LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2400094

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2400094

jeudi 18 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2400094
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantAD'VOCARE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête sommaire et un mémoire complémentaire enregistrés le 12 janvier 2024 et le 15 janvier 2024, M. A B, représenté par l'AARPI Ad'vocare, Me Gauché, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler les décisions du 11 janvier 2024 par lesquelles la préfète de l'Allier l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, fixé le pays de renvoi, l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de douze mois, et l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;

3°) d'enjoindre à la préfète de l'Allier de produire le dossier sur la base duquel les décisions contestées ont été prises ;

4°) d'enjoindre à la préfète de l'Allier de procéder à l'effacement du signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen et de lui délivrer un récépissé dans un délai de deux jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 au profit de son conseil, ou sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative si le bénéfice de l'aide juridictionnelle lui est refusé.

Il soutient que :

- les décisions attaquées sont entachées d'incompétence ;

- elles sont insuffisamment motivées ;

- elles méconnaissent les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- le refus de lui accorder un délai de départ volontaire est illégal en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français qui le fonde ;

- le refus de délai de départ volontaire est entaché d'erreurs de fait ;

- la décision fixant le pays de renvoi est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français qui la fonde ;

- la décision fixant le pays de renvoi est entachée d'une erreur de droit ;

- cette décision méconnaît l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ; elle est également entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- l'interdiction de retour sur le territoire français est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français sans délai qui la fonde ;

- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- l'assignation à résidence doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la mesure d'éloignement ;

- l'assignation à résidence est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 janvier 2024, la préfète de l'Allier conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Panighel, premier conseiller, pour statuer en application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 16 janvier 2024 à 11 heures :

- le rapport de M. Panighel,

- et les observations de Me Gauché représentant M. B qui reprend le contenu de ses écritures et soulève un nouveau moyen tiré de ce que M. B ne pouvait faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français dès lors qu'il remplit les conditions de plein droit pour se voir délivrer un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant russe, demande au tribunal l'annulation des décisions du 11 janvier 2024 par lesquelles la préfète de l'Allier l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de douze mois. Il demande également l'annulation de la décision du même jour par laquelle la préfète de l'Allier l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

3. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Sur les conclusions tendant à la production de l'entier dossier :

4. L'affaire étant en état d'être jugée et le principe du contradictoire ayant été respecté, il n'apparaît pas nécessaire, dans les circonstances de l'espèce, d'ordonner à la préfète de l'Allier de communiquer au tribunal l'ensemble des pièces sur lesquelles elle s'est fondée pour prendre les décisions contestées.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen commun à l'ensemble des décisions attaquées, tiré de l'incompétence de leur signataire :

5. Les décisions attaquées ont été signées par M. Olivier Maurel, secrétaire général de la préfecture de l'Allier, en vertu d'un arrêté du 28 juin 2023, régulièrement publié le 29 juin 2023, portant délégation de signature à l'effet de signer tous arrêtés et décisions relevant des attributions de l'Etat dans le département à l'exception d'actes au nombre desquels ne figurent pas les décisions en litige. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées doit être écarté.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

6. En premier lieu, l'obligation de quitter le territoire français en litige comprend les considérations en droit et en fait qui la fondent. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision doit par suite être écarté.

7. En deuxième lieu, il ressort des termes de la décision attaquée que la préfète de l'Allier a procédé à un examen suffisant de la situation personnelle de M. B. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit par suite être écarté.

8. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 423-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou s'il entre dans les prévisions de l'article L. 421-35, l'étranger qui justifie par tout moyen avoir résidé habituellement en France depuis qu'il a atteint au plus l'âge de treize ans avec au moins un de ses parents se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. () ". Aux termes de l'article L. 421-35 du même code : " Les étrangers âgés de seize à dix-huit ans qui déclarent vouloir exercer une activité professionnelle se voient délivrer l'un des titres de séjour suivants : / 1° Une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " s'ils remplissent les conditions prévues aux articles L. 423-1 (), L. 423-21 () ".

9. Il ressort des termes de la décision attaquée et n'est pas contesté par M. B qu'il n'a pas présenté de demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. M. B, âgé de dix-neuf ans à la date de la décision attaquée, ne remplit pas, ainsi, la première des conditions prévues à cet article, soit la présentation effective d'une demande tendant à l'obtention de ce titre dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire. Il ressort en outre des pièces du dossier qu'il n'entre pas dans les prévisions de l'article L. 421-35 du même code, qui prévoit la délivrance de titre de séjour à des étrangers âgés de seize à dix-huit ans déclarant vouloir exercer une activité professionnelle. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'il remplit les conditions de plein droit pour bénéficier de la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et ne peut faire l'objet, à ce titre, d'une obligation de quitter le territoire français.

10. En quatrième lieu, M. B ne se prévaut dans ses écritures d'aucun lien personnel ou familial qu'il est susceptible d'avoir noué sur le territoire français. S'il a déclaré lors de son audition en retenue pour vérification du droit au séjour faite le 11 janvier 2024 qu'il vit avec ses parents, frères et sœurs, il ressort des termes non contestés de la décision attaquée que ces derniers se trouvent en situation irrégulière sur le territoire français. Par ailleurs, M. B ne conteste pas être célibataire, sans charge de famille et n'allègue pas être dépourvu de toutes attaches dans son pays d'origine. Dans ces conditions, s'il produit à l'audience des documents attestant de sa présence en France depuis au moins l'âge de 10 ans, et du suivi d'une scolarité depuis l'année scolaire 2014-2015, ainsi que son inscription en baccalauréat professionnel au titre de l'année scolaire 2023-2024, ces éléments ne permettent pas de corroborer ses allégations selon lesquelles l'obligation de quitter le territoire français en litige porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

11. En cinquième lieu, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10.

12. En dernier lieu, M. B ne peut utilement invoquer une méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales au soutien de ses conclusions en annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français dès lors que cette dernière décision n'a ni pour objet, ni pour effet de le renvoyer dans son pays d'origine.

