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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2400036

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2400036

vendredi 15 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2400036
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 janvier 2024, M. B A conteste le certificat d'urbanisme par lequel le maire de la commune de Gannay-sur-Loire a décidé que deux des parcelles cadastrées AK 24 et AK 25 dont ils sont propriétaires avec sa soeur, ne sont pas constructibles et demande au tribunal de " corriger [leur] situation ou de demander à la mairie de Gannay-sur-Loire une compensation pour la perte qu'elle [leur] cause () ".

Il soutient que :

- les trois parcelles dont il a hérité, dont les deux concernées par le certificat d'urbanisme litigieux, ont toujours été considérées par ses parents et ses grands-parents comme des espaces pouvant faire l'objet d'une construction ;

- à sa surprise, l'administration a déclaré que les parcelles en cause " n'étaient pas urbanisables " ;

- il reste, sur leur terrain, des traces des fondations d'une construction ancienne, à savoir une ancienne maison depuis lors démolie ; par ailleurs, une antenne relais téléphonique et son annexe ont été construites il y a deux ans à côté de leurs parcelles, signifiant donc que cette zone était constructible à cette période ;

- au bord de la route D30, au moins cinq maisons d'habitation sont situées respectivement à 200 et 300 mètres, et 260 et 800 mètres des parcelles litigieuses ;

- la décision de l'administration le prive, avec sa sœur, d'un " revenu de vente " et lui cause un préjudice.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance :() / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. () ".

2. D'autre part, aux termes de l'article R. 411-1 du même code : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. () ". Aux termes de l'article R. 421-1 de celui-ci : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation () ". Et aux termes de l'article R. 421-1 du même code : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. ".

3. En dehors des cas expressément prévus par des dispositions législatives particulières, il n'appartient pas à la juridiction administrative d'accueillir des conclusions tendant à d'autres fins que l'annulation d'une décision administrative en raison de son illégalité ou la condamnation d'une personne publique à verser une somme d'argent. Ainsi, le juge administratif ne peut faire œuvre d'administrateur et se substituer aux administrations compétentes, ni intervenir lui-même activement et directement pour prendre en charge une situation considérée comme anormale par un administré, ni adresser des injonctions à une autorité administrative hormis dans le cas où cela est impliqué par l'annulation d'un acte administratif prononcée à titre principal.

4. En se bornant tout d'abord à demander au tribunal de " corriger [leur] situation ou de demander à la mairie de Gannay-sur-Loire une compensation pour la perte qu'elle [leur] cause ", M. A ne soumet au juge aucune conclusion à fin d'annulation ou de condamnation. Au demeurant, il ressort des pièces du dossier que la requête de M. A n'est pas accompagnée de la décision que l'intéressé entend contester, ni de pièce justifiant d'une demande indemnitaire préalable auprès du maire de la commune de Gannay-sur-Loire. Au surplus, au soutien de sa requête, M. A se borne à soutenir que les parcelles en litige étaient considérées par ses proches comme des espaces constructibles, que la décision de l'administration le surprend, qu'il la conteste en raison de la présence d'autres constructions à proximité de ses parcelles et de l'existence, " sur [leur] terrain ", de traces d'une construction ancienne, et qu'enfin, la décision de l'administration le prive d'un " revenu de vente " et lui cause un préjudice. Toutefois, ces circonstances sont sans incidence sur la légalité de la décision attaquée et ne sont, en tout état de cause, pas assorties de précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, la requête de M. A doit être rejetée par application des dispositions des 4° et 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Clermont-Ferrand, le 15 mars 2024.

La présidente du tribunal,

S. BADER-KOZA

La République mande et ordonne à la préfète de l'Allier, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.ZR

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