mardi 13 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2400237 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | JOURDA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er février 2024, M. B A, représenté par la SELARL Arêgô, Me Jourda, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) à titre principal, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 18 décembre 2023 par lequel le préfet de la Haute-Loire a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de huit mois ;
2°) à titre subsidiaire, de suspendre l'exécution de certains des effets de cet arrêté en tant qu'il suspend la validité de son permis de conduire pour une durée disproportionnée ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Loire de lui restituer son permis de conduire sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition tenant à l'urgence est remplie dès lors que :
* il exerce la profession de " technicien expert ", laquelle nécessite de conduire des véhicules ; la validité de son permis de conduire lui est alors indispensable, non seulement pour se rendre à son travail, mais aussi dans l'exercice de sa profession, sans quoi il est exposé à un risque grave et imminent de licenciement ;
* l'arrêté attaqué emporte de lourdes conséquences sur sa situation personnelle et familiale dès lors qu'il est père de deux enfants et que l'utilisation de son véhicule lui est indispensable pour réaliser les divers trajets qu'il effectue au quotidien ; ceci d'autant plus qu'il réside dans une commune située en zone rurale, qu'il n'y existe aucune grande ou moyenne surface commerciale et que la plus proche se situe à six kilomètres de son domicile ;
* son comportement routier n'est pas irresponsable et systématiquement dangereux et ne représente aucun risque pour la sécurité des autres usagers de la route ; en particulier, il ne faisait pas état d'un comportement néfaste lorsque les gendarmes ont procédé à son interpellation durant laquelle, bien qu'il n'ait pas souhaité se soumettre aux contrôles d'alcoolémie et de stupéfiants, ce n'est qu'en raison de la vive émotion qu'il ressentait au moment de son interpellation, mais qu'il s'est spontanément à la gendarmerie le lendemain afin de procéder à de tels contrôles ;
- la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision est remplie dès lors que :
* l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
* il est illégal dès lors que son édiction n'a pas été précédée d'une procédure contradictoire préalable en méconnaissance des articles L. 121-1 et L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
* il est insuffisamment motivé ;
* il méconnaît les dispositions des articles R. 211-13 et R. 221-14-1 du code de la route ;
* la mesure objet de l'arrêté attaqué est manifestement disproportionnée.
Vu :
- la requête enregistrée le 31 janvier 2024 sous le n° 2400235 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision en litige ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 18 décembre 2023, le préfet de la Haute-Loire a prononcé la suspension, suivant une procédure de rétention administrative, du permis de conduire de M. A pour une durée de huit mois. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cet arrêté.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 de ce code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction, ni audience, lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. La condition d'urgence s'apprécie objectivement et globalement au regard de l'intérêt du demandeur mais aussi de l'intérêt public et notamment, s'agissant d'un arrêté de suspension de la validité d'un permis de conduire, des exigences liées à la protection de la sécurité routière.
4. Pour justifier de l'urgence qu'il y aurait à suspendre l'exécution de la décision attaquée, M. A soutient en premier lieu que la validité de son permis de conduire lui est indispensable dans l'exercice de sa profession. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction et, en particulier de l'avenant à son contrat de travail à durée indéterminée et de la fiche technique qui y est annexée, par sa teneur d'un caractère très général quant aux spécificités de la profession de technicien expert, que la validité de son permis de conduire lui est nécessaire pour l'exercice de sa profession. En outre, si M. A soutient que la validité de son permis de conduire lui est indispensable pour se rendre à son travail, que l'arrêté attaqué emporte de lourdes conséquences sur sa situation personnelle et familiale dès lors qu'il réside dans une commune située en zone rurale et que son véhicule lui est indispensable pour réaliser des trajets du quotidien, en particulier, pour faire ses courses, il n'établit pas qu'il lui serait impossible de recourir à des transports alternatifs, notamment en utilisant un véhicule ne nécessitant pas la détention du permis de conduire pendant la durée de suspension de son permis ou même en se faisant véhiculer par des tiers. Enfin, s'il allègue ne pas avoir de comportement routier irresponsable et systématiquement dangereux et ne pas représenter de risque pour la sécurité des autres usagers de la route, il n'apporte toutefois aucun élément à l'appui de ses allégations, tel que par exemple son relevé intégral d'information, permettant d'en attester la réalité. Par suite, eu égard à l'infraction commise, que M. A ne conteste pas, celui-ci ne saurait être regardé comme justifiant de la situation d'urgence exigée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. A, y compris celles aux fins d'injonctions et celles relatives aux frais liés au litige, doivent être rejetées en application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au préfet de la Haute-Loire.
Fait à Clermont-Ferrand, le 13 février 2024.
La présidente du tribunal,
juge des référés
S. BADER-KOZA
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
ZR
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026