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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2400614

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2400614

mercredi 20 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2400614
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 15 mars 2024, Mme A B, représentée par l'AARPI Ad'vocare, Me Demars, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 5 février 2024 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a implicitement refusé de renouveler son certificat de résidence algérien mention " étudiant " ;

3°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de réexaminer sa demande dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard et, dans l'attente de lui remettre une attestation de prolongation d'instruction, dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge du préfet du Puy-de-Dôme la somme de 1 500 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative dans le cas où le bénéfice de l'aide juridictionnelle lui était refusé.

Elle soutient que :

Sur l'urgence :

- elle est remplie dès lors qu'elle a déposé sa demande de renouvellement dans le délai prévu au 1° de l'article R. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle justifie avoir sollicité la délivrance d'une nouvelle attestation de prolongation d'instruction ;

- l'exécution de la décision contestée préjudicie de manière grave et immédiate à sa situation dès lors qu'elle est dans l'impossibilité de justifier de la régularité de son séjour sur le territoire français, que son état de santé psychologique est gravement affecté face à l'absence totale de perspective de voir sa situation se débloquer mettant ainsi en péril la réussite de son année universitaire, qu'elle est dans l'impossibilité de bénéficier des droits associés à un séjour régulier ce qui la place dans une situation précaire, qu'elle ne peut exercer d'activité professionnelle alors qu'elle a été destinataire d'une promesse d'embauche et qu'elle est dans l'impossibilité de voyager vers son pays d'origine afin de rendre visite à sa famille et de retourner, par la suite, sur le territoire français ;

Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'elle n'a pas été informée de ce qu'une décision de refus de renouvellement de la validité de son certificat de résidence était susceptible d'être édictée ;

- elle méconnaît les stipulations du titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et est entachée d'erreur d'appréciation dès lors qu'elle démontre le caractère réel et sérieux de sa poursuite d'études supérieures et qu'elle justifie de moyens d'existence suffisants ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle justifie d'une résidence régulière et habituelle en France depuis le 10 août 2022, qu'elle a démontré le caractère réel et sérieux de sa poursuite d'études supérieures et le caractère suffisant de ses moyens d'existence, qu'elle est inscrite dans une démarche de recherche d'emploi, qu'elle n'a jamais fait l'objet d'une condamnation et n'est pas connue défavorablement des services de police.

Vu :

- la requête enregistrée le 14 mars 2024 sous le n° 2400605 par laquelle Mme B demande l'annulation de la décision en litige ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante algérienne, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a implicitement refusé de renouveler son certificat de résidence algérien mention " étudiant ".

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du retrait de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence est en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre donnant droit au séjour, comme d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.

4. Mme B, qui bénéficiait d'un certificat de résidence algérien mention " étudiant " expirant le 8 novembre 2023 a déposé le 5 octobre 2023 sur le site de l'ANEF une demande de renouvellement dudit titre de séjour et peut donc, en principe, se prévaloir de la présomption d'urgence.

5. Toutefois, il résulte de l'instruction que Mme B a bénéficié d'une première attestation de prolongation d'instruction de sa demande valable jusqu'au 28 février 2024 autorisant sa présence en France et maintenant l'ensemble des droits ouverts en raison du titre de séjour précédemment détenu. Si Mme B soutient avoir sollicité en vain une nouvelle attestation de prolongation d'instruction de sa demande, il ne résulte pas de l'instruction qu'elle aurait réalisé cette demande via la plateforme dédiée de l'administration numérique des étrangers en France (ANEF), unique démarche permettant l'obtention d'une telle attestation. A cet égard, la requérante indique avoir fait cette démarche seulement par l'intermédiaire de son conseil par courriel du 13 mars 2024 et courrier du 14 mars 2024, directement adressés à la préfecture du Puy-de-Dôme. Par suite, Mme B ne peut être regardée comme ayant sollicité, en vain, auprès de la préfecture du Puy-de-Dôme une nouvelle attestation de prolongation d'instruction de sa demande alors qu'une telle attestation de prolongation est précisément de nature à mettre fin à l'urgence. Au demeurant, outre les conclusions aux fins de suspension de la décision implicite de rejet de sa demande, qui ne sont pas, par elles-mêmes, de nature à mettre fin à l'urgence, Mme B demande au juge des référés d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer une telle attestation.

6. Dès lors, dans les circonstances particulières de l'espèce, la condition d'urgence ne peut être regardée comme remplie.

7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme B, y compris celles aux fins d'injonction, d'astreinte et celles relatives aux frais liés au litige, doivent être rejetées en application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

8. La requête apparaissant ainsi manifestement dénuée de fondement au sens des dispositions de l'article 7 de la loi susvisée du 10 juillet 1991, les conclusions à fin d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire doivent également être rejetées

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Fait à Clermont-Ferrand, le 20 mars 2024.

La présidente,

S. BADER-KOZA

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

No 2400614

AC

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