LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2400360

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2400360

vendredi 23 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2400360
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 17 et 21 février 2024, M. B A, représenté par Me Ayele demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 15 février 2024 par lequel la préfète de l'Allier l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans ;

2°) d'annuler l'arrêté du 15 février 2024 par lequel la préfète de l'Allier l'a assigné à résidence pour une période de 45 jours.

3°) d'enjoindre à la préfète de l'Allier de lui délivrer un titre de séjour ou à tout le moins une autorisation provisoire de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, et dans l'attente, de lui remettre un récépissé avec autorisation de travail dans un délai de 48 heures sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

4°) à titre subsidiaire, d'enjoindre à la préfète de l'Allier de procéder à un nouvel examen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, et dans l'attente, de lui remettre un récépissé avec autorisation de travail dans un délai de 48 heures sous les mêmes conditions d'astreinte ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 500 euros au bénéfice de son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'un vice d'incompétence, faute de production d'une délégation de signature ;

- elle est entachée d'une erreur de droit ; en effet, la mesure d'éloignement a été prise à tort sur le fondement du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors que sa situation relève du 3° de cet article ; en effet, il s'est maintenu sur le territoire à la suite de la délivrance d'un document provisoire de séjour en raison de sa demande d'asile et à la suite de l'exécution de la " procédure Dublin " ; par ailleurs, il ne peut pas être considéré " en fuite " dès lors qu'il n'est pas justifié que le délai de transfert ait été prorogé et qu'ainsi, l'Etat français est responsable de sa demande d'asile ; enfin, aucune mesure d'éloignement ne pouvait être prise à son encontre sans qu'il soit statué sur son droit au séjour au titre de l'asile, l'Etat français étant devenu l'Etat responsable pour la traiter ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ; en effet, il vit au sein de la société française depuis trois ans et justifie de son insertion professionnelle.

Sur la décision portant refus de départ volontaire :

- elle est illégale par exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il n'a pas fait obstacle à une précédente mesure d'éloignement et qu'il justifie d'une résidence effective, ce qui a été reconnu lors de l'édiction de la mesure d'assignation à résidence.

Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est illégale par exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales et l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 février 2024, la préfète de l'Allier conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les autres moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Jaffré, première conseillère, pour statuer en application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue le 22 février 2024 à 11h en présence de Mme Petit, greffière d'audience, Mme Jaffré a lu son rapport.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant égyptien, est entré en France en février 2021 selon ses déclarations. Il a présenté une demande d'asile le 9 septembre 2021 et a fait l'objet d'un arrêté du 25 novembre 2021 portant transfert aux autorités italiennes. Il a été déclaré en fuite le 13 mai 2022. Il a été interpellé par les forces de l'ordre pour conduite de véhicule sans permis le 14 février 2024. Par un arrêté du 15 février 2024, la préfète de l'Allier l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi, et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. Par une décision du même jour, l'intéressé a été assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de ces deux arrêtés.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. Le droit constitutionnel d'asile, qui a le caractère d'une liberté fondamentale, a pour corollaire le droit de solliciter le statut de réfugié. S'il implique que l'étranger qui sollicite la reconnaissance de la qualité de réfugié soit en principe autorisé à demeurer sur le territoire jusqu'à ce qu'il ait été statué sur sa demande, ce droit s'exerce dans les conditions définies par le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

3. D'une part, aux termes de l'article L. 521-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : "Tout étranger présent sur le territoire français et souhaitant demander l'asile se présente en personne à l'autorité administrative compétente qui enregistre sa demande et procède, dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat, à la détermination de l'Etat responsable en application du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil, du 26 juin 2013, établissant les critères et mécanismes de détermination de l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des Etats membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, ou en application d'engagements identiques à ceux prévus par le même règlement. ". Aux termes de l'article L. 521-7 du même code : " Lorsque l'enregistrement de sa demande d'asile a été effectué, l'étranger se voit remettre une attestation de demande d'asile dont les conditions de délivrance et de renouvellement sont fixées par décret en Conseil d'Etat. La durée de validité de l'attestation est fixée par arrêté du ministre chargé de l'asile. / (). Elle ne peut être refusée que dans les cas prévus aux c ou d du 2° de l'article L. 542-2. () ". Aux termes de l'article L. 541-1 du même code : " Le demandeur d'asile dont l'examen de la demande relève de la compétence de la France et qui a introduit sa demande auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides bénéficie du droit de se maintenir sur le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 542-1 du même code : " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : () 2° Lorsque le demandeur : () c) présente une nouvelle demande de réexamen après le rejet définitif d'une première demande de réexamen ; / d) fait l'objet d'une décision définitive d'extradition vers un Etat autre que son pays d'origine ou d'une décision de remise sur le fondement d'un mandat d'arrêt européen ou d'une demande de remise par une cour pénale internationale. () ".

