LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2302653

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2302653

vendredi 17 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2302653
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantDEAT-PARETI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête sommaire et un mémoire enregistrés les 15 et 16 novembre 2023, Mme C D, représentée par Me Déat-Pareti, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions du 13 novembre 2023 par lesquelles le préfet du Puy-de-Dôme l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, fixé le pays de renvoi, l'a interdite de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans et l'a assignée à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;

2°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de faire procéder à la suppression du signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen et de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir.

Elle soutient que :

- les décisions attaquées sont entachées d'incompétence ;

- l'obligation de quitter le territoire français méconnait les articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;

- la décision fixant le pays de renvoi méconnait les articles 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'interdiction de retour sur le territoire français est entachée d'un défaut de motivation, d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le refus de délai de départ volontaire, la décision fixant le pays de renvoi, l'interdiction de retour et l'assignation à résidence sont illégales du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- le préfet a commis un vice de procédure en s'abstenant de consulter au préalable le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration dès lors qu'il disposait d'éléments suffisamment précis permettant d'établir que son fils aîné présente un état de santé susceptible de le faire entrer dans la catégorie des étrangers pouvant bénéficier d'un titre de séjour en raison de leur état de santé.

La requête a été communiquée au préfet du Puy-de-Dôme qui n'a pas produit d'observations en défense mais des pièces, enregistrées le 16 novembre 2023.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Panighel, premier conseiller, pour statuer en application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 17 novembre 2023 à 10 heures :

- le rapport de M. Panighel,

- et les observations de Me Déat-Pareti, représentant Mme D reprend les moyens exposés dans son mémoire et soutient en outre que les décisions en litige portent atteinte à l'intérêt supérieur des enfants de la requérante, en particulier au motif que le dernier enfant de Mme D, âgé de deux mois, est beaucoup trop jeune pour être reconduit à la frontière ; Me Déat-Pareti soutient également que le préfet aurait dû considérer que la situation de Mme D impliquait qu'il fasse usage de son pouvoir discrétionnaire pour régulariser sa situation.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C D, de nationalité albanaise, demande au tribunal d'annuler les décisions du 13 novembre 2023 par lesquelles le préfet du Puy-de-Dôme l'a, d'une part, obligé à quitter le territoire français sans délai, fixé le pays de renvoi et interdit de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans, d'autre part, assigné à résidence dans l'arrondissement de Clermont-Ferrand pour une durée de quarante-cinq jours.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

3. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre Mme D au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen commun à l'ensemble des décisions en litige :

4. Les décisions contestées sont signées par Mme E B, cheffe du service de l'immigration et de l'intégration de la préfecture du Puy-de-Dôme qui bénéficiait, en vertu d'un arrêté du préfet du Puy-de-Dôme du 26 septembre 2023, régulièrement publié, d'une délégation à l'effet de signer, sous l'autorité de Mme F A, directrice de la citoyenneté et de la légalité, tous actes administratifs entrant dans les attributions de son service à l'exception de certains actes parmi lesquels ne figurent pas les décisions en litige. Par ce même arrêté, publié au recueil des actes administratif de la préfecture du Puy-de-Dôme accessible tant au juge qu'aux parties, le préfet lui a également accordé une délégation de signature à l'effet de signer, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme A, les décisions relatives aux obligations de quitter le territoire français, avec ou sans délai de départ volontaire ainsi que les décisions relatives aux mesures d'éloignement prises dans le cadre de l'Union européenne et de la convention de Schengen. Il ne ressort pas des pièces du dossier et n'est pas allégué par la requérante que Mme A n'était pas absente ou empêchée à la date de la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. ". Aux termes de l'article R. 611-1 du même code : " Pour constater l'état de santé de l'étranger mentionné au 9° de l'article L. 611-3, l'autorité administrative tient compte d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Toutefois, lorsque l'étranger est assigné à résidence aux fins d'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français ou placé ou maintenu en rétention administrative en application du titre IV du livre VII, l'avis est émis par un médecin de l'office et transmis sans délai au préfet territorialement compétent ". Il résulte de ces dispositions que lorsqu'elle envisage de prononcer une obligation de quitter le territoire français à l'encontre d'un étranger en situation irrégulière, l'autorité préfectorale n'est tenue de recueillir préalablement l'avis prévu à l'article R. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que si elle dispose d'éléments d'information suffisamment précis permettant d'établir que l'intéressé, résidant habituellement en France, présente un état de santé susceptible de le faire entrer dans la catégorie des étrangers qui ne peuvent faire l'objet d'une telle mesure d'éloignement.

6. Il ressort des pièces du dossier que l'enfant aîné de Mme D, âgé de 14 ans présente des malformations cérébrales malformatives diagnostiquées le 26 février 2023 par un médecin pédiatre du centre hospitalier universitaire de Clermont-Ferrand, qui a également relevé que plusieurs bilans étaient nécessaires pour révéler la présence d'un handicap physique et intellectuel de l'enfant et demandé, à ce titre, une coordination neuro-pédiatrique et un avis génétique. La requérante produit également un courrier du 28 août 2023 d'un médecin travaillant pour solidarité santé 63 duquel il ressort qu'un pédiatre bénévole au sein de cette association a retrouvé un tableau clinique évoquant un trouble du spectre autistique avec retard de développement psychomoteur important, et relevé que l'enfant a subi des épisodes de crises d'épilepsie à l'âge de trois ans pour lesquels il a bénéficié de traitements, qui ont été interrompus à son arrivée en France en avril 2022, sans nouvel épisode de crise convulsive. Ce même courrier indique qu'une IRM réalisée en février 2023 a mis en évidence des anomalies de la partie postérieure du corps calleux qui apparait hypoplasique et plutôt d'origine constitutionnelle et qu'aucune anomalie n'a été découverte lors d'un électroencéphalogramme réalisé en mai 2023. Ces seuls éléments ne sont pas suffisamment précis pour déterminer que l'état de santé de l'enfant de Mme D est susceptible de le faire entrer dans la catégorie des étrangers ne pouvant pas faire l'objet d'une mesure d'éloignement, alors qu'il résulte par ailleurs de ce qui précède, que l'enfant a vécu jusqu'à l'âge de 13 ans en Albanie où il a pu bénéficier d'une prise en charge médicale. Dans ces conditions, la requérante n'est en tout état de cause pas fondée à soutenir que le préfet du Puy-de-Dôme a entaché la décision litigieuse d'un vice de procédure en ne recueillant pas l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

7. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme D vit en France avec son compagnon albanais, ses deux enfants issus d'une précédente union, et leur enfant commun, né le 20 août 2023 à Clermont-Ferrand. Il ressort des pièces du dossier que le compagnon de Mme D fait également l'objet d'une mesure d'éloignement et n'a ainsi pas vocation à demeurer sur le territoire français. Si la requérante se prévaut de ce que l'état de santé de son fils aîné nécessite un suivi médical et une scolarité adaptée inaccessibles en Albanie, les documents médicaux qu'elle produit, qui ont été rappelés au point 6, ne permettent pas d'établir ses allégations. Il ne ressort pas d'avantage des pièces du dossier que son enfant scolarisé en classe de cinquième à Riom ne peut pas poursuivre sa scolarité en Albanie. Enfin, ainsi qu'il est dit au point 12, il ne ressort pas des pièces du dossier que la requérante ne pourrait pas bénéficier d'une protection des autorités albanaises en cas de retour dans son pays d'origine. La cellule familiale de la requérante peut ainsi se reconstituer en Albanie. Il ressort en outre des pièces du dossier que Mme D, qui s'est soustraite à l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre le 3 novembre 2022, est entrée récemment sur le territoire français, en avril 2022. La requérante n'établit pas être dépourvue de toutes attaches personnelles et familiales dans son pays d'origine et ne justifie pas d'une insertion suffisante dans la société française. Par ailleurs, aucun élément du dossier ne permet de considérer que l'état de santé du dernier enfant de Mme D, âgé de deux mois, ferait obstacle à l'exécution de la mesure d'éloignement. Dans ces conditions, Mme D n'est pas fondée à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français en litige porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ni que cette décision porte atteinte à l'intérêt supérieur de ses enfants. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doivent être écartés.

8. En troisième lieu, les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation et de ce que le préfet du Puy-de-Dôme aurait dû faire usage de son pouvoir de régularisation doivent être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 7.

9. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Puy-de-Dôme n'aurait pas procédé à un examen suffisant de la situation personnelle et familiale de Mme D. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen réel et sérieux doit être écarté.

En ce qui concerne le moyen commun tiré de l'exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français :

10. Il résulte de ce qui précède que Mme D n'est pas fondée à soutenir que la décision l'obligeant à quitter le territoire français est illégale. Par suite, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision, invoqué à l'encontre du refus de délai de départ volontaire, de la décision fixant le pays de renvoi, de l'interdiction de retour sur le territoire français et de l'assignation à résidence, doit être écarté.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

11. Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants".

12. Mme D soutient à l'audience qu'elle a fui son pays d'origine au motif qu'elle n'a pas pu être protégée par les services de police et de justice albanais des menaces dont elle a fait l'objet de la part de son ex-époux. Il ressort toutefois des pièces du dossier qu'elle a obtenu de la justice albanaise le prononcé d'ordonnances de protection immédiate à l'encontre de son ex-époux, la dernière datant du 1er mars 2022, et aucun élément du dossier ne permet d'établir que ces mesures n'ont pas été respectées. Dans ces conditions, Mme D, qui n'établit pas se trouver dans l'impossibilité de bénéficier d'une protection des autorités albanaises, n'est pas fondée à soutenir que sa vie ou sa liberté sont menacées en Albanie ou qu'elle est exposée dans ce pays à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle n'est par suite pas fondée à soutenir que la décision attaquée méconnaît les articles L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

13. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. () ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".

14. La décision d'interdiction de retour comporte l'énoncé des conditions de droit et de fait qui en constituent le fondement. La motivation de cette décision atteste de la prise en compte par le préfet, au vu de la situation de Mme D, de l'ensemble des critères prévus par l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La requérante n'est par suite pas fondée à soutenir que cette décision n'est pas suffisamment motivée.

15. En second lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 7 que la cellule familiale de Mme D peut se reconstituer dans son pays d'origine dès lors qu'en particulier, aucun élément du dossier ne permet de corroborer les allégations de la requérante selon lesquelles son fils aîné ne peut pas bénéficier d'un traitement approprié à son état de santé en Albanie. Mme D ne justifie pas entretenir des liens anciens, intenses et stables sur le territoire français en dehors de sa cellule familiale, ni être particulièrement insérée au sein de la société française et n'allègue pas être dépourvu de toutes attaches dans son pays d'origine. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à soutenir que l'interdiction de retour sur le territoire français en litige porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent, par suite, être écartés.

16. Il résulte de tout ce qui précède que Mme D n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions du 13 novembre 2023 par lesquelles le préfet du Puy-de-Dôme l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, fixé le pays de renvoi, l'a interdite de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans et l'a assignée à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Par suite, les conclusions aux fins d'annulation de ces décisions doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction ainsi que celles tendant à l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : Mme D est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de Mme D est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D et au préfet du Puy-de-Dôme.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 novembre 2023.

Le magistrat désigné,

L. PANIGHEL La greffière,

N. BLANC

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions