vendredi 2 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2400208 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | AD'VOCARE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 27 janvier 2024 et le 30 janvier 2024, M. B A, représenté par l'AARPI Ad'Vocare, avocats, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de communiquer le dossier contenant les pièces sur la base desquelles les décisions contestées ont été prises ;
2°) d'annuler les décisions du 25 janvier 2024 par lesquelles le préfet du Puy-de-Dôme l'a obligé à quitter le territoire français, y a interdit son retour pour la durée de deux ans, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire ;
3°) d'annuler l'arrêté du 25 janvier 2024 par lequel le préfet du Puy-de-Dôme l'a assigné à résidence pour la durée de 45 jours et a fixé les modalités d'exécution de cette mesure ;
4°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de procéder à l'effacement de son inscription au fichier dit système d'information Schengen ;
5°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de lui remettre une autorisation provisoire de séjour dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement et de procéder à un nouvel examen de sa situation dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement ;
6°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient, dans le dernier état de ses écritures, que,
l'obligation de quitter le territoire français :
- est entachée d'un défaut de motivation ;
- n'a pas été précédée d'un examen réel et complet de sa situation ;
- est entachée d'une erreur de fait ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
la décision de refus de délai de départ volontaire :
- est entachée d'un défaut de motivation ;
- est entachée d'une erreur de droit ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- n'a pas été précédée d'un examen réel et complet de sa situation ;
- est entachée d'une erreur de fait ;
- méconnaît les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
la décision fixant le pays d'éloignement :
- est entachée d'un défaut de motivation ;
- est illégale par voie de conséquence de l'illégalité l'obligation de quitter le territoire français ;
- n'a pas été précédée d'un examen réel et complet de sa situation ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- est entachée d'une erreur de fait ;
l'interdiction de retour :
- est entachée d'un défaut de motivation ;
- est disproportionnée ;
- est entachée d'une erreur de droit ;
- est entachée d'une erreur de fait ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- n'a pas été précédée d'un examen réel et complet de sa situation ;
- est illégale par voie de conséquence de l'illégalité du refus de délai de départ volontaire ;
l'assignation à résidence :
- est entachée d'un défaut de motivation ;
- est entachée d'une erreur de droit ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- n'a pas été précédée d'un examen réel et complet de sa situation ;
- est entachée d'une erreur de fait ;
Les mesures d'exécution de l'assignation à résidence méconnaissent les dispositions de l'article R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Le dossier de la présente instance a été communiqué, en son intégralité, au préfet du Puy-de-Dôme, qui n'a pas présenté d'observation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Jurie, premier conseiller, pour statuer en application de l'article L. 776-1 et suivants du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Jurie, magistrat désigné ;
- et les observations de Me Bourg, avocate, représentant M. A, qui a repris les moyens de la requête et a également exposé que le requérant se désiste de ses conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet du Puy-de-Dôme de communiquer le dossier contenant les pièces sur la base desquelles les décisions contestées ont été prises.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté en date du 25 janvier 2024, le préfet du Puy-de-Dôme a obligé M. A, ressortissant tunisien, à quitter le territoire français, y a interdit son retour pour la durée de deux ans, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire. Par un arrêté distinct, daté du même jour, l'autorité préfectorale a assigné l'intéressé à résidence pour la durée de 45 jours et a déterminé les modalités d'exécution de cette mesure. Le requérant demande l'annulation de ces décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
2. Il ne ressort pas des pièces du dossier que l'autorité préfectorale n'aurait pas, préalablement à l'édiction de l'arrêté en litige, procédé à un examen particulier de la situation de M. A. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen réel et complet doit être écarté.
3. La décision par laquelle l'autorité préfectorale a obligé M. A à quitter le territoire français comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Cette décision est, par suite, suffisamment motivée.
4. Le requérant expose que le préfet du Puy-de-Dôme a commis des erreurs de fait en se fondant sur un signalement émis le 12 août 2021 par les autorités hongroises alors qu'il se trouvait en France depuis février 2020 et en relevant qu'il avait travaillé à l'aide de faux documents. Toutefois, il ressort des procès-verbaux annexés à la procédure de retenue administrative que la consultation du fichier des personnes recherchées a révélé qu'une fiche avait été établie par les autorités roumaines, que l'autorité préfectorale a malencontreusement qualifiées de " hongroises " dans l'arrêté attaqué. Cette fiche indiquait que M. A devait être interpellé en vue de l'exécution d'une mesure d'éloignement prise par lesdites autorités, notifiée le 12 août 2021 et assortie d'une interdiction de trois ans. En outre, selon les procès-verbaux susmentionnés, lorsque les agents de police se sont rendus au domicile de M. A en sa présence, ils ont constaté que le contrat de travail de l'intéressé mentionnait qu'il était de nationalité italienne, ce à quoi ce dernier a spontanément déclaré avoir utilisé une fausse carte d'identité italienne afin de signer ce contrat. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que la décision attaquée est fondée sur des faits matériellement inexacts ne peut qu'être écarté.
5. Le requérant soutient que la mesure d'éloignement en litige est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation. À l'appui de ce moyen, il fait valoir qu'à la date à laquelle il a été interpellé il préparait son dossier de demande de régularisation par le travail depuis le mois de décembre 2023 ; qu'il attendait la publication imminente de la nouvelle loi immigration, laquelle prévoit la création d'un nouvel article L. 435-4 permettant la régularisation par le travail ; que cette loi a été promulguée le 26 janvier 2024 et publiée au Journal officiel de la République française le 27 janvier 2024 ; qu'il justifie d'une présence en France interrompue depuis " a minima " le mois de mai 2020 ; qu'il justifie d'un emploi depuis trois ans à temps plein moyennant un salaire net mensuel désormais de l'ordre de 2 000 euros pour un poste de " technicien en fibre optique " ; qu'il détient une certification professionnelle CFOT A1 - Fibre Optique obtenue en Tunisie le 25 avril 2019 ainsi qu'une carte professionnelle BTP depuis le 10 février 2022 en tant que technicien fibre optique, poste correspondant à celui de technicien des télécommunications ; que l'annexe I de l'accord franco-tunisien du 28 avril 2008 intitulé " liste des métiers ouverts aux ressortissants tunisiens sans opposabilité de l'emploi " vise parmi les métiers en tension celui de technicien en télécommunication.
6. Toutefois, le requérant ne conteste pas les mentions de l'arrêté en litige selon lesquelles il dispose d'un passeport tunisien sur lequel ne figure ni tampon d'entrée ni visa et ne peut justifier de la régularité de son entrée sur le territoire français. Le requérant ne conteste pas davantage les mentions du même arrêté selon lesquelles il n'est pas titulaire d'un titre de séjour en cours de validité. En outre, si le requérant se prévaut d'éléments qui auraient tendu, selon lui, à assurer sa régularisation au titre de son activité salariée dans le cadre du pouvoir d'appréciation discrétionnaire dont dispose l'autorité préfectorale, il n'en demeure pas moins qu'il ne ressort pas des pièces du dossier et n'est pas même allégué par M. A, qu'à la date de l'obligation de quitter le territoire attaquée il remplissait les conditions de délivrance d'un titre de séjour de plein droit faisant obstacle à son éloignement. Par suite le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation, tel que soulevé par le requérant, ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne le refus de délai de départ volontaire :
7. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés aux points 2 et 3 du présent jugement, il y a lieu d'écarter les moyens soulevés à l'encontre du refus de délai de départ volontaire, tirés respectivement du défaut d'examen réel et complet de la situation de M. A et du défaut de motivation.
8. Si M. A s'est initialement prévalu d'une erreur manifeste d'appréciation, d'une erreur de fait ainsi que d'une erreur de droit à l'encontre du refus de délai de départ volontaire, ces moyens qui n'étaient pas assortis dans ses premières écritures des précisions permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé, n'ont pas été complétés ou précisés dans ses écritures ultérieures. Dès lors, ces moyens ne peuvent qu'être écartés.
9. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / () / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / () / 7° L'étranger a contrefait, falsifié ou établi sous un autre nom que le sien un titre de séjour ou un document d'identité ou de voyage ou a fait usage d'un tel titre ou document () ".
10. Le requérant soutient qu'il a justifié avoir tout entrepris pour régulariser sa situation administrative qu'il n'a absolument pas envisagé de se maintenir sur le territoire sans titre de séjour ; qu'il n'a pas refusé de ne pas se conformer à l'obligation de quitter le territoire prise à son encontre ; que ses bulletins de salaires ne mentionnent aucun faux document ; qu'il n'a jamais fait l'objet d'une procédure pénale pour usage et détention de faux documents et que les dispositions du 7° de l'article L 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile s'appliquent seulement à un étranger qui a contrefait, falsifié ou établi sous un autre nom que le sien un titre de séjour ou un document d'identité ou de voyage alors qu'il n'a jamais utilisé l'identité d'un tiers. Toutefois, il n'en demeure pas moins, ainsi qu'il a été énoncé au point 6 du présent jugement que M. A est entré irrégulièrement sur le territoire français et qu'à la date de l'arrêté attaqué, il n'avait pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour. Dès lors et à supposer même que l'intéressé n'entrait pas dans le champ d'application des dispositions précitées des 4° et 7° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il ressort des pièces du dossier qu'il relevait des dispositions également précitées du 1° du même article, lesquelles suffisaient à autoriser le préfet du Puy-de-Dôme à refuser de lui accorder un délai de départ volontaire. Par suite le moyen tiré de la méconnaissance des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, tel que soulevé par le requérant, ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays d'éloignement :
11. Compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français soulevé contre la décision fixant le pays d'éloignement doit être écarté.
12. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés aux points 2 et 3 du présent jugement, il y a lieu d'écarter les moyens soulevés à l'encontre de la décision fixant le pays d'éloignement, tirés respectivement du défaut d'examen réel et complet de la situation de M. A et du défaut de motivation.
13. Si M. A s'est initialement prévalu d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une erreur de fait à l'encontre de la décision fixant son pays d'éloignement, ces moyens qui n'étaient pas assortis dans ses premières écritures des précisions permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé, n'ont pas été complétés ou précisés dans ses écritures ultérieures. Dès lors, ces moyens ne peuvent qu'être écartés.
En ce qui concerne l'interdiction de retour :
14. Compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré de l'exception d'illégalité du refus de délai de départ volontaire soulevé contre l'interdiction de retour doit être écarté.
15. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés aux points 2 et 3 du présent jugement, il y a lieu d'écarter les moyens soulevés à l'encontre de l'interdiction de retour, tirés respectivement du défaut d'examen réel et complet de la situation de M. A et du défaut de motivation.
16. Si M. A s'est initialement prévalu d'une erreur manifeste d'appréciation, d'une erreur de fait ainsi que d'une erreur de droit à l'encontre de l'interdiction de retour, ces moyens, qui n'étaient pas assortis dans ses premières écritures des précisions permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé, n'ont pas été complétés ou précisés dans ses écritures ultérieures. Dès lors, ces moyens ne peuvent qu'être écartés.
17. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable à la date de la décision attaquée : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ".
18. Le requérant fait valoir que le prononcé d'une interdiction de retour de deux années, malgré son activité professionnelle à temps plein et ses démarches de régularisation en cours de finalisation, est disproportionnée. Toutefois, ainsi qu'il a été énoncé au point 6 du présent jugement, M. A est entré irrégulièrement sur le territoire français et à la date de l'arrêté attaqué, soit plus de trois ans après cette entrée, n'avait toujours pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour. En outre, ainsi qu'il a été également énoncé au point 4 du présent jugement, l'intéressé ne conteste pas sérieusement avoir exercé une activité salariée sur le territoire français sous couvert d'une carte d'identité italienne alors qu'il est ressortissant tunisien. Dans ces conditions, la durée de deux ans d'interdiction de retour prononcée à son encontre par le préfet du Puy-de-Dôme ne revêt pas un caractère excessif et, par suite, ne méconnaît pas les dispositions précitées de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
En ce qui concerne l'assignation à résidence :
19. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés aux points 2 et 3 du présent jugement, il y a lieu d'écarter les moyens soulevés à l'encontre de l'assignation à résidence, tirés respectivement du défaut d'examen réel et complet de la situation de M. A et du défaut de motivation.
20. Si M. A s'est initialement prévalu d'une erreur manifeste d'appréciation, d'une erreur de fait ainsi que d'une erreur de droit à l'encontre de l'assignation à résidence, ces moyens, qui n'étaient pas assortis dans ses premières écritures des précisions permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé, n'ont pas été complétés ou précisés dans ses écritures ultérieures. Dès lors, ces moyens ne peuvent qu'être écartés.
En ce qui concerne les modalités d'exécution de l'assignation à résidence :
21. Aux termes de l'article R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : / 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; / 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; / 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside ".
22. Le requérant soutient que son travail lui impose de se déplacer quotidiennement dans le département du Puy-de-Dôme et qu'ainsi les obligations d'astreinte à demeurer à son domicile et de présentation aux services de police auxquelles il est soumis en exécution de son assignation à résidence sont injustifiées et disproportionnées alors même qu'il doit continuer à travailler pour pouvoir prétendre à sa régularisation. Toutefois, d'une part, il n'est ni corroboré, ni même allégué par M. A que l'obligation de présentation à laquelle il est soumis auprès des services de police soit tous les jours à 10 heures 00, y compris les dimanches et jours fériés, ainsi que l'obligation de demeurer à son domicile tous les jours de 06 heures 00 à 09 heures 00, seraient incompatible avec l'emploi du temps auquel il est soumis dans le cadre de son activité salariée. D'autre part, ainsi qu'il a été précédemment énoncé, cette activité professionnelle est exercée irrégulièrement par M. A sous couvert de la nationalité italienne dont il ne dispose pas. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
23. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions du 25 janvier 2024 par lesquelles le préfet du Puy-de-Dôme l'a obligé à quitter le territoire français, y a interdit son retour pour la durée de deux ans, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office, l'a assigné à résidence pour la durée de 45 jours et a fixé les modalités d'exécution de cette dernière mesure.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
24. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A, n'implique aucune mesure particulière d'exécution au sens des dispositions des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative. Par suite, les conclusions de la requérante à fin d'injonction ne peuvent être accueillies.
Sur les frais d'instance :
25. Il résulte des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 que le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées sur le fondement desdites dispositions doivent, par suite, être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet du Puy-de-Dôme.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 février 2024.
Le magistrat désigné,
G. JURIE
La greffière,
N. BLANC
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2400208
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026