mardi 17 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2400482 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 3 |
| Avocat requérant | AD'VOCARE |
Vu la procédure suivante :
Par un arrêt du 29 février 2024, la cour administrative d'appel de Lyon a annulé l'ordonnance n° 2101843 du tribunal administratif de Clermont-Ferrand et renvoyé l'affaire au tribunal pour qu'il soit statué sur la requête de M. A.
Par cette requête, enregistrée le 29 août 2021 sous le n° 2101843 puis réenregistrée le 29 février 2024 sous le n° 2400482 et par un mémoire enregistré le 19 mars 2024, M. A, d'abord représenté par Me Sibiaud puis par l'AARPI Ad'vocare, Me Gauché, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'ordonner que lui soit communiqué " l'entier dossier qui a permis au collège médical de l'OFII de se prononcer, ainsi que les observations de l'OFII " ;
2°) d'annuler la décision du 19 juillet 2021 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a rejeté sa demande d'admission au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'arrêté attaqué, pris en son ensemble :
- l'arrêté attaqué porte une atteinte disproportionnée à sa situation personnelle et médicale au regard notamment de la poursuite de ses études d'ingénieur et des opérations de santé qu'il doit réaliser en Europe ;
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
- elle est entachée d'un vice de procédure au regard des dispositions de l'article R. 425-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le médecin ayant établi le rapport médical ayant siégé au sein du collège des médecins de l'OFII ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que le préfet n'a pas pris en compte l'ensemble des éléments qu'il a apporté à l'appui de sa demande de titre de séjour ;
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale par exception d'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale par exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.
La requête a été communiquée au préfet du Puy-de-Dôme qui n'a pas produit d'observations.
Par une décision du 29 décembre 2021, le président de section du bureau d'aide juridictionnelle a constaté la caducité de la première demande d'aide juridictionnelle présentée par M. A.
Par une décision du 12 septembre 2024, la seconde demande d'aide juridictionnelle présentée par M. A a été rejetée.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- l'accord du 17 mars 1988 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République de Tunisie en matière de séjour et de travail ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Bordes, premier conseiller, pour exercer les fonctions de rapporteur public sur le fondement des dispositions de l'article R. 222-24 du code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Bader-Koza, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant guinéen, est entré en France le 30 septembre 2017 sous couvert d'un visa de long séjour valable du 15 septembre 2015 au 15 septembre 2018. Il a bénéficié par la suite de deux titres de séjour, dont l'un en qualité d'étudiant, valables du 13 novembre 2018 au 12 novembre 2019 et du 11 décembre 2019 au 10 décembre 2020. Le 11 décembre 2019, il a sollicité du préfet du Puy-de-Dôme un changement de statut afin de bénéficier d'un titre de séjour en qualité d'étranger malade. Par un arrêté du 19 juillet 2021, le préfet du Puy-de-Dôme a rejeté cette demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, M. A soutient que la décision attaquée porte atteinte à sa situation personnelle et médicale et, expose à ce titre qu'il est atteint de lourdes pathologies ophtalmologiques. Il indique qu'il a été décidé, dans son pays d'origine, de l'envoyer en Europe pour procéder à une kératoplastie transfection, celle-ci étant irréalisable en Guinée. En outre, M. A se prévaut de la poursuite de ses études d'ingénieur. Toutefois, alors que l'impossibilité de réalisée l'intervention susmentionnée en Guinée qui n'est mentionnée que dans une pièce isolée du dossier, n'est corroborée par aucune autre et que l'avis du collège des médecins de l'OFII, repris dans la décision attaquée, mentionne qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, l'intéressé pourrait effectivement bénéficier d'un traitement approprié, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée porterait une atteinte à sa situation personnelle et médicale. En outre, l'atteinte à sa situation personnelle alléguée n'est corroborée par aucune pièce du dossier. Il s'ensuit que le moyen ne peut qu'être écarté.
3. En deuxième lieu, si M. A affirme que le médecin rapporteur qui a établi son rapport médical " était présent lors de la délibération " du collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), il n'apporte aucun commencement de preuve à l'appui de cette allégation. Il s'ensuit que le moyen tiré du vice de procédure ne peut qu'être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. () ". Pour déterminer si un étranger peut bénéficier effectivement dans le pays dont il est originaire d'un traitement médical approprié, au sens de ces dispositions, il convient de s'assurer, eu égard à la pathologie de l'intéressé, de l'existence d'un traitement approprié et de sa disponibilité dans des conditions permettant d'y avoir accès, et non de rechercher si les soins dans le pays d'origine sont équivalents à ceux offerts en France ou en Europe.
5. Il ressort des pièces du dossier que, pour refuser la demande de titre de séjour de M. A, le préfet du Puy-de-Dôme, au regard de l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration de l'intégration du 4 février 2021, a considéré que l'état de santé de l'intéressé nécessitait une prise en charge médicale, dont le défaut pouvait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité mais que, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, l'intéressé pouvait y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. A ce titre, M. A indique être atteint de lourds antécédents médicaux, notamment de nature ophtalmologique. Ces pathologies nécessitent un traitement médical, dont l'un, en particulier, ne peut être délivré au requérant que dans un centre hospitalier. En se bornant cependant à produire à ce titre la page internet de l'Organisation mondiale de la santé concernant le trachome ainsi qu'une liste nationale, datée de 2012, des médicaments essentiels disponibles en République de Guinée, le requérant n'établit pas qu'il ne pourrait pas bénéficier du traitement susmentionné de manière effective dans son pays d'origine. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
6. En quatrième lieu, si le requérant se borne à soutenir que la décision portant refus de titre de séjour est entachée d'erreur de droit dès lors que le préfet du Puy-de-Dôme n'a pas pris en compte l'ensemble des éléments qu'il a apporté à l'appui de sa demande de titre de séjour, il n'invoque cependant la méconnaissance d'aucune disposition utile du code du séjour des étrangers et du droit d'asile.
7. En cinquième lieu, il résulte des développements précédents que M. A n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français.
8. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version applicable au litige : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. ".
9. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 4 ci-dessus, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions précitées de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers alors en vigueur ne peut qu'être écarté.
10. En dernier lieu, il résulte des développements précédents que M. A n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de destination.
11. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté en litige. Par voie de conséquence, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les conclusions tendant à la communication des documents détenus par l'OFII, les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet du Puy-de-Dôme.
Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bader-Koza, présidente,
Mme Jaffré, première conseillère,
M. Brun, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 septembre 2024.
La présidente-rapporteure,
S. BADER-KOZA
L'assesseure la plus ancienne,
M. JAFFRÉ
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026