lundi 25 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2400615 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | KHANIFAR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 mars 2024, la commune de Vertaizon demande au juge des référés d'enjoindre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, aux occupants sans droit ni titre de libérer le terrain correspondant à l'emprise de l'ancien terrain communal de tennis cadastré section AE n° 173 et situé rue Marcelin Vigeral et d'évacuer les véhicules qui y sont installés sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance.
Elle soutient que :
- depuis le 3 mars 2024, le terrain constituant l'emprise de l'ancien terrain communal de tennis est occupé par des occupants sans droit ni titre appartenant à la communauté des gens du voyage ;
- ce terrain relève de son domaine public dès lors qu'il est affecté au service public du sport et des loisirs et dispose à cet effet d'un aménagement indispensable à la pratique de cette activité ; si l'espace occupé ne dispose plus des aménagements nécessaires à la pratique du tennis, aucun déclassement n'est intervenu ;
- les occupants ont procédé à des branchements illicites au réseau d'électricité et d'eau qui mettent en danger leur sécurité et celle de tiers ; ils n'ont pas accès au réseau d'assainissement et à un dispositif de collecte de déchets ; ils ne disposent d'aucune installation sanitaire ; en outre, leur comportement menaçant à l'égard du maire justifie de l'urgence à les expulser.
Par un mémoire, enregistré le 22 mars 2024, Mme B G, Mme F E, Mme D G, Mme C G, M. A G, représentés par Me Khanifar, concluent au rejet de la requête.
Ils soutiennent que :
- la demande est irrecevable dès lors que la commune de Vertaizon s'est affranchie de préciser le point de départ de l'astreinte ;
- l'urgence n'est pas établie dans la mesure où la preuve de l'occupation de cette parcelle n'est pas rapportée au 22 mars 2024 ;
- la plainte du maire de la commune de Vertaizon des chefs de menaces et d'outrages du 13 mars 2024 n'est pas suffisante pour caractériser l'urgence au 22 mars 2024 et ne saurait être retenue eu égard au principe de la présomption d'innocence ;
- la commune de Vertaizon ne rapporte pas la preuve de ce que la présence des caravanes compromet la continuité ou le bon fonctionnement du service public.
Mme B G, Mme F E, Mme D G, Mme C G, M. A G ont déposé une demande d'aide juridictionnelle le 22 mars 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 2000-614 du 5 juillet 2000 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Caraës pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 22 mars 2024 à 15 heures en présence de Mme Llorach, greffière :
- le rapport de Mme Caraës, juge des référés,
- les observations de Me Juilles, avocate de la commune de Vertaizon, qui confirme ses écritures et indique que la demande de paiement d'une astreinte court à compter de la notification de l'ordonnance, que la communauté de communes est seule compétente pour la gestion des aires de passage des gens du voyage, que cette occupation empêche une utilisation sereine de l'espace dans lequel s'insère le terrain en litige et que des tensions existent depuis l'installation de ces occupants sans droit ni titre ;
- et les observations de Me Chautard, avocat de Mme B G et autres, qui reprend ses écritures.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. La commune de Vertaizon demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre aux occupants sans droit ni titre de libérer le terrain communal constituant l'emprise d'un ancien court de tennis cadastré section AE n° 173 et situé rue Marcelin Vigeral et d'évacuer les véhicules qui y sont installés sous astreinte.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ". Aux termes du second alinéa de l'article 61 du décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 pris pour l'application de ces dispositions : " L'admission provisoire est accordée par la juridiction compétente ou son président ou par le président de la commission mentionnée à l'article L. 432-13 ou à l'article L. 632-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas encore été statué ".
3. Compte tenu de l'urgence, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre Mme B G, Mme F E, Mme D G, Mme C G, M. A G provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
4. La circonstance que les conclusions à fin d'expulsion du domaine public soit assortie d'une demande de paiement d'une astreinte de 200 euros par jour de retard sans que soit précisé le point de départ de l'astreinte n'est pas de nature à affecter la recevabilité de la demande. Au demeurant, le conseil de la commune de Vertaizon a précisé, lors de l'audience, que la demande de paiement de l'astreinte devait courir à compter de la notification de l'ordonnance. Par suite, la fin de non-recevoir doit être écartée.
Sur les conclusions de la commune de Vertaizon à fin d'expulsion du domaine public :
5. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision. ".
6. Saisi, sur le fondement de ces dispositions, de conclusions tendant à ce que soit ordonnée l'expulsion d'occupants sans titre, le juge des référés y fait droit dès lors qu'il est compétent pour en connaître et qu'au jour où il statue, la demande ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la libération des lieux présente un caractère d'urgence et d'utilité.
7. En vertu du II de l'article 9 de la loi du 5 juillet 2000 susvisée, sous certaines conditions tenant notamment aux modalités d'accueil et d'habitat des gens du voyage dans la commune ou l'établissement public de coopération intercommunale dont cette commune est membre, le maire, le propriétaire ou le titulaire de droits réels d'un terrain sur lequel des gens du voyage stationnent bénéficie de la possibilité de demander au préfet de mettre ceux-ci en demeure de quitter les lieux dans un certain délai, sauf à ce qu'il puisse être procédé à l'évacuation forcée de leurs résidences mobiles. Une telle mise en demeure ne peut intervenir que dans les cas où " le stationnement est de nature à porter atteinte à la salubrité, la sécurité ou la tranquillité publiques ". Ces dispositions ne sauraient faire obstacle, alors même que les conditions à leur application se trouveraient réunies, à la saisine du juge des référés de conclusions tendant à ce que, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, l'expulsion d'occupants sans titre du domaine public soit ordonnée.
8. Il n'est pas établi que les occupants sans droit ni titre auraient quitté le terrain en litige à la date de la présente ordonnance.
9. Il résulte de l'instruction que le terrain en litige appartenant à la commune de Vertaizon constituait initialement un terrain de tennis et était affecté au service public des activités sportives et de loisirs. Si les équipements et les aménagements nécessaires à la pratique de cette activité ont été démontés, il n'en demeure pas moins, en l'absence de décision de déclassement, que ce terrain appartient au domaine public de la commune de Vertaizon.
10. Il résulte de l'instruction et notamment des procès-verbaux établis les 5 et 14 mars 2024 que le commissaire de justice, mandaté par la commune de Vertaizon, a constaté, sur l'emprise du terrain en litige, l'installation de cinq caravanes et d'un fourgon ainsi que l'existence de branchements illicites en eau et électricité alimentant le campement au départ des structures publiques du site. Il s'ensuit que les personnes occupant sans droit ni titre le terrain ont procédé à des branchements électriques irréguliers et non sécurisés, ce qui constituent un danger pour la sécurité des occupants sans droit ni titre du site et celle de tiers. En outre, il est constant que ces occupants n'ont accès ni au réseau d'assainissement ni à un réseau de collecte de déchets dans des conditions adéquates.
11. Ces circonstances, sans que la commune soit tenue de démontrer en outre que la présence des caravanes compromet la continuité ou le bon fonctionnement du service public, justifient à elles-seules que la mesure sollicitée, qui ne se heurte à aucune contestation sérieuse, présente les caractères d'utilité et d'urgence exigés par l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
12. Il en résulte qu'il y a lieu d'ordonner l'expulsion sans délai de tous les occupants sans droit ni titre du terrain cadastré section AE n° 173 et situé rue Marcelin Vigeral ainsi que l'évacuation des caravanes et véhicules et notamment ceux immatriculés FA 017 JZ, BV 146 ZT, CG 014 XP, DR 731 NJ, EZ 839 EJ sans qu'il y ait lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme B G, Mme F E, Mme D G, Mme C G, M. A G sont admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Il est enjoint aux occupants sans droit ni titre de libérer sans délai le terrain cadastré section AE n° 173 et situé rue Marcelin Vigeral qu'ils occupent irrégulièrement en emportant tous leurs biens notamment les caravanes et véhicules immatriculés FA 017 JZ, BV 146 ZT, CG 014 XP, DR 731 NJ, EZ 839 EJ dès la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Vertaizon ainsi qu'à tous les occupants sans droit ni titre.
Fait à Clermont-Ferrand, le 25 mars 2024.
La juge des référés,
R. CARAËS
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026