LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2302610

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2302610

vendredi 17 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2302610
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantDROBNIAK

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête sommaire et un mémoire enregistrés les 10 et 13 novembre 2023, M. D C, représenté par Me Drobniak, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions du 10 novembre 2023 par lesquelles le préfet du Puy-de-Dôme l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, fixé le pays de renvoi, l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an et l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;

2°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de communiquer le dossier contenant les pièces sur la base desquelles les décisions contestées ont été prises ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 300 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient, dans sa requête sommaire, que :

- la décision attaquée est signée par une autorité incompétente pour le faire ;

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- le préfet a commis une erreur de droit et une erreur manifeste d'appréciation ;

- le préfet a méconnu le principe du respect des droits de la défense ;

- le préfet méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Il soutient, dans son mémoire complémentaire, que :

Les décisions attaquées sont entachées d'incompétence ;

L'obligation de quitter le territoire français :

- méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;

- est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle et familiale ;

Le refus de lui accorder un délai de départ volontaire :

- est illégal en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français qui le fonde ;

- est entaché d'une erreur de fait, d'une erreur de droit, d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît les articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il justifie disposer de garanties de représentation suffisantes et fait état de circonstances particulières de nature à ne pas regarder comme établi le risque qu'il se soustraie à la mesure d'éloignement dont il fait l'objet ;

La décision fixant le pays de renvoi est illégale en raison de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français ;

L'interdiction de retour sur le territoire français :

- est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- est insuffisamment motivée ;

- est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il n'a jamais fait l'objet d'une mesure d'éloignement ;

- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;

L'assignation à résidence :

- est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- est insuffisamment motivée ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il réside dans le département de la Seine-Saint-Denis et ne dispose d'aucune possibilité d'hébergement dans le Puy-de-Dôme.

La requête a été communiquée au préfet du Puy-de-Dôme qui n'a pas produit d'observations en défense.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Panighel, premier conseiller, pour statuer en application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 14 novembre 2023 à 10 heures :

- le rapport de M. Panighel,

- et les observations de Me Drobniak pour M. C, qui déclare abandonner les moyens soulevés dans la requête sommaire et reprend les moyens soulevés dans le mémoire complémentaire.

Considérant ce qui suit :

1. M. D C, de nationalité malienne, demande au tribunal d'annuler les décisions du 10 novembre 2023 par lesquelles le préfet du Puy-de-Dôme l'a, d'une part, obligé à quitter le territoire français sans délai, fixé le pays de renvoi et interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an, d'autre part, assigné à résidence dans l'arrondissement de Clermont-Ferrand pour une durée de quarante-cinq jours.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

3. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Sur la communication du dossier administratif du requérant :

4. Il n'apparaît pas nécessaire, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit à la demande de M. C tendant à la production par le préfet du Puy-de-Dôme de son entier dossier, dès lors que l'affaire est en état d'être jugée et que le principe du contradictoire a été respecté. Par suite, ces conclusions sont rejetées.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen commun à l'ensemble des décisions en litige :

5. Les décisions contestées sont signées par Mme E B, cheffe du service de l'immigration et de l'intégration de la préfecture du Puy-de-Dôme qui bénéficiait, en vertu d'un arrêté du préfet du Puy-de-Dôme du 26 septembre 2023, régulièrement publié, d'une délégation à l'effet de signer, sous l'autorité de Mme F A, directrice de la citoyenneté et de la légalité, tous actes administratifs entrant dans les attributions de son service à l'exception de certains actes parmi lesquels ne figurent pas les décisions en litige. Par ce même arrêté, publié au recueil des actes administratif de la préfecture du Puy-de-Dôme accessible tant au juge qu'aux parties, le préfet lui a également accordé une délégation de signature à l'effet de signer, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme A, les décisions relatives aux obligations de quitter le territoire français, avec ou sans délai de départ volontaire ainsi que les décisions relatives aux mesures d'éloignement prises dans le cadre de l'Union européenne et de la convention de Schengen. Il ne ressort pas des pièces du dossier et n'est pas allégué par la requérante que Mme A n'était pas absente ou empêchée à la date de la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

6. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. C est célibataire sans charge de famille. L'intéressé n'allègue pas être dépourvu de toutes attaches dans son pays d'origine. S'il fait valoir qu'il est hébergé par sa tante, titulaire d'une carte de résident, et soutient en outre que son père et son frère vivent en France, il ne ressort pas des pièces du dossier que sa présence auprès de ces derniers serait indispensable pour les accompagner dans les actes de la vie courante. Il ne ressort pas d'avantage des pièces du dossier que les relations dont le requérant se prévaut en France présentent une intensité et stabilité particulière alors que, selon ses déclarations, il a vécu jusqu'à l'âge de 25 ans au Mali. Aucun élément du dossier ne permet en outre d'attester d'une particulière insertion de l'intéressé au sein de la société française. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir que la décision l'obligeant à quitter le territoire français porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

7. En deuxième lieu, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 6.

8. En troisième lieu, il ressort des termes de la décision attaquée que le préfet du Puy-de-Dôme a procédé à un examen suffisant de la situation personnelle et familiale de M. C. Si l'intéressé soutient par ailleurs que le préfet du Puy-de-Dôme n'a pas fait mention du suivi médical dont il bénéficie en France, cette seule circonstance ne saurait démontrer en l'espèce le défaut d'examen allégué. Le moyen tiré du défaut d'examen réel et sérieux doit dès lors être écarté.

