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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2400597

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2400597

jeudi 14 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2400597
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantAD'VOCARE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 14 mars 2024, Mme A B, représentée par l'AARPI Ad'vocare, Me Demars, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) à titre principal, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 5 février 2024 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a refusé implicitement de renouveler son certificat de résidence algérien portant la mention " étudiant " et d'enjoindre à cette autorité de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de huit jours suivant la notification de l'ordonnance sous astreinte de cinquante euros par jours de retard et dans l'attente de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction dans un délai de vingt-quatre heures suivant la notification de l'ordonnance sous astreinte de cinquante euros par jour de retard ;

3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction dans un délai de vingt-quatre heures suivant la notification de l'ordonnance sous astreinte de cinquante euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge du préfet du Puy-de-Dôme le versement de la somme de 1 500 euros à son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que :

* elle est dans l'impossibilité de justifier de la régularité de son séjour sur le territoire français et s'expose ainsi à une retenue administrative aux fins de vérification de son droit au séjour ce qui est de nature à porter atteinte à sa liberté d'aller et venir durant vingt-quatre heures ;

*son état de santé psychologique est gravement affecté et la réussite de son année universitaire est susceptible d'être mise en péril ;

* elle est dans l'impossibilité de bénéficier des droits associés à un séjour régulier ce qui la place dans une situation précaire ; ses droits au bénéfice de l'allocation personnalisée au logement ont été suspendus et le versement de ses bourses sur critères sociaux a été interrompu ; l'aide financière procurée par son père est insuffisante pour couvrir l'intégralité de ses besoins ; elle ne peut exercer une activité professionnelle à titre accessoire alors qu'elle est bénéficiaire d'une promesse d'embauche ;

* elle est dans l'impossibilité de voyager vers son pays d'origine afin de rendre visite à ses proches et de retourner ensuite sur le territoire français ;

- la décision du 5 février 2024 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a implicitement refusé de renouveler son certificat de résidence algérien porte une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'aller et venir, à son droit à mener une vie privée et familiale normale et au libre exercice d'une profession dès lors que :

* la décision du 5 février 2024 est manifestement illégale ; elle remplit les conditions posées aux stipulations du titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien ;

* la condition de gravité des atteintes est remplie ; elle est dans l'impossibilité de justifier de la régularité de son séjour sur le territoire français et s'expose ainsi à une retenue administrative aux fins de vérification de son droit au séjour ce qui est de nature à porter atteinte à sa liberté d'aller et venir durant vingt-quatre heures ; son état de santé psychologique est gravement affecté et la réussite de son année universitaire est susceptible d'être mise en péril ; elle est dans l'impossibilité de bénéficier des droits associés à un séjour régulier ce qui la place dans une situation précaire ; ses droits au bénéfice de l'allocation personnalisée au logement ont été suspendus et le versement de ses bourses sur critères sociaux a été interrompu ; l'aide financière procurée par son père est insuffisante pour couvrir l'intégralité de ses besoins ; elle ne peut exercer une activité professionnelle à titre accessoire alors qu'elle est bénéficiaire d'une promesse d'embauche ; elle est dans l'impossibilité de voyager vers son pays d'origine afin de rendre visite à ses proches et de retourner ensuite sur le territoire français.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Bollon, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative dispose : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes des dispositions de l'article L. 522-3 de ce même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".

2. Lorsque la requête est fondée sur la procédure de protection particulière du référé liberté instituée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il appartient au requérant de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cet article soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.

3.Pour établir l'existence d'une urgence particulière rendant nécessaire l'intervention d'une mesure de sauvegarde dans les quarante-huit heures Mme B, ressortissante algérienne, fait valoir que la décision implicite de rejet de renouvellement de son certificat de résidence algérien, entraine un état de fragilité psychologique mettant en péril la réussite de son année universitaire, la prive de la possibilité de justifier de la régularité de son droit au séjour et d'exercer une activité professionnelle, la plaçant en situation de précarité et l'empêche de regagner l'Algérie pour voir sa famille puis de revenir en France. Toutefois, Mme B, qui produit une promesse d'embauche datée du 14 mars 2024, ne justifie pas d'une situation financière précaire, alors même qu'elle bénéficie d'un soutien financier de son père. Par ailleurs, elle se borne à alléguer sans apporter le moindre commencement de preuve que son état psychologique serait gravement affecté. De plus, il ne résulte pas de l'instruction que la requérante, qui est titulaire d'un passeport en cours de validité et qui peut solliciter des autorités compétentes la délivrance d'un visa en vue de son retour sur le territoire français, envisage à court terme de se rendre dans pays d'origine. Enfin, Mme B ne fait l'objet d'aucune mesure d'éloignement et la circonstance qu'elle s'expose à une retenue administrative et à une mesure d'éloignement ne saurait suffire à caractériser une situation d'urgence. Dans ces conditions, la requérante ne justifie pas d'urgence particulière qui s'attache à la mise en œuvre des pouvoirs que le juge des référés tient de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, pour assurer la sauvegarde d'une liberté fondamentale.

4. Par suite, il y a lieu, sans qu'il soit besoin de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, de rejeter la requête de Mme B y compris les conclusions présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du même code.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Fait à Clermont-Ferrand, le 14 mars 2024.

La juge des référés,

L. BOLLON

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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