mardi 19 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2400713 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | PROTET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 22 mars 2024, le 5 avril 2024 et le 10 avril 2024, M. B A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du préfet du Cantal, en date du 21 mars 2024, portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixation du pays de renvoi et interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.
Il soutient que :
- il a une femme et deux enfants ;
- il est incarcéré pour conduite sous l'empire d'un état alcoolique ;
- il ne recommencera pas une telle erreur ;
- sa femme et ses enfants lui rendent visite chaque mercredi et ne veulent pas partir ;
- avant son incarcération, il contribuait activement au bien-être de son foyer, notamment en travaillant dans le secteur de la restauration, et il bénéficie d'une promesse d'embauche en qualité de préparateur polyvalent dans une société d'Aurillac ;
- il envisage de se marier prochainement ;
- sa demande de titre de séjour n'a pas encore reçu de réponse et cette situation d'incertitude administrative le place dans une grande précarité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 avril 2024, le préfet du Cantal conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Debrion, premier conseiller, pour statuer sur le litige.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Debrion a été entendu au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 13 novembre 2024 à 10h00.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant mongol né en 1994, a été interpellé le 26 décembre 2023 par les gendarmes de Vic-sur-Cère (Cantal) pour des faits de conduite d'un véhicule sans permis de conduire et conduite sous l'empire d'un état alcoolique. Le 21 mars 2024, le préfet du Cantal a pris à son encontre un arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixation du pays de renvoi et interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
3. Au vu de l'ensemble des affirmations contenues dans les écritures et rappelées dans les visas du présent jugement, le requérant doit être regardé comme invoquant la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
4. M. A, qui serait entré en France en 2018, n'a pas exécuté les mesures d'éloignement prises à son encontre par le préfet du Vaucluse le 22 juillet 2019 et le préfet de l'Aude le 6 juin 2021. S'il a exécuté la mesure d'éloignement prise à son encontre par le préfet des Hautes-Pyrénées le 7 mars 2023, il est toutefois revenu en France en octobre 2023 alors même que cette dernière mesure d'éloignement était assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans, à laquelle il ne s'est donc pas conformé. Il ne justifie pas avoir déposé une demande de titre de séjour depuis qu'il est en France et s'il a travaillé sur le territoire français, c'est sans se conformer à la législation et à la réglementation françaises. De plus, M. A a été condamné par un jugement du tribunal judiciaire de Toulon en date du 11 janvier 2022 à une peine de deux mois d'emprisonnement délictuel pour des faits de vol en réunion et a été condamné par un jugement du 12 janvier 2024 du tribunal judiciaire d'Aurillac à une peine de treize mois d'emprisonnement délictuel pour des faits de conduite d'un véhicule sans permis de conduire et conduite sous l'empire d'un état alcoolique. Il ne justifie pas d'une intégration particulière en France par la production d'une promesse d'embauche valable jusqu'au 1er août 2024 et du fait de la présence de sa compagne, également de nationalité mongole, et de leurs deux enfants. Enfin, rien ne fait obstacle à ce que la cellule familiale se reconstitue dans le pays d'origine du requérant, quand bien même sa compagne serait titulaire d'une carte de résident valable jusqu'en juin 2033. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet du Cantal.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 novembre 2024.
Le magistrat désigné,
J-M. DEBRION
La greffière,
M . BATISSE
La République mande et ordonne au préfet du Cantal en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026