vendredi 29 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2400723 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 mars 2024, M. B A, représenté par Me Drobniak, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a implicitement refusé de renouveler son titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de réexaminer sa demande dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler valable jusqu'à l'intervention d'une décision expresse sur sa demande de renouvellement ou, à défaut, jusqu'à ce qu'il soit statué sur sa requête au fond, dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 jours par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge du préfet du Puy-de-Dôme la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur l'urgence :
- elle est présumée dès lors qu'il a bénéficié d'un précédent titre de séjour ;
- son contrat de travail à durée déterminée en tant que professeur de mathématiques a pris fin en raison de sa situation administrative, le privant de ressources et le plaçant dans une situation financière précaire ;
- il a sollicité en vain le renouvellement de l'attestation de prolongation d'instruction de sa demande de titre de séjour.
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- la décision est entachée d'un vice de procédure dès lors que la commission du titre de séjour n'a pas été saisie préalablement au refus de délivrance de la carte de résident en méconnaissance des dispositions de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur de droit tenant à la méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il remplit les conditions pour bénéficier d'un titre de séjour en tant que parent d'un enfant français mineur résidant en France ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation eu égard notamment à sa présence en France depuis plus de quinze ans et à sa qualité de père d'un enfant français dont il justifie contribuer à l'entretien et à l'éducation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
Vu :
- la requête enregistrée le 26 mars 2024 sous le n° 2400720 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision en litige ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant congolais, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a implicitement refusé de renouveler son titre de séjour.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du retrait de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence est en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre donnant droit au séjour, comme d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
4. M. A, qui bénéficiait d'une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale " expirant le 27 décembre 2023, a déposé le 5 octobre 2023 sur le site de l'ANEF une demande de renouvellement dudit titre de séjour et peut donc, en principe, se prévaloir de la présomption d'urgence.
5. Toutefois, il résulte de l'instruction que M. A a bénéficié d'une première attestation de prolongation d'instruction de sa demande valable jusqu'au 20 mars 2024 autorisant sa présence en France et maintenant l'ensemble des droits ouverts en raison du titre de séjour précédemment détenu. Si M. A soutient avoir sollicité en vain une nouvelle attestation de prolongation d'instruction de sa demande, il ne résulte pas de l'instruction qu'il aurait réalisé cette demande via la plateforme dédiée de l'administration numérique des étrangers en France (ANEF), unique démarche permettant l'obtention d'une telle attestation à l'expiration de la première attestation, soit postérieurement au 20 mars 2024. A cet égard, les échanges de courriel avec les services de la préfecture et avec la plateforme support de l'ANTS ne sont pas de nature à faire regarder cette démarche comme étant réalisée sur le site de l'ANEF et ce alors qu'un courriel de l'ANTS a dûment invité le requérant à effectuer la démarche sur son compte ANEF. Par suite, M. A ne peut être regardé comme ayant sollicité, en vain, une nouvelle attestation de prolongation d'instruction de sa demande alors qu'une telle attestation de prolongation est précisément de nature à mettre fin à l'urgence.
6. Dès lors, dans les circonstances particulières de l'espèce, la condition d'urgence ne peut être regardée comme remplie.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. A, y compris celles aux fins d'injonction, d'astreinte et celles relatives aux frais liés au litige, doivent être rejetées en application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Fait à Clermont-Ferrand, le 29 mars 2024.
La présidente,
S. BADER-KOZA
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
No 2400723
AC
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