En ce qui concerne le refus d'accorder un délai de départ volontaire :

9. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'illégalité. Par suite, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision doit être écarté.

10. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : ()/ 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, () qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale () ".

11. Il ressort des termes de la décision attaquée que M. C a déclaré être domicilié à Bobigny (Seine-Saint-Denis) par sa tante mais produit des documents justifiant de son hébergement par son père à Langogne (Lozère). Le requérant, qui fait valoir qu'il est hébergé chez sa tante, produit uniquement au soutien de ses allégations, une attestation de cette dernière, datée du 10 novembre 2023 ainsi qu'un avis d'échéance concernant le logement de l'intéressée, sur lequel son nom ne figure pas. Compte tenu de ces imprécisions quant au lieu effectif d'hébergement de M. C, le préfet du Puy-de-Dôme a légalement pu relever que le requérant ne justifiait pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale et ne présentait pas, dans ces conditions, des garanties de représentation suffisantes. Par ailleurs, le requérant ne conteste pas les mentions de la décision litigieuse selon lesquelles il n'a entrepris aucune démarche pour régulariser sa situation administrative depuis sa dernière entrée sur le territoire français, dont il ne justifie pas du caractère régulier. Ainsi, le risque que M. C se soustraie à l'exécution à l'obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet pouvait être regardé comme établi en vertu des 1° et 8° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Enfin, le fait que M. C a remis son passeport en cours de validité et n'a pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement ne constitue pas une circonstance particulière justifiant qu'il soit accordé un délai de départ volontaire. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de fait, de l'erreur de droit, de l'erreur manifeste d'appréciation et de la violation des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

12. Le moyen tiré de l'exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 9.

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

13. En premier lieu, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français sans délai doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 9.

14. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. () ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".

15. La décision d'interdiction de retour comporte l'énoncé des conditions de droit et de fait qui en constituent le fondement. La motivation de cette décision atteste de la prise en compte par le préfet, au vu de la situation de M. C, de l'ensemble des critères prévus par l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. M. C n'est par suite pas fondé à soutenir que cette décision n'est pas suffisamment motivée.

16. En troisième lieu, il ressort des termes de la décision en litige que, pour fonder la décision en litige, le préfet du Puy-de-Dôme a relevé que M. C était entré en France en octobre 2019 selon ses allégations, qu'il n'avait pas de liens anciens, intenses et stables en France, et qu'il avait fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement. Si M. C soutient que, contrairement à ce qu'a indiqué le préfet du Puy-de-Dôme, il n'a pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement, il ne conteste pas sérieusement les mentions de la décision en litige, selon lesquelles, par arrêté du 10 avril 2019, le préfet de Seine-et-Marne a décidé son transfert aux autorités espagnoles pour l'examen de sa demande d'asile. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de fait et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

17. En quatrième lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 6 que M. C ne justifie pas entretenir des liens anciens, intenses et stables sur le territoire français. Si l'intéressé fait par ailleurs valoir qu'il souffre de l'hépatite B, pathologie pour laquelle il bénéficie d'un suivi médical mensuel au centre hospitalier de Créteil (Val-de-Marne), il ne produit aucun élément au dossier permettant de corroborer ses allégations. En tout état de cause, il ne ressort pas des pièces du dossier et n'est pas allégué par le requérant qu'il ne pourrait pas bénéficier d'un accès effectif aux soins nécessaires à son état de santé dans son pays d'origine. Dans ces conditions, M. C n'est pas fondé à soutenir que l'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent, par suite, être écartés.

En ce qui concerne l'assignation à résidence :

18. En premier lieu, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 9.

19. En second lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français () pour laquelle le délai de départ volontaire () n'a pas été accordé () ". Aux termes de l'article L. 733-1 du même code : " L'étranger assigné à résidence en application du présent titre se présente périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie. () ". Aux termes de l'article R. 733-1 de ce même code : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : / 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; () ".

20. Il ressort des pièces du dossier que M. C a été interpellé à Clermont-Ferrand. Si le requérant soutient qu'il a été interpellé alors qu'il rendait visite à son frère en Lozère et l'attendait à la gare de Clermont-Ferrand, il ne produit aucun élément permettant de corroborer ses allégations. Ainsi qu'il a été dit au point 11, M. C ne démontre pas qu'il résiderait effectivement en Seine-Saint-Denis chez sa tante. Par ailleurs, le requérant, qui est célibataire et sans charge de famille, ne fait état d'aucune circonstance personnelle faisant obstacle à l'exécution de l'obligation qui lui est faite de se présenter tous les jours à 9 heures à l'hôtel de police de Clermont-Ferrand afin de faire constater qu'il respect la décision d'assignation à résidence. Par suite, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision en litige ferait peser sur le requérant une contrainte excessive au regard des finalités poursuivies. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

21. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions du 10 novembre 2023 par lesquelles le préfet du Puy-de-Dôme l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, fixé le pays de renvoi, l'a interdit de retour pour une durée d'un an et l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de ces décisions doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions tendant à l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : M. C est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de M. C est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D C et au préfet du Puy-de-Dôme.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 novembre 2023.

Le magistrat désigné,

L. PANIGHEL La greffière,

N. BLANC

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions