jeudi 30 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2302731 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | BESSON DIDIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés respectivement le 24 novembre 2023 et le 27 novembre 2023, M. A C, représenté par Me Besson, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 novembre 2023 par lequel la préfète de l'Ain l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi, et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de dix-huit mois ;
2°) d'annuler la décision du 23 novembre 2023 par laquelle la préfète de l'Allier l'a assigné à résidence dans le département de l'Allier, au 5 impasse du bois de l'eau à Espinasse-Vozelle, pour une durée de quarante-cinq jours et l'a astreint à se présenter les lundis et jeudis entre 10h et 11h à la brigade de gendarmerie de Vichy, afin de faire constater qu'il respecte cette assignation à résidence ;
3°) d'enjoindre à la préfète de l'Ain de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 400 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
* elle est entachée d'une incompétence de son auteur ;
* elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur de fait ;
* elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- Sur la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
* elle est entachée d'une incompétence de son auteur ;
* elle est entachée d'un défaut de motivation ;
* le risque de soustraction à la mesure d'éloignement n'est pas établi ;
* elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur de fait ;
* elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- Sur la décision fixant le pays de renvoi :
* elle est entachée d'une incompétence de son auteur ;
* elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur de fait ;
* elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de dix-huit mois :
* elle est entachée d'une incompétence de son auteur ;
* elle est entachée d'un défaut de motivation ;
* la préfète s'est estimée liée par le refus de délai de départ volontaire pour prendre cette décision ;
* elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur de fait ;
* elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- Sur la décision portant assignation à résidence :
* elle est entachée d'une incompétence de son auteur ;
* elle est entachée d'un défaut de motivation ;
* le préfet n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation ;
* elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
* elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
* elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 novembre 2023, la préfète de l'Ain conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 novembre 2023, la préfète de l'Allier conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Debrion, premier conseiller, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles R. 776-14 et suivants du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Debrion a été entendu au cours de l'audience publique du 28 novembre 2023 à 11h, en présence de Mme Petit, greffière d'audience, à laquelle les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Un mémoire, enregistré le 28 novembre 2023, a été présenté par la préfète de l'Ain, après la clôture de l'instruction.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant turc né le 5 mai 1994, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 23 novembre 2023 par lequel la préfète de l'Ain l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi, et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de dix-huit mois ainsi que la décision du 23 novembre 2023 par laquelle la préfète de l'Allier l'a assigné à résidence dans le département de l'Allier, au 5 impasse du bois de l'eau à Espinasse-Vozelle, pour une durée de quarante-cinq jours et l'a astreint à se présenter les lundis et jeudis entre 10h et 11h à la brigade de gendarmerie de Vichy, afin de faire constater qu'il respecte cette assignation à résidence.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions contestées :
2. En premier lieu, d'une part, l'arrêté de la préfète de l'Ain a été signé par M. D B, chef du bureau de l'éloignement et du contentieux de la préfecture de l'Ain, titulaire d'une délégation de signature consentie par un arrêté de la préfète en date du 25 septembre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture du même jour. D'autre part, la décision de la préfète de l'Allier a été signée par M. Olivier Maurel, secrétaire général de la préfecture de l'Allier, qui disposait d'une délégation accordée par la préfète par un arrêté n° 1550/2023 du 28 juin 2023, à l'effet de signer un certain nombre de décisions à l'exception de certaines au nombre desquelles ne figurent pas les décisions portant assignation à résidence. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence des auteurs des actes en litige doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Pour l'application des stipulations précitées, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
4. En se bornant à soutenir qu'il justifie d'une insertion professionnelle puisqu'il est titulaire d'un contrat à durée indéterminée obtenu à la suite d'une autorisation de travail accordée par l'administration sans toutefois corroborer ses dires dès lors que le contrat de travail à durée indéterminée qu'il fournit n'est pas signé et qu'il ne produit pas cette autorisation de travail, M. C, qui ne conteste pas être célibataire, sans enfant, séjourner en France en situation irrégulière depuis environ trois ans, ne pas justifier de liens stables et intenses avec ses frères qui seraient présents en France et ne pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine dans lequel il a vécu l'essentiel de son existence, n'établit pas que les décisions en litige portent une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
5. En dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
6. Si M. C indique qu'il serait en danger en cas de retour dans son pays d'origine au motif qu'il est un militant du parti HDP, il ne ressort pas des pièces du dossier que le mandat d'arrêt en date du 25 août 2020 émis contre lui qu'il produit au soutien de ses écritures était encore valide à la date à laquelle les actes contestés ont été édictés. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, lequel n'est d'ailleurs opérant qu'à l'encontre de la décision fixant le pays de renvoi, doit être écarté.