Ces dispositions font également obstacle à ce que le préfet fasse usage des pouvoirs que lui confère le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en matière d'éloignement des étrangers en situation irrégulière avant d'avoir statué sur une demande d'admission au séjour au titre de l'asile. Ce n'est que dans l'hypothèse où la demande d'admission au séjour a été préalablement rejetée par lui que le préfet peut, le cas échéant sans attendre que l'office français de protection des réfugiés et apatrides ait statué, décider l'éloignement de l'étranger.

4. D'autre part, aux termes de l'article L. 571-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'autorité administrative estime que l'examen d'une demande d'asile relève de la compétence d'un autre Etat qu'elle entend requérir, en application du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013, il est procédé à l'enregistrement de la demande selon les modalités prévues au chapitre I du titre II./ Une attestation de demande d'asile est délivrée au demandeur selon les modalités prévues à l'article L. 521-7. Elle mentionne la procédure dont il fait l'objet. Elle est renouvelable durant la procédure de détermination de l'Etat responsable et, le cas échéant, jusqu'à son transfert effectif à destination de cet Etat. / Le présent article ne fait pas obstacle au droit souverain de l'Etat d'accorder l'asile à toute personne dont l'examen de la demande relève de la compétence d'un autre Etat. ". L'article L. 572-1 de ce code prévoit que l'étranger dont l'examen de la demande d'asile relève de la responsabilité d'un autre Etat peut faire l'objet d'un transfert vers l'Etat qui est responsable de cet examen en application des dispositions du règlement du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013. En application de l'article 29 de ce règlement, et sauf dans les cas de prolongation qu'il prévoit en cas d'emprisonnement ou de fuite de la personne concernée, le transfert ne peut avoir lieu que dans un délai de six mois à compter de l'acceptation de la demande de prise en charge. Ce délai est porté à un an maximum si la personne concernée prend la fuite. En application de ce même article 29, si le transfert n'est pas exécuté dans le délai de six mois ou d'un an, selon le cas, l'État membre responsable est libéré de son obligation de prendre en charge ou de reprendre en charge la personne concernée et la responsabilité est alors transférée à l'État membre requérant.

5. Il ressort des pièces du dossier que M. A a présenté le 9 septembre 2021 une demande d'asile auprès du préfet de police. L'analyse de cette demande a révélé que l'intéressé avait transité par l'Italie. Le préfet de police a formulé une demande de prise en charge auprès des autorités italiennes qui ont fait connaître leur accord de prendre en charge la demande de M. A le 23 novembre 2021. M. A a été mis en possession d'un laissez-passer le 25 novembre 2021 afin qu'il puisse se présenter aux autorités italiennes. Une déclaration de fuite a été notifié aux autorités italiennes le 13 mai 2022. Il résulte des dispositions rappelées ci-dessus de l'article 29 du règlement du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 que le transfert de l'intéressé devait être effectué avant l'expiration d'un délai maximum d'un an à compter de l'acceptation de la prise en charge par les autorités italiennes, soit jusqu'au 23 novembre 2022. Ainsi, à compter du 24 novembre 2022, l'Etat français était devenu l'Etat responsable pour l'examen de la demande d'asile de M. A. Par conséquent, le requérant, dont il n'est pas soutenu que la demande correspondrait aux cas prévus aux c et d de l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui permet de refuser la délivrance d'une attestation de demande d'asile, bénéficiait du droit de se maintenir sur le territoire français au moins jusqu'à la notification de la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides sur sa demande d'asile. Il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que l'autorité préfectorale ait remis à M. A, à compter du 24 novembre 2022, une attestation de demande d'asile lui permettant de voir sa demande examinée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que la préfète de l'Allier ne pouvait légalement prononcer une mesure d'éloignement à l'encontre de M. A sans que sa demande d'asile ne soit examinée.

6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que l'obligation de quitter le territoire français litigieuse doit être annulée, ainsi que toutes les décisions accessoires qui l'accompagnent. Par voie de conséquence l'arrêté du 15 février 2024 portant assignation à résidence doit également être annulé.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

7. Eu égard aux motifs sur lesquels il se fonde, le présent jugement implique seulement que le préfet du Puy-de-Dôme délivre sans délai à M. B A une attestation de demande d'asile.

8. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais d'instance :

9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 500 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Les arrêtés de la préfète de l'Allier du 15 février 2024 sont annulés.

Article 2 : Il est enjoint au préfet du Puy-de-Dôme de délivrer sans délai une attestation de demande d'asile à M. B A.

Article 3 : L'Etat versera à M. A la somme de 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète de l'Allier.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 février 2024.

La magistrate désignée,

M. JAFFRÉLa greffière

C. PETIT

La République mande et ordonne à la préfète de l'Allier, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2400360

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions