vendredi 10 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2302592 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 novembre 2023, M. A B, représenté par Me Demars, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'enjoindre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer une attestation de décision favorable ou une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quarante-huit heures suivant la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il n'est pas en mesure de justifier de la régularité de son séjour ; il s'expose à un risque de placement en retenue administrative ; il est dans l'impossibilité d'exercer son activité professionnelle ; il se trouve ainsi dans une situation de précarité ;
- la mesure sollicitée est utile dès lors qu'elle lui permettra de justifier de la régularité de son séjour ; elle lui permettra également de poursuivre son activité professionnelle ;
- elle ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ;
- il n'existe pas de contestation sérieuse dès lors que la préfecture du Puy-de-Dôme l'a informé que son titre de séjour était disponible et l'ont invité à le récupérer ;
- la mesure sollicitée a un caractère provisoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer une attestation de décision favorable ou une autorisation provisoire de séjour.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ". Il résulte de ces dispositions que le juge des référés, saisi d'une demande sur le fondement de ces dispositions, peut prescrire toutes mesures ayant un caractère provisoire ou conservatoire, à condition que ces mesures soient utiles, justifiées par l'urgence, ne fassent obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
3. En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
4. Pour justifier de l'urgence à faire droit à ses conclusions à fin d'injonction, M. B se prévaut de ce qu'il n'est pas en mesure de justifier de la régularité de son séjour, qu'il s'expose à un risque de placement en retenue administrative, qu'il est dans l'impossibilité d'exercer son activité professionnelle, et qu'il se trouve ainsi dans une situation de précarité. Toutefois, M. B est titulaire d'un titre de séjour valable du 19 septembre 2023 au 18 septembre 2024. Par un courrier du 26 octobre 2023, le préfet du Puy-de-Dôme a informé M. B que son titre de séjour était disponible en préfecture. Si une erreur a été commise dans la fabrication dudit titre, M. B peut se prévaloir du courrier du 26 octobre 2023 ainsi que de la capture d'écran de son espace personnel sur le site du ministère de l'intérieur dédié aux étrangers en France pour justifier de la régularité de son séjour sur le territoire français et ainsi exercer une activité professionnelle. Dans ces conditions, M. B ne démontre pas que sa demande d'injonction présenterait un caractère d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ni, en tout état de cause, qu'elle présenterait un caractère d'utilité.
5. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'admettre l'intéressé au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, les conclusions du requérant, y compris celles relatives aux frais liés au litige, doivent être rejetées en application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à A B.
Fait à Clermont-Ferrand, le 10 novembre 2023.
La présidente du tribunal,
juge des référés,
S. BADER-KOZA
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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