jeudi 21 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2400363 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | SCP BORIE ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 18 février 2024, le 7 mars 2024 et le 19 mars 2024, M. B A, représenté par Me Kiganga, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 16 février 2024 par lequel la préfète de l'Allier l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté a été édicté en méconnaissances de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- l'interdiction de retour sur le territoire français est insuffisamment motivée au regard des quatre critères permettant d'édicter une telle mesure ;
- elle est entachée d'erreur de fait dès lors qu'il a accompli des démarches pour régulariser sa situation ;
- elle méconnaît les articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- il ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;
- il justifie de circonstances humanitaires ;
- l'arrêté est entaché d'erreur manifeste d'appréciation et porte atteinte à sa vie privée et familiale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 mars 2024, la préfète de l'Allier conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 20 mars 2024 :
- le rapport de Mme C,
- les observations de M. A.
Le préfet n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant guinéen, déclare être entré en France le 8 juillet 2016. Par une décision du 20 juillet 2022, le préfet de la Vienne a prononcé à son encontre une mesure d'éloignement. Le 16 février 2024, M. A a été placé en retenue pour vérification de son droit au séjour par l'unité de gendarmerie de Montmarault. Par un arrêté du 16 février 2024, la préfète de l'Allier l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. M. A n'a pas déposé de demande d'aide juridictionnelle. Par suite, la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle présentée par l'intéressé ne peut, en tout état de cause, qu'être rejetée.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
3. En premier lieu, il ressort des dispositions des chapitres III et IV du Titre I du Livre VI du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises l'intervention et l'exécution des décisions par lesquelles l'autorité administrative signifie à un étranger l'obligation dans laquelle il se trouve de quitter le territoire français. Dès lors, l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration, imposant de façon générale le respect d'une procédure contradictoire en préalable aux décisions individuelles soumises à l'exigence de motivation, ne peut être utilement invoqué à l'encontre d'une telle mesure d'éloignement.
4. En deuxième lieu, M. A, entré en France en 2016, se prévaut de ce qu'il est père d'une enfant né le 5 juillet 2023, de ce que ses demandes de titre de séjour étaient recevables, de ce qu'il a déjà travaillé en France, et de ce qu'il bénéficie du droit à l'allocation pour adulte handicapé en raison de son handicap. Toutefois, si M. A indique, de manière contradictoire, qu'il vit, puis qu'il ne vit pas avec sa fille, il ressort des termes non sérieusement contestés de la décision en litige que M. A, célibataire, n'a pas la charge de sa fille. Il n'établit pas davantage qu'il contribuerait à son entretien et à son éducation. Dans ces conditions, le requérant ne démontre pas qu'il a ancré le centre de ses intérêts privés et familiaux sur le territoire français. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision en litige est entachée d'erreur manifeste d'appréciation. Pour les mêmes motifs, il n'est pas fondé à soutenir que l'interdiction de retour sur le territoire français en litige méconnaît les articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
5. En troisième lieu, pour édicter l'interdiction de retour sur le territoire français en litige, la préfète de l'Allier s'est fondée sur la circonstance qu'elle n'avait accordé à l'intéressé aucun délai de départ volontaire et que M. A ne justifiait pas de circonstance humanitaire permettant de ne pas édicter une telle mesure. Pour fixer la durée d'une telle mesure, la préfète s'est fondée sur les circonstances que M. A, bien qu'il ne constitue pas une menace pour l'ordre public, est entré et se maintient irrégulièrement en France, n'a accompli aucune démarche pour régulariser sa situation, a déclaré sa volonté de se soustraire à la présente mesure d'éloignement et s'est soustrait à une précédente mesure d'éloignement. Il résulte de cette motivation que la préfète s'est donc appuyée sur les quatre critères, au demeurant non cumulatifs, de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour édicter la mesure en litige. Par suite le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
6. En quatrième lieu, M. A soutient que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est entachée d'erreur de fait dès lors qu'il a entrepris des démarches pour régulariser sa situation. S'il ressort effectivement des pièces du dossier que la mention selon laquelle le requérant n'aurait jamais entrepris de démarches pour régulariser sa situation est effectivement erronée, cette erreur n'est pas de nature à entrainer l'illégalité de la décision en litige, qui est également fondée sur les circonstances non contestées que M. A est entré et se maintient irrégulièrement en France, qu'il a déclaré s'opposer à un retour en Guinée et qu'il s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement. Par suite, ce moyen doit être écarté.
7. En dernier lieu, M. A soutient qu'il présente des circonstances humanitaires liées à la présence de sa fille en France et à son handicap, qui justifient l'annulation de l'arrêté en litige. Toutefois, ce faisant, le requérant n'invoque la méconnaissance d'aucune disposition législative ou réglementaire. En tout état de cause, eu égard à ce qui a été dit au point 4 du présent jugement, ces seules circonstances ne sauraient justifier l'annulation de l'arrêté en litige. Ce moyen doit par suite être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté en litige. Le rejet de ces conclusions entraine, par voie de conséquence, le rejet des conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète de l'Allier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mars 2024.
La présidente,
S. CLe greffier,
D. MORELIERE
La République mande et ordonne à la préfète de l'Allier, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2400363
JC
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026