En ce qui concerne le refus de délai de départ volontaire :

13. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à soutenir que le refus de délai de départ volontaire est illégal en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.

14. En deuxième lieu, la décision attaquée, qui comprend les considérations en droit et en fait qui la fondent, est suffisamment motivée.

15. En troisième lieu, le moyen tiré de ce que la décision attaquée est entachée d'erreurs de fait, soulevé dans la requête sommaire et non développé dans le mémoire complémentaire, n'est pas assorti de précisions suffisantes permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.

16. En quatrième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10.

17. En dernier lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, soulevé à l'encontre du refus de délai de départ volontaire, doit être écarté comme inopérant pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 12.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

18. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de renvoi est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.

19. En deuxième lieu, la décision attaquée, qui comprend les considérations en droit et en fait qui la fondent, est suffisamment motivée.

20. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète de l'Allier n'aurait pas pris en compte le fait que la Fédération de Russie est en guerre. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit par suite être écarté.

21. En quatrième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10.

22. En cinquième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté alors en outre qu'il ressort des pièces du dossier que le requérant n'est pas mineur et n'a pas d'enfant à charge.

23. En dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ". Aux termes du dernier alinéa de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ".

24. M. B, ressortissant russe d'origine tchétchène, soutient qu'eu égard à son âge, il " ne fait pas de doute " qu'il sera enrôlé dans les forces armées russes en cas de retour dans son pays d'origine pour être affecté dans le conflit armé ukrainien où sont commis des crimes de guerre. Toutefois, aucune des pièces qu'il produit ne permet d'établir qu'il est effectivement soumis à une obligation militaire qui l'amènerait à participer, directement ou indirectement, à la commission de tels crimes. Le requérant ne produit pas davantage d'éléments probants établissant le caractère réel, actuel et personnel des persécutions auxquelles il s'exposerait en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, le moyen selon lequel la décision fixant le pays de destination méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, il n'est pas davantage fondé à soutenir que cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

25. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français sans délai.

26. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. () ". Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ".

27. La décision attaquée, qui atteste de la prise en compte par la préfète de l'Allier des critères énoncés à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, comporte les considérations en droit et en fait qui la fondent. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

28. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que, pour interdire M. B de retour sur le territoire français pour une durée de douze mois, la préfète de l'Allier a relevé que l'intéressé se maintient sur le territoire français, ne justifie pas de liens stables et intenses en France, déclare s'opposer à un retour en Russie et que sa présence sur le territoire français représente une menace pour l'ordre public. Ni les termes de la décision attaquée, ni les observations en défense de la préfète de l'Allier ne permettent d'attester, qu'en l'espèce, la présence de M. B sur le territoire français représente une menace à l'ordre public. A ce titre, l'intéressé est fondé à soutenir que la préfète de l'Allier ne pouvait légalement retenir ce motif pour prendre sa décision. Toutefois, les autres motifs sur lesquels s'est fondée la préfète de l'Allier ne sont pas contestés par le requérant et il résulte de l'instruction que cette dernière aurait pris la même décision en ne retenant que ces derniers motifs. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation ne peut être accueilli.

29. En quatrième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté comme inopérant pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 12.

30. En dernier lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10.

En ce qui concerne l'assignation à résidence :

31. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'assignation à résidence par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

32. En deuxième lieu, la décision attaquée, qui comprend les considérations en droit et en fait qui la fondent, est suffisamment motivée.

33. En troisième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 12.

34. En quatrième lieu, M. B ne produit aucun élément au dossier permettant de corroborer ses allégations selon lesquelles son assignation à résidence porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, et compte tenu de ce qui a été dit au point 9, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

35. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ".

36. M. B ne démontre pas, en invoquant le contexte politique lié à la guerre entre la Russie et l'Ukraine, notamment la décision du 6 septembre 2022 du conseil de l'Union européenne de suspendre l'application de l'accord entre la communauté européenne et la Fédération de Russie visant à faciliter la délivrance de visas aux citoyens de l'Union européenne et de la Fédération de Russie, qu'à la date de la décision contestée, son éloignement ne demeurait pas une perspective raisonnable au sens des dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En particulier, si M. B fait état de la fermeture de l'espace aérien entre la Russie et les états membres de l'Union européenne annoncé sur le site du ministère français des affaires étrangères, il ne justifie pas de l'impossibilité pour un ressortissant russe de rejoindre la Russie en provenance de la France par une liaison aérienne indirecte ou par un autre moyen de transport. Au surplus, la décision portant obligation de quitter le territoire français indique que le requérant peut être éloigné également vers tout pays dans lequel il est légalement admissible et aucun élément du dossier ne permet d'affirmer que le requérant ne pourrait être éloigné à destination d'autres pays que la Russie. Par suite, les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation et de l'erreur de droit doivent être écartés.

37. Il résulte de tout ce qui précède que l'intéressé n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions du 11 janvier 2024 par lesquelles la préfète de l'Allier l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, fixé le pays de renvoi, l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de douze mois et l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Par suite, les conclusions aux fins d'annulation de ces décisions doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction ainsi que celles tendant à l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de M. B est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète de l'Allier.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 janvier 2024.

Le magistrat désigné,

L. PANIGHEL La greffière,

C. PETIT

La République mande et ordonne à la préfète de l'Allier en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2400094

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions