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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2400247

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2400247

mardi 6 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2400247
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantCATRY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 4 février 2024, la société d'archéologie, d'histoire et de géologie de la région de Craponne, représentée par Me Catry, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté n°2023/005/010 du 20 janvier 2023 par lequel le maire de la commune de Craponne-sur-Arzon a mis en demeure les propriétaires, Mmes B A et Christiane Vard, de faire cesser le péril résultant de l'état de l'immeuble situé 3 place neuve - av 286 à Craponne-sur-Arzon et leur a prescrit de réaliser des travaux d'enlèvement et de purge des éléments instables ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Craponne-sur-Arzon la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle a intérêt lui donnant qualité pour agir ;

- la condition tenant à l'urgence est remplie dès lors que :

* l'arrêté attaqué contraint ses propriétaires à réaliser les travaux qu'il prescrit dans un délai d'un mois et ceux-ci vont démarrer à compter du mois de février 2024 : dès lors, un risque direct et imminent pèse sur l'édifice en cause ;

- la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision est remplie dès lors que :

* l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure tiré de la méconnaissance de l'article R. 511-4 du code de la construction et de l'habitation dès lors que l'architecte des bâtiments de France n'a pas été consulté ;

* il est entaché d'un vice de procédure tiré de la méconnaissance de l'article R. 511-8 du code de la construction et de l'habitation dès lors qu'il n'a pas été notifié par lettre remise contre signature ;

* il est entaché d'erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 511-2 du code de la construction et de l'habitation dès lors que le bâti ne présente aucun signe de désordre structurel nécessitant des mesures de mise en sécurité et d'interdiction définitive d'habiter et d'utiliser les locaux ;

* il est entaché d'erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 511-11 du code de la construction et de l'habitation dès lors qu'en l'absence de désordre de nature à caractériser un état de péril, les mesures objet de l'arrêté litigieux ne sont pas justifiées, ceci d'autant plus que l'arrêté litigieux comporte de nombreuses omissions ; en outre, elles sont disproportionnées dès lors qu'il interdit toute occupation ou utilisation des locaux en cause, empêchant ainsi l'exécution des travaux prescrits.

Vu :

- la requête enregistrée le 8 juillet 2023 sous le n° 2301644 par laquelle la société d'archéologie, d'histoire et de géologie de la région de Craponne demande l'annulation de la décision en litige ;

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mmes B A et Christiane Vard sont propriétaires de l'immeuble sis 3 place neuve - AV 286. Par un arrêté n°2023/005/010 du 20 janvier 2023, le maire de la commune de Craponne-sur-Arzon les a mis en demeure, dans un délai d'un mois à compter de sa notification, de faire cesser le péril résultant de l'état de cet immeuble et leur a prescrit de réaliser des travaux d'enlèvement et de purge des éléments instables. Par la présente requête, la société d'archéologie, d'histoire et de géologie de la région de Craponne demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cet arrêté.

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 de ce code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction, ni audience, lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des éléments fournis par le demandeur, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.

4. Pour justifier de l'urgence qu'il y aurait à suspendre l'exécution de la décision attaquée, la société d'archéologie, d'histoire et géologie de la région de Craponne soutient que l'arrêté attaqué contraint ses propriétaires à réaliser les travaux qu'il prescrit dans un délai d'un mois et, que ceux-ci démarreront de manière effective à compter du mois de février 2024. Toutefois, il est constant que cet arrêté, lequel a été au demeurant édicté en 2023, n'est susceptible de créer une situation d'urgence, au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, que vis-à-vis des propriétaires auxquelles il a été demandé d'enlever et de purger les éléments instables de l'immeuble en cause et non vis-à-vis de la société requérante elle-même. Par suite et, dès lors que la société d'archéologie, d'histoire et de géologie de la région de Craponne ne démontre aucune urgence particulière relative, notamment, à sa propre situation, celle-ci ne saurait être regardée comme justifiant de la situation d'urgence exigée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la société d'archéologie, d'histoire et de géologie de la région de Craponne, y compris celles relatives aux frais liés au litige, doivent être rejetées en application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la société d'archéologie, d'histoire et de géologie de la région de Craponne est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société d'archéologie, d'histoire et de géologie de la région de Craponne.

Fait à Clermont-Ferrand, le 6 février 2024.

La présidente du tribunal,

juge des référés,

S. BADER-KOZA

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

ZR

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