vendredi 17 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2302407 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | PIGNAUD EMILIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête sommaire enregistrée le 13 octobre 2023 et un mémoire enregistré le 14 novembre 2023, M. G F, représenté par Me Pignaud, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 28 septembre 2023 par lequel la préfète du Rhône a décidé de sa remise aux autorités croates en vue de l'examen de sa demande d'asile ;
3°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de recevoir sa demande d'asile.
Il soutient que :
- l'arrêté est entaché d'incompétence ;
- il est insuffisamment motivé en fait et en droit ;
- il est illégal dès lors qu'il n'a jamais sollicité l'asile en Croatie ; il a été contraint de donner ses empreintes aux autorités croates ;
- il est entaché d'un défaut d'examen approfondi et personnalisé de sa situation ;
- il est entaché d'une erreur de droit ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des conditions d'accueil des demandeurs d'asile en Croatie ;
- il a été pris en méconnaissance du principe du respect des droits de la défense ;
- il méconnaît l'intérêt supérieur de l'enfant ;
- il méconnaît les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 novembre 2023, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
M. F a déposé une demande d'aide juridictionnelle le 13 octobre 2023.
Vu les autres pièces des dossiers ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du
26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des Etats membres par un ressortissant d'un pays tiers ou un apatride ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendu au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 15 novembre 2023 à 9h30, en présence de M. Morelière, greffier d'audience :
- le rapport de Mme H ;
- M. F assisté par téléphone de M. E, interprète en langue pachto, qui fait valoir qu'il préfère que les autorités françaises, qu'il estime " plus compétentes ", examinent sa demande d'asile mais qu'il a été contraint de donner ses empreintes aux autorités croates.
La préfète du Rhône n'était ni présente, ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. F, ressortisant afghan, est entré irrégulièrement en France le 13 août 2023 et a sollicité l'asile auprès des autorités françaises. La consultation du fichier Eurodac a mis en évidence que M. F a sollicité l'asile auprès des autorités croates le 2 août 2023. Les autorités croates ont, par suite, été saisies le 11 septembre 2023, d'une demande de reprise en charge en application de l'article 18 du règlement européen (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013. Le 26 septembre 2023, les autorités croates ont implicitement accepté de reprendre en charge M. F. Par un arrêté du 28 septembre 2023, la préfète du Rhône a décidé de le transférer vers la Croatie pour l'examen de sa demande d'asile. Par la présente requête, M. F demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué du 28 septembre 2023, a été signé par Mme D A, adjointe à la cheffe du pôle régional Dublin, titulaire d'une délégation de signature à cet effet en cas d'absence ou d'empêchement de Mme B C, directrice des migrations et de l'intégration de la préfecture du Rhône, par arrêté du 29 août 2023 de la préfète du Rhône, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le 1er septembre 2023. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'arrêté contesté, qui manque en fait, doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté en litige comporte les éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
4. En troisième lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier, ni des termes de l'arrêté attaqué, que la préfète du Rhône n'aurait pas procédé, avant son édiction, à l'examen particulier de la situation personnelle de M. F. Dès lors, ce moyen doit être écarté.
5. En quatrième lieu, les moyens tirés de l'erreur de droit, de la méconnaissance de l'intérêt supérieur de l'enfant, de la méconnaissance des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de la méconnaissance du principe du respect des droits de la défense ne sont pas assorties de précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé et doivent, dès lors, être écartés.
6. En cinquième lieu, si M. F fait valoir qu'il a été contraint de donner ses empreintes aux autorités croates et qu'il ne souhaite pas que ces dernières examinent sa demande d'asile, estimant que les autorités françaises " sont plus compétentes " au regard, notamment, des conditions d'accueil des réfugiés en Croatie, cette dernière est un Etat membre de l'Union européenne, partie à la convention de Genève du 28 juillet 1951 sur le statut des réfugiés. Il doit alors être présumé que le traitement réservé aux demandeurs d'asile dans cet Etat membre est conforme aux exigences de cette convention internationale et à celles de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. Si cette présomption peut être renversée s'il y a des raisons sérieuses de croire qu'il existe des défaillances systémiques de la procédure d'asile et dans les conditions d'accueil des demandeurs d'asile dans l'Etat membre responsable, impliquant un traitement inhumain ou dégradant, M. F n'établit pas, par sa seule affirmation d'ordre général et par les éléments non assortis de précisions suffisantes qu'il a développés lors de l'audience, l'existence de telles défaillances en Croatie, qui constitueraient des motifs sérieux et avérés de croire que sa demande d'asile ne serait pas traitée par les autorités croates dans des conditions conformes à l'ensemble des garanties exigées par le respect du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. F n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 28 septembre 2023 par lequel la préfète du Rhône a ordonné son transfert aux autorités croates en vue de l'examen de sa demande d'asile. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté en litige doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction.
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
8. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 visée ci-dessus: " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ". Aux termes de l'article 7 de cette loi : " L'aide juridictionnelle est accordée à la personne dont l'action n'apparaît pas, manifestement, irrecevable, dénuée de fondement ou abusive () ". Ces dispositions ont pour objet d'éviter que soient mises à la charge de l'Etat les dépenses afférentes aux actions qui, de manière manifeste, apparaissent dépourvues de toute chance de succès.
9. Il résulte des points précédents que les conclusions présentées par M. F ne sont assorties que de moyens de légalité externe manifestement infondés et de moyens stéréotypés dépourvus de toute précision. Dès lors, et en vertu des dispositions précitées de l'article 7 de la loi du 10 juillet 1991, il n'y a pas lieu de lui accorder l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. F est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. G F et à la préfète du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 novembre 2023.
La présidente,
S. H Le greffier,
D. MORELIERE
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.AA
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026