En ce qui concerne le moyen dirigé spécifiquement contre la décision portant obligation de quitter le territoire français :
7. Le moyen tiré d'une erreur de fait doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 4.
En ce qui concerne les moyens dirigés spécifiquement contre la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :
8. En premier lieu, il résulte d'une simple lecture du troisième paragraphe de l'arrêté pris par la préfète de l'Ain le 23 novembre 2023 que cette décision comporte bien les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de cette décision doit être écarté.
9. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ;
5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité () qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale () ".
10. Pour refuser d'accorder un délai de départ volontaire à M. C, la préfète de l'Ain s'est fondée sur le fait qu'il était entré irrégulièrement en France, sur le fait qu'il était dépourvu de document d'identité et de justificatif de domicile, sur le fait qu'il avait déclaré explicitement ne pas vouloir retourner en Turquie et sur le fait qu'il n'avait pas déféré à une précédente obligation de quitter le territoire français.
11. En se bornant à soutenir qu'il possède des documents d'identité et une adresse fixe sans toutefois l'établir, le requérant ne critique sérieusement aucun des motifs sur lesquels la préfète s'est fondée pour considérer qu'il existait un risque qu'il se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français prise à son encontre le 23 novembre 2023.
12. En dernier lieu, le moyen tiré d'une erreur de fait doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 4.
En ce qui concerne les moyens dirigés spécifiquement contre la décision fixant le pays de renvoi :
13. En premier lieu, le moyen tiré d'une erreur de fait doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 4.
14. En second lieu, les moyens tirés d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 6.
En ce qui concerne les moyens dirigés spécifiquement contre la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de dix-huit mois :
15. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".
16. Il ressort des termes mêmes de ces dispositions que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.
17. Il incombe ainsi à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.
18. En l'espèce, pour prendre la décision en litige, la préfète de l'Ain, visant les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, s'est fondée sur le fait que M. C ne justifiait pas de liens familiaux stables et intenses en France et sur le fait qu'il séjournait dans ce pays depuis environ trois ans malgré la mesure d'éloignement prise à son encontre par le préfet du Puy-de-Dôme le 30 août 2022 et qu'il n'a pas exécutée. Dans ces conditions, et dès lors qu'elle n'a pas retenu la menace à l'ordre public au nombre des motifs de sa décision, la préfète doit être regardée comme ayant tenu compte des critères mentionnés à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de dix-huit mois doit être écarté.
19. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète de l'Ain se serait estimée liée par le refus de délai de départ volontaire pour prendre la décision portant interdiction de retour sur le territoire français en litige.
20. En dernier lieu, le moyen tiré d'une erreur de fait doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 4.
En ce qui concerne les moyens dirigés spécifiquement contre la décision portant assignation à résidence :
21. En premier lieu, la décision contestée vise, en droit, les dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et mentionne, en fait, les raisons pour lesquelles la préfète de l'Allier a estimé que M. C pouvait être assigné à résidence. Par suite, la décision portant assignation à résidence est bien motivée conformément aux exigences prévues à l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
22. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète de l'Allier n'aurait pas procédé à un examen circonstancié de la situation de M. C avant de prendre la décision portant assignation à résidence en litige.
23. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; 2° L'étranger doit être éloigné en exécution d'une interdiction de retour sur le territoire français prise en application des articles L. 612-6, L. 612-7 et L. 612-8 ; () "
24. En se bornant à indiquer qu'il appartient à l'autorité administrative d'établir que son éloignement sera effectué à bref délai ou en tout cas de justifier des diligences à cet effet alors que c'est à lui de justifier que son éloignement ne demeurerait pas une perspective raisonnable, le requérant n'établit pas que les dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ont été méconnues par la préfète de l'Allier. Ce dernier moyen doit, par suite, être écarté.
25. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C doivent être rejetées. Par voie de conséquence, doivent être également rejetées ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à la préfète de l'Ain et à la préfète de l'Allier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 novembre 2023.
Le magistrat désigné,
J-M. DEBRIONLa greffière,
C. PETIT
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain et à la préfète de l'Allier, chacune en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2302731
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026