mardi 2 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2400728 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 mars 2024, M. B A demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'examiner sa situation et de prendre les mesures nécessaires pour régulariser sa présence sur le territoire français.
Vu :
- la requête enregistrée le 22 juillet 2022 sous le n° 2201638 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision du 21 juillet 2022 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligé à quitter le territoire sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour pour une durée de deux ans ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. D'une part, aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Il résulte de ces dispositions que le juge des référés, saisi d'une demande sur le fondement de ces dispositions, peut prescrire toutes mesures ayant un caractère provisoire ou conservatoire, à condition que ces mesures soient utiles, justifiées par l'urgence, ne fassent obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
2. D'autre part, en vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
3. M. A, ressortissant algérien, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'examiner sa situation et de " [lui] accorder les mesures utiles nécessaires pour régulariser [sa] situation ". Toutefois, il n'appartient pas au juge administratif, ni à plus forte raison au juge du référé de faire œuvre d'administrateur en procédant à l'instruction d'une demande de titre en se substituant ainsi à l'administration compétente ni d'intervenir lui-même activement et directement pour prendre en charge une situation considérée comme anormale par un administré. Par suite, il y a lieu de regarder la requête présentée par M. A comme étant manifestement irrecevable.
4. En tout état de cause, la requête au fond présentée par M. A, enregistrée le 22 juillet 2022 sous le n° 2201638, tendant à annuler la décision du 21 juillet 2022 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a notamment rejeté sa demande de titre de séjour, est audiencée le 5 avril 2024, soit très prochainement, de sorte que la condition d'urgence ne peut être regardée comme remplie.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A ne peut qu'être rejetée en application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Fait à Clermont-Ferrand, le 2 avril 2024.
La présidente,
Juge des référés,
S. BADER-KOZA
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
No 2400728
AC
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