LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2400136

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2400136

mardi 5 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2400136
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 19 janvier 2024, M. B et Mme A, agissant en qualité de représentants légaux de leur fille mineure, C B, demandent au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) de prendre toute mesure qu'il estimera utile afin de faire cesser le non-respect des besoins de compensation reconnus par la maison départementale des personnes handicapées du Puy-de-Dôme et l'atteinte au droit à l'éducation de leur fille ;

2°) d'enjoindre à la direction des services départementaux de l'éducation nationale du Puy-de-Dôme d'attribuer à leur fille, C B, une aide humaine mutualisée sur l'ensemble du temps de scolarisation dans les plus brefs délais, sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter de la notification de la présente ordonnance ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme d'un euro en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de le condamner aux entiers dépens.

Ils soutiennent que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'aucune aide humaine mutualisée (AESHM) intervenant sur l'ensemble du temps scolaire n'a été attribuée à leur fille et que, si une aide humaine mutualisée intervient auprès d'elle, c'est de manière aléatoire, sans respecter le nombre d'heures déterminées par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées, ce qui remet en cause ses droits à l'éducation, à l'accès à l'instruction, à la compensation, ainsi qu'à des aménagements raisonnables respectivement garantis par la Constitution et la convention internationale relative aux droits des personnes handicapées, l'expose à un risque de déscolarisation et risque de remettre en cause son inclusion en milieu ordinaire ;

- la mesure sollicitée est utile, ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative et ne se heurte à aucune contestation sérieuse.

Par un mémoire en défense enregistré le 1er février 2024, le recteur de l'académie de Clermont-Ferrand conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- les conclusions tendant à la cessation du non-respect des besoins de compensation reconnus par la maison départementale des personnes handicapées du Puy-de-Dôme sont irrecevables compte tenu de l'existence d'une voie de recours parallèle ;

- la mesure sollicitée se heurte à une contestation sérieuse dès lors que l'enfant C B a bénéficié, au titre de l'année scolaire 2023 - 2024, avec une autre élève de sa classe, de la présence d'une accompagnante des élèves en situation d'handicap (AESH) à raison de six heures mutualisées par semaine ; cette accompagnante, qui partageait son temps entre les deux élèves en fonction de leurs besoins respectifs, a finalement été retirée de la classe après que des différends ne soient survenus entre elle et l'enfant C B ; une nouvelle accompagnante, moins expérimentée, a alors été affectée dans la classe, à raison de trois heures par semaine afin de lui permettre une bonne installation : cette situation n'est cependant que temporaire et, à compter du 5 février 2024, l'AESH accompagnera l'enfant C B ainsi que la seconde élève en situation d'handicap de sa classe à raison de six heures hebdomadaires ;

- la condition tenant à l'existence d'une urgence n'est pas remplie dès lors que, d'une part, ses résultats scolaires ne témoignent pas d'une scolarité préoccupante ; qu'aucun de ses enseignants n'a émis d'inquiétudes ou de remarques quant à la scolarité de l'enfant C B, mais au contraire, des commentaires élogieux ; de plus, il n'existe pas de risque de déscolarisation ni de compromission de sa socialisation dès lors qu'elle n'a été absente que deux demi-journées ; d'autre part, la requête est tardive et est d'une teneur très générale, ce qui ne permet pas de caractériser une situation particulière d'urgence ; enfin, les requérants n'établissent pas la réalité d'un danger particulier encouru par leur enfant ;

- la mesure demandée n'est pas utile dès lors que la décision de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées a été exécutée : dès lors, l'intervention du juge des référés n'aurait pas pour effet de donner force exécutoire à une décision administrative ; au contraire, elle aurait pour effet de substituer la décision du tribunal et les désirs d'accompagnements souhaités par les requérants à la décision de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées, faisant ainsi obstacle à cette dernière ;

- la mesure demandée fait obstacle à l'exécution d'une décision administrative dès lors que la décision du 20 juillet 2021 de la commission des droits de l'autonomie des personnes handicapées lui a simplement attribuée un accompagnement mutualisé sans quotité horaire précise et non un accompagnement individuel avec des horaires définis ;

- la mesure demandée ne présente ni un caractère provisoire ni conservatoire ;

- les conclusions à fin d'astreinte ainsi que celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne sont pas fondées.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention relative aux droits des personnes handicapées signée à New-York le 30 mars 2007 ;

- le code de l'éducation ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B et Mme A, agissant en qualité de représentants légaux de leur fille, C B, demandent au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la direction des services départementaux de l'éducation nationale du Puy-de-Dôme d'affecter à celle-ci une aide humaine mutualisée sur l'ensemble du temps de scolarisation.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ". Il résulte de ces dispositions que le juge des référés, saisi d'une demande sur le fondement de ces dispositions, peut prescrire toutes mesures ayant un caractère provisoire ou conservatoire, à condition que ces mesures soient utiles, justifiées par l'urgence, ne fassent obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

3. Il résulte de l'instruction que, contrairement à ce que soutiennent les requérants dans leurs écritures, la décision de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées, en date du 22 juillet 2021, n'a pas pour objet ni pour effet d'attribuer une aide humaine mutualisée à leur enfant sur l'ensemble du temps scolaire, suivant un nombre d'heures hebdomadaires fixe, mais simplement de lui apporter un accompagnement pour l'accès aux activités d'apprentissage. Il résulte également des termes de cette décision que la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées a estimé que " le besoin d'aide [de l'enfant C B] ne nécessite pas une attention soutenue et continue () ". En outre, il résulte également des pièces produites par le recteur de l'académie de Clermont-Ferrand, lesquelles ne sont pas contestées, que la scolarité de l'enfant C B se caractérise par de bons résultats scolaires et, qu'en particulier, celle-ci a obtenu les félicitations du conseil de classe lors du premier trimestre de l'année scolaire 2023 - 2024 où elle n'a été absente qu'une demi-journée et qu'elle montre de bons résultats pour le deuxième trimestre. Dans ces conditions et, alors que leur enfant ne peut être regardée comme étant exposée à un risque de déscolarisation et de remise en cause de son inclusion en milieu scolaire, les requérants ne sont pas fondés à soutenir qu'une situation d'urgence particulière serait caractérisée, justifiant que le juge des référés fasse usage des pouvoirs qui lui sont conférés par les dispositions précitées au point 2. Au demeurant et, alors qu'il n'est également pas contesté que leur enfant bénéficie désormais d'une AESH mutualisée à raison de six heures hebdomadaires, les requérants ne sont pas fondés non plus à soutenir que la mesure demandée ne se heurterait pas à une contestation sérieuse. Il s'ensuit que les conditions d'urgence et à l'absence de contestation sérieuse imposées par l'article L. 521-3 précité du code de justice administrative ne peuvent être regardées comme remplies.

4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions des requérants, y compris celles à fin d'injonction, d'astreinte et celles relatives aux frais liés au litige, ne peuvent qu'être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B et Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B, à Mme A et au recteur de l'académie de Clermont-Ferrand.

Fait à Clermont-Ferrand, le 5 mars 2024.

La présidente du tribunal,

juge des référés,

S. BADER-KOZA

La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.zr

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions