait état d'aucun élément permettant de démontrer l'existence de liens personnels et familiaux anciens, stables et intenses sur le territoire français. En outre, s'il se prévaut de la présence régulière de membres de sa famille sur le territoire français, il ne l'établit pas et n'établit pas davantage que la cellule familiale ne pourrait pas se reconstituer en Serbie, sa compagne faisant également l'objet d'une mesure d'éloignement édictée le même jour. Dans ces conditions, le requérant, qui n'allègue ni n'établit être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine, n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté en litige porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
7. Si M. B fait valoir qu'il encourt des risques en cas de retour dans son pays d'origine, il n'apporte devant le tribunal aucun élément probant ou significatif de nature à démontrer le bien-fondé de ses allégations lesquelles ont été par ailleurs examinées par l'Office de protection des réfugiés et apatrides. En tout état de cause, il ne démontre pas davantage qu'il ne pourrait pas bénéficier d'une protection de la part des autorités dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
8. En cinquième lieu, et au regard de tout ce qui a été dit précédemment, le moyen tiré de ce que l'arrêté en litige est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation doit être écarté. En outre, si M. B fait valoir que la décision portant assignation est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences, de sa fréquence et du but poursuivi, il n'apporte aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé.
9. En sixième lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'illégalité de la décision portant assignation à résidence par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
10. Il résulte de toute ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 20 septembre 2023. Le rejet des conclusions à fin d'annulation entraîne, par voie de conséquence, le rejet de ses conclusions aux fins d'injonctions, d'astreinte et de celles présentées en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Cantal.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 novembre 2023.
La présidente,
S. C Le greffier,
D. MORELIERE
La République mande et ordonne au préfet du Cantal en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.AA
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026