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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2302950

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2302950

jeudi 4 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2302950
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 22 décembre 2023, l'association tutélaire nord Auvergne, agissant en qualité de tuteur de Mme B A D épouse C, représentée par Me Amela-Pelloquin, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'enjoindre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, à la caisse d'allocations familiales de l'Allier de lui communiquer la décision fondant les retenues opérées au titre des mois de mai, juin et juillet 2023 sur ses prestations, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge du département de l'Allier une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, outre les entiers dépens.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'elle n'a perçu que 502,10 euros au total pour les mois de mai, juin et juillet 2023 ; le montant des retenues mensuelles est excessif et ne respecte pas le montant maximal prévu par les articles L. 553-2 et D. 553-1 du code de la sécurité sociale ; cette situation lui est dommageable et risque de s'aggraver dans les mois à venir ; la réduction de ses revenus ne lui permet pas de régler ses charges et subvenir à ses besoins ;

- la mesure sollicitée est utile dès lors qu'aucune décision ne lui a été notifiée, ce qui l'empêche de la contester utilement ;

- la mesure sollicitée ne fait obstacle à aucune décision administrative puisqu'il n'existe aucune décision de refus de communication des documents sollicités ;

- il n'existe aucune contestation sérieuse de nature à s'opposer à ses demandes.

Mme A D épouse C a déposé une demande d'aide juridictionnelle le 5 décembre 2023.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A D épouse C demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de l'Allier de lui communiquer la décision fondant les retenues opérées au titre des mois de mai, juin et juillet 2023 sur ses prestations.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ". Il résulte de ces dispositions que le juge des référés, saisi d'une demande sur le fondement de ces dispositions, peut prescrire toutes mesures ayant un caractère provisoire ou conservatoire, à condition que ces mesures soient utiles, justifiées par l'urgence, ne fassent obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

3. En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

4. Pour justifier de l'urgence à faire droit à ses conclusions à fin d'injonction, Mme A D épouse C se prévaut de ce qu'elle n'a perçu que 502,10 euros au total pour les mois de mai, juin et juillet 2023. Toutefois, de tels faits, antérieurs de plus de six mois à la saisine du juge des référés ne sauraient permettre de justifier de la condition d'urgence. En outre, si la requérante fait état de ce que le montant des retenues mensuelles est excessif, que cette situation lui est dommageable et risque de s'aggraver dans les mois à venir, et que la réduction de ses revenus ne lui permet pas de régler ses charges et subvenir à ses besoins, elle n'assortit ses allégations d'aucune précision et n'en justifie pas par les pièces produites. Enfin, et en tout état de cause, la communication des documents sollicités ne saurait avoir pour effet de remédier par elle-même à la situation de précarité dont la requérante se prévaut. Par suite, Mme A D épouse C ne démontre pas que sa demande d'injonction présenterait un caractère d'urgence et d'utilité.

5. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'admettre l'intéressée au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, les conclusions de la requérante, y compris celles relatives aux frais liés au litige, doivent être rejetées en application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A D épouse C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à l'association tutélaire nord Auvergne et à Mme B A D épouse C.

Fait à Clermont-Ferrand, le 4 janvier 2024.

La présidente du tribunal,

juge des référés,

S. BADER-KOZA

La République mande et ordonne à la préfète de l'Allier, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2302950JC

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