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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2400502

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2400502

lundi 4 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2400502
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 mars 2024, M. B A, représenté par Me Drobniak, avocate, demande au tribunal :

1°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de lui remettre une autorisation provisoire de séjour ou, à défaut, un récépissé de demande de titre de séjour autorisant son titulaire à travailler, dans le délai de trois jours à compter de la notification de l'ordonnance, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application des dispositions l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence fixée par les dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative est remplie, dès lors qu'en dépit de ses problèmes de santé ainsi que de ceux de deux de ses enfants, il ne peut prétendre ni à l'aide médicale d'Etat, ni à l'assurance maladie ;

- la situation dans laquelle il se trouve caractérise une atteinte grave et manifestement illégale à son droit à sa vie privée et familiale découlant des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi qu'à l'intérêt supérieur de ses enfants ;

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ". En vertu de l'article L. 522-3 dudit code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. Lorsque la requête est fondée sur la procédure de protection particulière du référé liberté instituée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il appartient au requérant de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cet article soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.

3. M. A soutient se trouver dans une situation d'urgence. À ce titre, il fait valoir qu'il souffre d'une hypertension artérielle chronique nécessitant un traitement quotidien, que l'état de santé de quatre de ses enfants implique pour chacun d'entre eux un suivi médical respectivement en pédopsychiatrie, en orthodontie, en ophtalmologie et en urologie. Le requérant expose également qu'en dépit des soins qui lui sont nécessaires ainsi qu'à ses enfants, ils ne bénéficient d'aucune couverture médicale dès lors que la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme lui a refusé le bénéfice de l'assurance maladie au motif de son séjour irrégulier sur le territoire français et le bénéfice de l'aide médicale d'Etat au motif que ses ressources annuelles dépassent le plafond prescrit. Enfin, selon M. A, les revenus qu'il tire de son activité de commerçant ne lui permettent pas de régler ses frais de santé ainsi que ceux de ses enfants dont les soins médicaux sont ainsi interrompus depuis le 15 décembre 2023.

4. Toutefois, l'attestation établie par Mme C au nom de l'association Solidarité 63 le 24 novembre 2023, qui se borne à mentionner que l'état de santé de M. A nécessite un traitement quotidien ainsi qu'un suivi régulier avec bilan biologique annuel auxquels il ne peut procéder faute de couverture médicale, est dépourvue de précision circonstanciée et ne permet pas, par elle-même et à elle seule, sans autre élément tendant à la conforter, d'établir que l'intéressé ne pourrait pas bénéficier des soins qui lui sont nécessaires. En outre, aucun des éléments dont se prévaut le requérant ne tend à corroborer l'impossibilité qu'il allègue pour ses quatre enfants de poursuivre leurs soins au-delà du 13 décembre 2023 et d'honorer, faute de ressources suffisantes, les rendez-vous qui leur ont été fixés postérieurement à cette date par les praticiens en charge de leur suivi. Dans ces conditions, il ne résulte pas de l'instruction que M. A et ses quatre enfants ne pourraient pas effectivement avoir accès aux traitements et aux soins qu'imposent leurs états de santé respectifs.

5. Il suit de là que le requérant ne justifie pas de l'urgence conditionnant la mise en œuvre des pouvoirs dont le juge des référés est investi, en vertu des dispositions précitées de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en vue d'assurer la sauvegarde d'une liberté fondamentale.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par M. A doivent être rejetées ainsi que celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Copie en sera transmise, pour information, au préfet du Puy-de-Dôme.

Fait à Clermont-Ferrand, le 4 mars 2024.

Le juge des référés,

G. JURIE

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°240050

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