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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2400495

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2400495

vendredi 8 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2400495
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 1er mars 2024, M. B A, représenté par l'AARPI Ad'vocare, Me Demars, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 1er février 2024 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a implicitement refusé de renouveler sa carte de séjour temporaire mention " étudiant " ;

2°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de réexaminer sa demande dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard et, dans l'attente, de lui remettre une attestation de prolongation d'instruction, dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge du préfet du Puy-de-Dôme la somme de 1 500 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative dans le cas où le bénéfice de l'aide juridictionnelle lui était refusé.

Il soutient que :

Sur l'urgence :

- elle est remplie dès lors qu'il a déposé sa demande de renouvellement dans le délai prévu au 1° de l'article R. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il se trouve dans l'impossibilité de justifier de la régularité de son séjour sur le territoire français dès lors que la validité de sa carte de séjour temporaire mention " étudiant " et la validité de son attestation de prolongation d'instruction ont expiré ; il s'expose à une retenue administrative aux fins de vérification de son droit au séjour en cas de contrôle par les services de police ;

- il se trouve dans l'impossibilité de bénéficier des droits associés à un séjour régulier et en situation précaire ;

- il se trouve dans l'impossibilité d'honorer l'exécution de sa convention de stage de formation professionnelle qui doit débuter le 2 avril 2024 et qui conditionne la validation de sa deuxième année de diplôme d'ingénieur ;

- il se trouve dans l'impossibilité de voyager vers son pays d'origine afin de rendre visite à sa famille et de retourner, par la suite, sur le territoire français ;

Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'il n'a pas été informé de ce qu'une décision de refus de renouvellement de la validité de sa carte de séjour était susceptible d'être édictée ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il justifie d'une entrée régulière sur le territoire français et de moyens d'existence suffisants ; il bénéficie d'une prise en charge financière assurée par son père ; il est titulaire d'un contrat d'engagement de service civique et perçoit une indemnité ; il justifie d'une inscription en seconde année d'un diplôme d'ingénieur à l'Université d'Auvergne et de la conclusion d'une convention de stage ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Vu :

- la requête enregistrée le 1er mars 2024 sous le n° 2400494 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision en litige ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant marocain, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du 1er février 2024 par laquelle le préfet du Préfet du Puy-de-Dôme a rejeté implicitement sa demande de renouvellement de sa carte de séjour temporaire mention " étudiant ".

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction, ni audience, lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du retrait de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence est en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre donnant droit au séjour, comme d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.

4. M. A, qui bénéficiait d'une carte de séjour temporaire mention " étudiant " expirant le 21 décembre 2023, a déposé le 1er octobre 2023 sur le site de l'ANEF une demande de renouvellement dudit titre de séjour et peut donc, en principe, se prévaloir de la présomption d'urgence.

5. Toutefois, il résulte de l'instruction que M. A a bénéficié d'une première attestation de prolongation d'instruction de sa demande valable jusqu'au 22 février 2024 autorisant sa présence en France et maintenant l'ensemble des droits ouverts en raison du titre de séjour précédemment détenu et notamment le droit de travailler à titre accessoire. En revanche, il ne résulte pas de l'instruction que M. A aurait sollicité, en vain, auprès de la préfecture du Puy-de-Dôme une nouvelle attestation de prolongation d'instruction de sa demande ou même que cette dernière aurait été clôturée alors qu'une telle attestation de prolongation est précisément de nature à mettre fin à l'urgence. Au demeurant, outre les conclusions aux fins de suspension de la décision implicite de rejet de sa demande, qui ne sont pas par elles-mêmes de nature à mettre fin à l'urgence, M. A demande au juge des référés d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer une telle attestation.

6. Dès lors, dans les circonstances particulières de l'espèce, la condition d'urgence ne peut être regardée comme remplie.

7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. A, y compris celles aux fins d'injonction, d'astreinte et celles relatives aux frais liés au litige, doivent être rejetées en application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Clermont-Ferrand, le 8 mars 2024.

La présidente du tribunal,

juge des référés,

S. BADER-KOZA

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.AA

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