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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2400718

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2400718

vendredi 29 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2400718
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantAD'VOCARE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 26 mars 2024, M. B A, représenté par l'AARPI Ad'vocare, Me Demars, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a refusé implicitement de renouveler sa carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ;

2°) d'enjoindre à cette autorité de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de huit jours suivant la notification de l'ordonnance sous astreinte de cinquante euros par jours de retard et dans l'attente de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction dans un délai de vingt-quatre heures suivant la notification de l'ordonnance sous astreinte de cinquante euros par jour de retard ;

3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer un récépissé assorti d'une autorisation de travail dans un délai de vingt-quatre heures suivant la notification de l'ordonnance sous astreinte de cinquante euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge du préfet du Puy-de-Dôme le versement de la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il est dans l'impossibilité de justifier de la régularité de son séjour, de bénéficier des droits associés à un séjour régulier, est exposé à un risque immédiat de licenciement et à une privation de ressources en l'absence de possibilité d'obtenir un revenu de substitution ;

- la décision porte atteinte à des libertés fondamentales telles que la liberté d'aller et venir, le droit de mener une vie privée et familiale normale et d'exercer une activité professionnelle ;

- elle porte une atteinte illégale dès lors que la décision est entachée d'un défaut de motivation, est entachée d'erreur d'appréciation et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales au regard de son insertion en France ;

- elle porte une atteinte grave pour les motifs exposés précédemment.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Bentéjac, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. " L'usage par le juge des référés des pouvoirs qu'il tient de ces dispositions est subordonné à la condition qu'une urgence particulière rende nécessaire l'intervention dans les quarante-huit heures d'une mesure destinée à la sauvegarde d'une liberté fondamentale. Selon l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. Il ressort des pièces du dossier que M. A, a été placé, lors de son arrivée en France au mois d'août 2015, sous la protection des services de l'aide sociale à l'enfance du conseil départemental de l'Eure. A sa majorité, il a obtenu, le 13 novembre 2018, la délivrance d'une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " qui a été renouvelée et dont la validité a expiré, en dernier lieu, le 24 mars 2023. Il en a sollicité le renouvellement. Un récépissé lui a été délivré, valable jusqu'au 24 novembre 2023.

3. A l'appui de sa requête, et pour justifier de la situation d'urgence, M. A fait valoir que son employeur, pour lequel il travaille depuis le mois de juin 2023 en vertu d'un contrat à durée indéterminée, l'a informé qu'à défaut de justification de la régularité de son séjour, il s'exposait à une mesure de licenciement et donc à la privation de ses ressources et qu'il s'expose à des mesures de retenue administrative. Toutefois, les seules circonstances dont le requérant fait état, si elles sont susceptibles de justifier la saisine du juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, ne caractérisent pas une situation d'urgence particulière impliquant qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale soit prise dans un très bref délai de quarante-huit heures. Il y a lieu, par suite, de rejeter les conclusions de la requête présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 précité du même code. Par voie de conséquence, doivent être également rejetées les conclusions de cette même requête tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Copie en sera adressée, pour information, au préfet du Puy-de-Dôme.

Fait à Clermont-Ferrand, le 29 mars 2024.

La juge des référés,

C. BENTEJAC

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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